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Dictionnaire érotique moderne

by Alfred Delvau · French · Gutenberg #45150 · 624,891 chars · public domain (US)

The Project Gutenberg eBook of Dictionnaire érotique moderne
    
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Title: Dictionnaire érotique moderne

Author: Alfred Delvau


        
Release date: March 16, 2014 [eBook #45150]
                Most recently updated: October 24, 2024

Language: French

Other information and formats: www.gutenberg.org/ebooks/45150

Credits: Produced by Charlene Taylor, Bibimbop, Hugo Voisard,
        Close@Hand and the Online Distributed Proofreading Team
        at http://www.pgdp.net (This file was produced from images
        generously made available by the Bibliothèque nationale
        de France (BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)


*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK DICTIONNAIRE ÉROTIQUE MODERNE ***

Note de transcription:

Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées.
Il y a une note plus détaillée à la fin de ce livre.




    DICTIONNAIRE
    ÉROTIQUE

    Édition imprimée exclusivement pour les membres de la
    _Biblio-Aphrodiphile Société_, et non mis dans le commerce.




[Illustration: frontispice]




    DICTIONNAIRE ÉROTIQUE
    MODERNE

    PAR

    UN PROFESSEUR DE LANGUE VERTE

    (Alfred Delvau)

    _Nouvelle édition, revue, corrigée
    considérablement augmentée par l’auteur
    et enrichie de nombreuses citation_

    [Illustration]

    BALE
    IMPRIMERIE DE KARL SCHMIDT




[Illustration]

AUX ESPRITS LIBRES


_Quand nous sommes entre nous, en petit comité, nous n’avons pas
besoin de nous gêner; aussi arrive-t-il souvent, comme dit Gresset
dans son_ Vert-Vert, _que les_ f., _les_ b. _voltigent sur notre bec.
Quand quelqu’un nous ennuie, nous lui disons_: Tu m’entrouducutes,
va te faire foutre. _Quand nous voulons dire qu’un individu
témoignait le désir de se comporter avec une femme de la manière la
plus satisfaisante pour elle, au lieu de faire toute cette longue
périphrase, nous disons_: Il bandait comme un carme. _Quand nous
voulons exprimer tout le contraire, nous disons que c’est_ un vit
mollet, un bande-à-l’aise. _Un homme qui a du courage est_ un homme qui
a des couilles au cul, _etc._

_Pour un étranger, tout cela est de l’hébreu. Il faut un dictionnaire
pour comprendre les mots en usage; mais ne comptez pas sur celui de
l’Académie, 6me et dernière édition; MM. les académiciens n’ont pas
assez de couille pour avouer de pareils termes. Il faut quelques hommes
d’esprit supérieur qui se dévouent._

_Pour la langue française, nous avions déjà le dictionnaire intitulé:_
Erotica verba _de M. de L’Aulnaye; ce dictionnaire se trouve à la
suite de l’édition de Rabelais publiée par Desoer en 1820. Il est
certainement très utile, mais il ne donne pas beaucoup d’expressions
contenues dans d’autres auteurs contemporains de Rabelais ou plus
modernes que lui. M. Auguste Scheler, l’érudit distingué, le savant
bibliothécaire du roi des Belges, crut devoir, pour ce motif, refaire
à nouveau ce dictionnaire, et il publia en 1861, sous le pseudonyme
de Louis De Landes, son_ Glossaire érotique de la langue française
(_Bruxelles, pet. in-8o de XII 396 p._).—_Notre excellent et spirituel
ami Alfred Delvau voulut aussi refaire à nouveau ce travail; car
lui, il avait eu le courage de descendre dans les bas-fonds sociaux,
dans les bordels, dans les bastringues, dans les halles. Là, il
avait recueilli nombre d’expressions pittoresques inconnues à ses
devanciers. Il publia la première édition de son Dictionnaire en 1864.
Tirée à petit nombre, elle fut promptement enlevée. Elle donna lieu à
de nombreuses contrefaçons et à de fort mauvaises imitations. Delvau
cependant avait préparé une seconde édition de son œuvre, plus châtiée
et plus complète que la première, lorsque la mort nous l’enleva, en
1867. Nous recueillîmes ses épaves avec soin, et nous en faisons faire
aujourd’hui, à petit nombre, une impression soignée pour les esprits
libres et éclairés._

_Delvau n’a pas eu le temps de faire une nouvelle préface pour sa
nouvelle édition; nous allons, en conséquence, reproduire simplement
la judicieuse_ Introduction _de sa première édition. Nous la ferons
suivre du remarquable_ Avant-propos _placé par M. Auguste Scheler à la
tête de son_ Glossaire érotique. _Enfin, nous ajouterons, rivalisant
avec les deux précédentes, la préface placée par Moncrif à la tête
du_ Recueil du Cosmopolite; _c’est l’une des plus spirituelles pièces
de cet ingénieux écrivain, et en même temps une des plus rares et qui
a rapport au sujet dont nous nous occupons: la petite révolte de la
liberté de l’esprit contre les préjugés plus encore que contre les
conventions sociales_.


_Un mot encore, et nous terminons. Dans la nouvelle édition, on
remarquera que l’auteur s’est réellement borné cette fois au langage
moderne et qu’il n’est pas remonté plus haut que Marot et Rabelais._

_Il a négligé beaucoup de fantaisies niaises, prétentieuses et
inusitées de quelques auteurs modernes, comme Nerciat, Rétif, la_ Tour
du Bordel, _ou d’argots de voleurs, de chiffonniers, etc.; par exemple,
les mots_ inir (_de Nerciat_) hubir (_de la Tour_), pante, sinve (_qui
se trouvent dans le dictionnaire d’argot de Larchey_), _etc._

_Enfin, il a supprimé quelques mots qui se retrouvent dans les
dictionnaires français usuels:_ libidineux, lascif, impudicités,
tendron, autel de la volupté, calice, _etc. C’était superflu à
répéter._




INTRODUCTION

(1re édition du _Dictionnaire érotique_.)


_Aucun écrivain, jusqu’à ce jour, ne s’est senti assez franc du collier
ni assez ferme des rognons pour entreprendre la publication d’un_
Dictionnaire érotique _complet; publication jugée nécessaire cependant
par tout le monde, par les gourmets aussi bien que par les goinfres,
par les lettrés aussi bien que par les simples curieux_.


_Ce que nous avons sur la matière est bien peu de chose: le_ Glossarium
eroticum linguæ latinæ _de Pierrugues, le_ Dictionnaire françois
contenant les mots et les choses _de Richelet, le_ Dictionnaire d’amour
_de Dreux du Radier, celui de Sylvain Maréchal, celui de Girard de
Propiac, et enfin le_ Glossaire érotique de la langue française _de
M.***_ (_dit Louis De Landes_). _En apprenant, il y a trois ans, la
publication de ce dernier ouvrage, j’allais renoncer à continuer
le mien, que je supposais dès lors inutile; une rapide lecture me
détrompa: le_ Glossaire érotique _de M.*** n’est autre chose que les_
Erotica verba _du 3e volume de Rabelais, édition Desoer,—avec cette
différence que les_ Erotica verba _tiennent dans une trentaine de
pages et que M.*** les a délayés dans un fort volume in-12. Mais les
expressions modernes, mais les mots pittoresques, nés d’hier, qui
servent d’étiquettes aux choses de la coucherie, de l’amour et de
la polissonnerie, qui a eu la patience de les colliger et le courage
de les nomenclaturer? Personne. La littérature contemporaine compte
assurément nombre d’excellents esprits très dignes de mener à heureuse
fin une œuvre de l’importance et de la nature de celle-ci: il n’en est
pas un seul qui ait osé emboucher le clairon de l’émancipation, pas un
qui soit parvenu à se démailloter, à se débarrasser de ses langes et de
ses lisières. Ce sont en effet de si grands seigneurs que les préjugés!
de si grandes dames, les conventions! Songez donc: appeler les choses
par leur nom,—la grosse affaire!_

_Pour moi, qui n’ai pas la vaine superstition du langage, et qui, au
contraire, possède au suprême degré la haine, presque le dégoût de la
feuille de vigne que les hypocrites placent sur leurs discours—comme
les vieilles femmes un couvercle sur leur pot de chambre,—j’aborde
résolûment le taureau par les cornes, et j’essaie de faire, à mes
risques et périls, ce que personne jusqu’ici n’a eu le courage de
tenter. Car il est bien entendu que je compte pour rien le prétendu_
Glossaire érotique de la langue française _de M.***, à qui une pudeur
inexplicable a fait prendre la précaution—inutile—de s’abriter derrière
un pseudonyme_.

_Ce qui m’a guidé dans cette intéressante besogne, à laquelle j’ai
consacré de nombreuses veilles et pour laquelle je ne demande aucune
récompense,—m’en étant déjà décerné une à moi-même,—ce n’a pas été de
donner satisfaction aux curiosités malsaines des libertins, vieux ou
jeunes, qui se jettent sur les livres obscènes comme les mouches sur
des rayons de miel: j’ai trop le respect de moi-même pour descendre
à une aussi puérile infamie, quelque haut prix qu’elle rapporte à
son auteur. Le métier de masturbateur intellectuel peut avoir des
avantages précieux pour les gens qui croient, avec Vespasien, que
l’argent ne pue point; mais comme je ne me sens pas le moins du monde
porté à l’exercer, je ne l’exerce pas. Mes visées sont plus hautes et
mes habitudes d’esprit moins malpropres. J’ai le style gaillard, mais
l’intelligence chaste._

_La langue française étant, de l’avis de Voltaire, «une gueuse fière
à qui il faut faire l’aumône malgré elle,» j’ai voulu essayer de
glisser dans la poche de son Dictionnaire légal, si pauvre, la plupart
des expressions du Dictionnaire interlope, si riche, que je publie
aujourd’hui, malgré ses imperfections involontaires et ses omissions
inévitables. Je me suis fait le saint Vincent de Paul des nombreux mots
orphelins qui grouillent dans le ruisseau, des nombreuses expressions
vagabondes qui se morfondent depuis si longtemps à la porte du
Dictionnaire de l’Académie, et je leur ai construit, à mes frais, un
petit hospice en attendant qu’on songe à les admettre dans le grand._

_Ce qui se parle doit s’écrire, et tout doit se parler—même devant
les jeunes filles. Les mots ne sont pas ordes, ce sont les pensées
qui sont sales. La lecture de l’Arêtin et la vue des priapées du Musée
secret de Naples sont moins corruptrices que beaucoup de romans que je
pourrais citer, et je serais même disposé à absoudre le marquis de Sade
(assuré que je suis de la parfaite innocuité de sa_ Justine_) si ce
misérable avait écrit en meilleur français: les livres dangereux sont
les livres mal faits. Le libre langage de nos pères, qui effarouche
tant de ridicules pudeurs, vaut cent fois mieux que notre phraséologie
bégueule—et en même temps embrenée d’équivoques obscènes—dont ils se
seraient si justement crevés de rire. Langue châtrée, peuple castrat.
Où sont nos couilles du temps jadis? Qu’a-t-on fait du français
médullaire, si substantiel et si savoureux, de Mathurin Régnier,
d’Agrippa d’Aubigné, d’Amyot, de Rabelais, de Montaigne, de Brantôme,
et de tant d’autres écrivains qui besognaient fort et dru? On l’a
remplacé par le petit français d’un tas de petits écrivassiers, les
uns membres—émasculés—de l’Académie, les autres dignes de le devenir.
Et voilà pourquoi notre langue est muette, d’éloquente qu’elle était
autrefois!_

_C’est à ne s’y pas reconnaître dans cette tour de Babel moderne, où
l’on est arrivé, par le bégueulisme, à la confusion du langage. Jamais
on n’a aussi mal écrit, ni aussi mal parlé. L’hôtel de Rambouillet,
qu’on pouvait croire exproprié et démoli pour cause de clarté publique,
existe avec plus de locataires que du temps de la_ Guirlande de
Julie; _il y en a depuis le sous-sol jusqu’aux combles, maîtres et
domestiques mêlés, Houssaye sur Lamartine, Musset sur Murger, Mérimée
sur Aubryet, Janin sur Sainte-Beuve. Ces_ Précieuses _mâles—du moins
du sexe masculin, car mâles emporte avec soi une idée de vigueur que
je ne veux pas attacher au nom de ces péronnelles en culottes,—ces
Précieuses, à l’exemple de leurs aînées en jupons, fessées à tour de
bras par Molière, ont frappé de proscription tous les mots virils de
notre langue, toutes les expressions bien bâties, qui avaient jadis
droit au respect général et qui en sont réduites aujourd’hui à faire le
trottoir, comme de vulgaires prostituées._

_Ah! que cette horreur du mot propre est bête, dangereuse—et
inutile! Qu’est indécent et saugrenu cet amour de la périphrase et
du sous-entendu qui joue dans la conversation le rôle d’énigme dont
tout le monde finit toujours par trouver la clef! «Vilains hypocrites!
s’écrie Denis Diderot avec une indignation sincère; foutez comme
des ânes débâtés, mais permettez-moi de dire foutre. Je vous passe
l’action, passez-moi le mot. Vous prononcez hardiment_ tuer, voler,
trahir, _et l’autre, vous ne l’oseriez qu’entre les dents!... Il est
bon que les expressions les moins usitées, les moins écrites, les
mieux tues, soient les mieux sues et les plus généralement connues.
Aussi, cela est: aussi, le mot_ futuo _n’est-il pas moins familier que
le mot_ pain; _nul âge ne l’ignore, nul idiome n’en est privé; il a
mille synonymes dans toutes les langues, il s’imprime en chacune sans
être exprimé... et le sexe qui le fait le plus, a usage de le taire le
plus.»_

_Que répondraient à cela nos Précieuses—si on les consultait? Que
Diderot était un écrivain ordurier, qui aimait les vilains mots comme
certaines gens aiment les mauvaises odeurs, et qu’aujourd’hui on le
condamnerait à deux ou trois années de prison pour «outrage à la morale
publique et aux bonnes mœurs,»—sans compter deux ou trois autres années
pour «outrage à la religion catholique.»_

_J’y consens—pour un instant. Mais Michel de Montaigne? Oserez-vous,
pécores, dire de ce gentilhomme périgourdin ce que vous avez niaisement
reproché au fils de l’ouvrier coutelier de Langres? Montaigne a écrit
la même chose, pourtant, et tout aussi clairement: «Qu’a fait l’action
génitale aux hommes, si naturelle, si nécessaire et si juste, pour
n’en oser parler sans vergongne, et pour l’exclure des propos sérieux
et règlez? Nous prononçons hardiment_ tuer, desrobber, trahir; _et
cela, nous n’oserions qu’entre les dents. Est-ce à dire que moins
nous en exhalons en paroles, d’autant nous avons loy d’en grossir la
pensée? Car il est bon que les mots qui sont le moins en usage, moins
escripts, et mieulx teus, soient les mieux sceus et plus generalement
cogneus...»_

    Vous les appelez des ordures
    Tous ces mots qui, ruisseaux de miel,
    Coulent avec de doux murmures
    Des lèvres en quête du ciel!

    Vous vous signez lorsqu’on raconte
    Ce que signifie _Être heureux!_
    Vous vous cachez le front de honte
    D’avoir joui comme des dieux!

    Vous rougissez de vos ivresses
    Lorsque vous êtes dégrisés,
    Et vous reniez vos maîtresses
    Lorsque repus de leurs baisers!

    Quel mal trouvez-vous donc à dire
    Ce qu’à faire vous trouvez bon?
    Pourquoi crime un charmant délire?
    Comment _caca_ votre _bonbon_?

    Ah! libertins de sacristie
    Dont le cœur à la bouche ment,
    Pourquoi recrachez-vous l’hostie
    Gobée à deux si goulûment?

_Ce_ cant _que nous reprochons si maladroitement aux Anglais, nous
l’avons au même degré qu’eux; nous rougissons pudiquement, jeunes
vierges à barbe, des grossièretés de notre Rabelais, comme ils
rougissent, ces pucelles à favoris rouges, de leur Shakespeare. Et
plus nous allons, et plus notre cant s’aggrave—avec nos vices. Je me
rappelle encore l’émotion générale qui accueillit, il y a deux ans,
le chapitre des_ Misérables _de Victor Hugo où s’étale superbement
la réponse énergique de Cambronne à Waterloo. C’était un scandale à
nul autre pareil. On ne voulait pas croire à tant d’audace, et, le
nez même sur la page où cette shockinerie se trouve déposée, avec des
commentaires aggravants tout autour, on se refusait encore à y croire.
Des cris de paon étaient poussés dans les salons et dans les cafés à
propos de cette incongruité littéraire. Les académiciens se cachaient
la face et se couvraient de cendres. Arsène Houssaye mettait un crêpe à
sa houlette de berger en chambre. Madame Louise Colet prenait le voile.
Champfleury allumait des lampions sur sa fenêtre, au grand ébahissement
des habitants de Montmartre—qui se croyaient déjà au 15 août..._

_Victor Hugo avait écrit_ MERDE!

_Sans doute. Après? et pourquoi toutes ces clameurs de pies en délire?
Que prouve cette sainte—et ridicule—indignation? Rien, sinon que depuis
Boileau les lecteurs français veulent être respectés quoiqu’ils ne se
respectent pas eux-mêmes. Rien, sinon que la chasteté de notre langage
témoigne surabondamment du libertinage de nos mœurs. Rien, sinon que
nous ne trouvons les mots ordes et puants que parce que nos actions
sont malsaines et nidoreuses. Rien, sinon que notre âme est un fumier
sur lequel poussent les fleurs—de rhétorique. Rien, sinon qu’au lieu
de laisser aux femmes le bégueulisme des paroles, nous l’affichons
comme la feuille de vigne de l’impudicité, faisant ainsi semblant
d’ignorer que jamais la pureté de l’âme humaine n’a été entamée par
les familiarités les plus stercoréennes du langage humain. Il ne nous
manquait que cette hypocrisie-là pour être complets!_

_Les questions morales que cela soulève sont de la plus haute
importance, et j’aurais grande joie à les examiner ici avec détails,
afin de vider une bonne fois sur la tête d’un public béotien le panier
de mes colères et de mes ironies. Mais, par malheur, la place me
manque, mon cadre me force à me borner: à peine me reste-t-il quelques
lignes._

_J’abrège donc, ne voulant d’ailleurs prouver rien autre que mon
droit à réunir en corps de livre une cohue d’expressions pittoresques
auxquelles le Dictionnaire de l’Académie fera faire éternellement le
pied de grue, sans daigner même entrebâiller un de ses feuillets pour
en laisser entrer quelques-unes chez lui. «Toutes les langues roulent
de l’or,» a dit Joubert,—et l’argot d’un peuple entier est une langue,
spécialement l’argot érotique; s’il vit en marge du Dictionnaire
officiel, comme les gens qui le parlent vivent en marge de la société
officielle, il n’en finira pas moins, à un moment donné, par se
confondre comme eux dans la circulation générale._

_Au reste, peu me chaut! C’est déterminément que j’ai composé le
recueil pornographique que je publie aujourd’hui, sans arrière-pensée
mauvaise; non pour tenter mes contemporains du gaillard péché de
luxure,—comme le diable de Papefiguière les nobles nonnains de
Pettesec,—mais à titre seul de documents pour l’histoire de la langue
et celle des mœurs au XIXe siècle, et avec cette conviction, solidement
ancrée dans ma conscience, que s’il n’est utile à personne, à personne
non plus il ne sera nuisible. Les lecteurs vraiment chastes ne s’en
sentiront pas corrompus; les lecteurs corrompus n’en deviendront pas
plus libertins._

_Je n’aurai jamais à me couper le poignet par remords de l’avoir
écrit._




AVANT-PROPOS

(du Glossaire érotique)


_Il faut avoir un certain courage pour faire un livre comme
celui-ci; car, tout d’abord, la plupart des personnes qui l’ouvriront
s’empresseront de le rejeter comme un tissu d’obscénités, qu’un homme
qui se respecte n’aurait jamais dû mettre au jour. Pour beaucoup de
gens, sans doute, la première impression sera telle; mais pour ceux
qui voudront un peu réfléchir, ils reconnaîtront bientôt qu’il y a un
but utile dans cette publication; qui n’est faite ni pour les jeunes
filles, ni pour les écoliers._

_Pendant plusieurs siècles, on n’attacha aucune idée malhonnête à une
multitude de mots et d’expressions qui sont actuellement bannis de la
bonne compagnie, et les hommes les plus graves les employaient sans que
personne y trouvât à redire. Peu à peu, on a trouvé que certains mots
devaient être bannis de la langue, et on les a remplacés par d’autres,
ou bien par des périphrases qui expriment, il est vrai, la même idée,
mais en bannissant le scandale. C’est sans doute une singulière manière
de voir que de regarder un mot comme obscène, et non pas ce qu’il veut
dire; car il semblerait raisonnable de ne blâmer dans un écrit que
les pensées qui y sont reproduites, et de ne taxer qu’elles seules
d’immoralité, sans s’attacher aux mots, qui ne sont que le moyen de
rendre les idées palpables. Mais, enfin, la coutume est ainsi établie,
et il faut s’y soumettre, sous peine d’être honni. Un auteur qui ne se
conformerait pas à cet usage ne serait pas lu, et, de plus, il irait
faire un tour en police correctionnelle. Aussi n’avons-nous point le
projet de vouloir réformer le monde et de changer sa manière de voir
sur un sujet qui a été traité par Bayle beaucoup mieux que nous ne le
pourrions faire._

_La manière actuelle d’écrire ne doit cependant pas faire proscrire
la littérature du XIIe au XVIIe siècle, et empêcher de lire des
écrivains distingués, qui n’ont commis d’autres fautes que d’employer
dans leurs écrits des mots dont on se servait dans toutes les classes
de la société. Tous les dictionnaires ayant soin de bannir de leurs
colonnes les mots réprouvés, il arrive que bon nombre d’expressions
employées autrefois deviennent inintelligibles pour les lecteurs,
qui ne les entendent pas dans la conversation. Cet inconvénient se
fait surtout sentir pour les étrangers, car les nationaux ont parfois
occasion de les entendre employés par le peuple. Il semble donc que la
publication d’un glossaire érotique doit être accueillie favorablement
par tous ceux qui veulent lire notre ancienne littérature, et qui sont
désireux de bien comprendre les écrivains qui n’ont eu d’autre tort
que d’appeler un chat un chat, et qui, sous des obscénités apparentes,
ont souvent caché des leçons de morale et de philosophie, que les
persécutions religieuses les empêchaient de publier ouvertement._

_C’est donc à la partie sérieuse des gens lettrés que nous nous
adressons, notre unique but étant de rendre plus familière la lecture
d’écrivains d’un grand mérite. Certains d’entre eux, il est vrai, ont
été publiés avec un glossaire spécial; mais, en général, il est fort
incomplet, surtout en ce qui regarde les termes érotiques. Et puis ces
explications manquent presque toujours dans les anciennes éditions, qui
sont actuellement fort recherchées._

_Dans cet ouvrage, tous les mots sont imprimés en entier, aucune
lettre n’étant remplacée par des points; car cette coutume semble
s’éloigner tout à fait du but qu’elle se propose. Que veut-on, en
effet? Que l’attention ne se fixe pas sur des mots qu’on regarde
comme déshonnêtes. Et, de bonne foi, est-il meilleur moyen de l’y
fixer que de ne pas imprimer le mot tout entier, puisqu’alors on est
forcé de faire des efforts d’imagination pour retrouver ce qui a été
omis, tandis que s’il en était autrement on n’y ferait que fort peu
d’attention, l’examen ne se portant que sur la pensée exprimée dans la
phrase qu’on lit. On croirait vraiment que ce moyen a été inventé par
quelque libertin._

_Quant à l’orthographe, nous avons suivi en général celle qui est
adoptée actuellement, celle des temps anciens étant si variable, même
dans le même auteur, que nous n’aurions su laquelle choisir. Seulement,
nous avons indiqué toutes les manières diverses d’orthographier le même
mot, en renvoyant pour les explications et les citations à celui qui
est écrit à la moderne._

    L’AUTEUR




PRÉFACE

(du Recueil du Cosmopolite)


_Il semble que la philosophie ne fasse qu’à regret (pour ainsi dire)
des progrès dans l’esprit de l’homme; si elle gagne à quelques égards
aujourd’hui, elle perd si considérablement par d’autres côtés, que la
compensation n’est pas égale. Les connaissances physiques prennent, il
est vrai, de jour en jour, un essor plus rapide, mais combien l’esprit
de morale n’a-t-il pas dégénéré?_

_Tandis que nos philosophes s’occupent de cette attraction qui
entretient le jeu des différentes parties de l’univers, l’impression
conséquente que doivent leur faire les mots les plus estimables de
notre langue leur échappe, ou se métamorphose dans leur imagination,
et ces mêmes mots ne présentent presque plus, pour la plupart, le vrai
sens auquel ils avoient été attachés._

_Faut-il chercher d’autre cause de la différence des mœurs de ce
siècle-ci à celles des siècles passés? Sans doute, la naïveté avec
laquelle nos pères s’énonçoient, et qu’on a depuis si injustement
qualifiée du nom de langage libre, étoit la base et le garant de la
pureté de leurs mœurs._

_Leur façon de vivre étoit aussi simple que leur langage; parmi eux,
_oui_ vouloit dire effectivement _oui_, et _non_ exprimoit exactement
_non_. Point de ces subterfuges qui sont autant de ressources pour la
mauvaise foi, et d’écueils de la solidité de l’esprit._

_La malignité des termes équivoques, d’autant plus dangereuse qu’elle
fait les délices des petits esprits, et par conséquent du plus grand
nombre, n’étoit point encore connue._

_Quelle contrainte ces fausses idées qu’on attache aujourd’hui à un
grand nombre de manières de s’exprimer, n’apportent-elles pas dans la
société? Il faut en exposer ici quelques exemples._

_Qu’une femme à qui vous parlerez d’un voyage agréable et curieux que
vous aurez fait, vous dise: Je meurs d’envie de le faire, les sots
éclatent de rire, et les fausses prudes rougissent._

_Céliante se donne la torture pour mettre son gant trop étroit pour sa
main; vous n’oseriez jamais lui dire: Madame, voulez-vous que je vous
le mette? ni même: que je vous l’ôte? parce que notre esprit corrompu
va plus loin que les termes propres ne signifient, et qu’il suppose
que, pour l’ôter, il faut l’avoir mis, et qu’il soit dedans._

_Si vous vous servez de ces termes simples, vous passez pour un sot, ou
du moins pour un mauvais plaisant._

_A peine est-il permis de dire que la Marne se décharge dans la Seine,
ou qu’un fusil est chargé._

_Nos dévots, même de la première classe, avoient voulu faire passer
cette réformation prétendue de style jusque dans la manière de faire
des enfants à sa femme, et trouvant une idée trop libertine, et une
façon trop peu décente de se mettre dessus à nu, ils avoient imaginé
de faire un trou chacun à leur chemise, pour opérer, disoient-ils, plus
modestement et plus convenablement le grand œuvre de la propagation du
genre humain._

_Je laisse à juger si ceux qui en agissent ainsi n’ont pas
l’imagination plus déréglée que ceux qui tout uniment se mettent
dessus, dans la simple nudité que la sage nature nous a donnée._

_Avec quelque pureté d’intention que vous employiez les mots d’enfiler,
remuer, branler, large, étroit, se retirer et cent autres, ils
réveillent à présent des idées licencieuses. Personne n’ignore le rire
scandaleux qu’ont excité, dans les derniers temps, ces quatre vers du
grand Corneille:_

    Dis-moi donc, lorsqu’Othon s’est offert à Camille,
    A-t-il paru contraint? A-t-elle été facile?
    Son hommage auprès d’elle, a-t-il eu plein effet?
    Comment l’a-t-elle pris? Et comment l’a-t-il fait?

_La saine raison, lorsqu’elle conduisoit les hommes, ne leur avoit
point appris à faire une distinction imaginaire d’une expression
supposée gratuitement malhonnête, avec une autre qui ne blesse point la
pudeur._

_On prononce le mot crime sans remords, comme celui de vertu sans
édification; on croit avec justice n’être point garant des idées
opposées que l’un et l’autre présentent. Par quel égarement va-t-on
déshonorer d’autres termes, qui ont le même droit d’être au rang de
ceux qui composent la langue? Pourquoi les exclure de la conversation
et des ouvrages littéraires, où souvent ils seraient si naturellement
amenés?_

[Illustration]




[Illustration]

    DICTIONNAIRE EROTIQUE

    PAR

    UN PROFESSEUR DE LANGUE VERTE




A


ABANDONNER (S’). Se livrer complétement à un homme, lui ouvrir bras et
cuisses, lui laisser faire tout ce que lui conseillent son amour et sa
lubricité.

    _Ce n’est pas le droit naturel
    A fille de s’abandonner._

      _(Farces et Moralités.)_

    Si ma femme, impatiente de ma langueur, à autrui se abandonne.

      RABELAIS.

    _Lise, qui partout s’abandonne,
    Ne fait qu’en flatter son mari._

      THÉOPHILE.

ABATTEUR DE BOIS. Fouteur,—son outil étant considéré comme une cognée,
et la nature de la femme, à cause de son poil, comme une forêt.

    Il n’étoit pas grand abatteur de bois, aussi étoit-il toujours
    cocu.

      TALLEMANT DES RÉAUX.

    Les beaux abatteurs de bois sont, comme les rois et les poëtes,
    des _raræ aves_.

      Baron WODEL.

    Ce Jacques était un grand abatteur de bois remuant.

      (_Moyen de parvenir._)

    Il lui présenta cent mille choses que ces abatteurs de femmes
    savent tout courant et par cœur.

      (_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

    _Je me connais en gens;
    Vous êtes, je le vois, grand abatteur de quilles._

      RÉGNIER.

ABBAYE DE CLUNIS (L’). Le cul,—de _clunis_, fesse, croupe,—une abbaye
qui ne chômera jamais faute de moines.

ABBAYE DE S’OFFRE À TOUS. Bordel, dont les victimes cloîtrées s’offrent
volontiers à tout venant qui tient à communiquer avec elles sur l’autel
de leur dieu des jardins.

ABBESSE. Grosse dame qui tient un pensionnat de petites dames à qui on
n’enseigne que les œuvres d’Ovide et de Gentil-Bernard: autrement dit
Maîtresse de bordel,—le bordel étant une sorte de maison conventuelle
habitée par d’aimables nonnains vouées, toutes au dieu de Lampsaque.

    _Lorsque tu vas rentrer, ton abbesse en courroux
    Te recevra bien mal et te foutra des coups._

      LOUIS PROTAT.

ABEILARD. Nom qu’on donne à tout homme qui se trouve dans le cas de cet
abbé, dont il est question dans les _Contes d’Eutrapel_, lequel en ses
jeunes ans «avoit perdu ses deux témoins instrumentaires.»

ABEILARDISER. Rendre un homme impuissant en le châtrant, comme fit le
chanoine Fulbert à l’amant d’Héloïse.

    _D’un colonel vous courtisez la femme;
    Surpris, il vous abeilardisera._

      POMMEREUL.

ABOUCHER (S’). Avoir trouvé chaussure à son pied, et mettre son pied—à
moelle—dedans.

    _On veut chercher
    A s’aboucher._

      COLLÉ.

ABOULER DE LA BRAISE. Payer une fille, lui donner le salaire du plaisir
qu’elle va vous donner—avec la vérole ou la chaude-pisse.

    Ça me semble tout drôle d’avoir à abouler d’la braise au lieu
    d’en recevoir.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _—Ange! murmurai-je, plein d’aise
    Comme un amoureux innocent.
    —Il faut abouler de la braise,
    Me dit-elle en me repoussant._

      A. DELVAU.

ABRICOT DE LA JARDINIÈRE (L’). La nature de la femme,—qu’elle soit
jardinière ou princesse.

ABRICOT FENDU. La nature de la femme, qui ressemble, en effet, à
ce fruit,—ce qui permet de supposer, vu l’absence de toutes preuves
contraires, que le Paradis terrestre était un immense abricotier.

ABUSER D’UNE FEMME. En jouir charnellement, soit de gré, soit de
force,—mais le plus souvent de gré, les femmes se plaisant à être ainsi
abusées.

    Vous êtes un infâme, vous avez lâchement abusé de moi pendant
    mon sommeil...—Vous m’en voulez donc?...—Oui, parce qu’il fallait
    attendre que je fusse réveillée.

      Baron WODEL.

ACADÉMIE D’AMOUR. Lieu où on va pour jouer au jeu de Vénus—et de
Mercure: en bon français, Bordel.—Le mot se trouve dans le _Francion_
de Ch. Sorel et dans les _Aventures burlesques_ de Dassoucy.

    Allons-nous à l’Académie, ce soir?—Non, je ne suis pas en queue.

      J. LE VALLOIS.

ACCIDENT. Manque d’haleine dans le discours amoureux; hasard
malencontreux qui fait tomber (_accidere, ad cadere_) le membre viril
au moment même où il devrait relever le plus orgueilleusement sa tête
chauve.

    _La malheureuse Hortense
    Vient de perdre, à Paphos,
    Un procès d’importance
    Qu’on jugeait à huis-clos;
    Son avocat, dit-elle,
    Resta court en plaidant:
    Voilà ce qui s’appelle
      Un accident._

      COLLÉ.

ACCIDENT FÉMININ. Avoir ses règles. Événement _prévu_ qui arrive juste
quand une femme, ayant un ou plusieurs bons coups à tirer, donnerait
tout pour qu’il y eût retard.

    Nul autre que Pinange ne m’avait enfilée; peu de jours avant de
    le rendre heureux, j’avais eu mon accident féminin; il était donc
    bien avéré que ce qui allait se développer dans mes flancs était
    son paternel ouvrage.

      A. DE NERCIAT.

ACHETER UNE CONDUITE. Se ranger après avoir été très dérangée par les
michés; épouser un seul homme après avoir été mariée au genre humain.

    Les filles qui ont fait des économies en suant le plus possible
    du con, peuvent seules s’acheter une conduite; il y a des
    messieurs qui ne sont pas plus délicats que Vespasien et qui,
    comme cet empereur, prétendent que l’argent n’a pas d’odeur.

      A. FRANÇOIS.

ACCOINTANCES (avoir des). Commercer charnellement avec un homme
lorsqu’on est femme, avec une femme lorsqu’on est homme.

    Je supposai qu’elle avait eu des accointances avec le baron ou
    avec son laquais.

      A. LIREUX.

    _De quelque valet l’accointance
    Serait-ce bien votre désir?_

      THÉOPHILE.

    _C’est qu’à l’ombre du crucifix,
    Souvent faites filles ou fils,
    En accointant les belles-mères._

      G. COQUILLART.

    Il faut que quelqu’un se soit accointé que notre ménage a ainsi
    renforcé.

      (_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

ACCOLADE. Baiser qui engendre l’envie de baiser,—à ce point que le même
mot sert aux deux actions, la chaste et la libertine.

    _Une catin s’offrant à l’accolade,
    A quarante ans il dit son introït._

      PIRON.

ACCOLER. Faire l’acte vénérien,—dont le début est presque toujours une
accolade mutuelle.

    _Quand le jeune et charmant champion
    Accola la charmante Armide,
    Notre morpion se hâta
    De gagner la forêt humide
    Qui devant lui se présenta._

      B. DE MAURICE.

    C’était un adieu que lui disaient toutes les femmes, filles et
    garces qu’il avait accolées.

      (_Moyen de parvenir._)

ACCOMMODER UNE FEMME. La baiser convenablement de manière qu’elle ne
réclame pas—à moins qu’elle ne soit trop gourmande.

    Mon drôle met pied à terre, descend la demoiselle, et l’accommode
    de toutes pièces.

      D’OUVILLE.

ACCOMPLIR SON DÉSIR. Faire l’acte copulatif, qui est et sera
l’éternelle _desiderium_ de l’humanité—mâle et femelle.

    Il disait à ses gens de la tenir par les bras, tandis que Robin
    accompliroit son désir.

      CH. SOREL.

ACCORDER SA FLÛTE. Se préparer à l’acte vénérien; bander,—la pine
de l’homme étant l’instrument dont les femmes connaissent le mieux
l’embouchure et dont elles jouent le plus savamment, soit avec la
langue, soit avec les doigts, soit avec le cul.

    Allons, mon bel ami, accordez votre jolie petite flûte.

      DURAND.

    _Mais Jeannot plus se délectait
    D’accorder sa flûte avec elle._

      THÉOPHILE.

ACCORDER SES FAVEURS. Se dit d’une femme qui ouvre son cœur, ses bras
et ses cuisses à un homme pour qu’il use et abuse de cette ouverture.

    Ne sera-ce qu’une déclaration de sentiment? Faudra-t-il lui
    accorder les faveurs?

      LA POPELINIÈRE.

ACCOUPLEMENT (L’). L’acte copulatif, qui accouple souvent un jeune
homme avec une vieille femme, un vieillard avec une jeune fille, un
libertin avec une presque pucelle, une bête avec un homme d’esprit.

    _A tout prix je voulus la renvoyer chez elle;
    Mais elle résista,—ce fut mon châtiment,
    Et jusqu’au rayon bleu de l’aurore nouvelle,
    J’ai dû subir l’horreur de notre accouplement._

      HENRI MURGER.

ACCOUPLER (S’). Faire l’œuvre de chair, qui consiste dans une
conjonction de deux créatures de sexes différents.

    Il en est de certains hommes comme des animaux; ils n’aiment
    pas, ils s’accouplent aux femmes, qui pour eux ne sont que des
    femelles.

      Baron WODEL.

ACCROC AU MARIAGE (Faire un). Faire son mari cocu; donner une rivale à
sa femme.

    _Mais quand tu s’ras dans ton ménage,
    Faut pas pour ça t’ priver d’amant,
    Car les accrocs faits au mariage,
            C’est du nanan._

      E. DEBRAUX.

ACCROCHE-CŒURS. Petites mèches de cheveux que les femmes se collent sur
les tempes, afin de se rendre plus séduisantes aux yeux des hommes et
d’accrocher ainsi le cœur qu’ils portent à gauche—dans leur pantalon.

    _Sur nos nombreux admirateurs
    Dirigeons nos accroche-cœurs._

      LOUIS FESTEAU.

ACCROCHER. Faire l’acte vénérien—pendant lequel l’homme est accroché à
la femme avec son épingle, qui la pique agréablement pendant quelques
minutes.

    Et elle rit quand on parle d’accrocher.

      (_Moyen de parvenir._)

    Deux minutes encore, et je l’accrochais sans vergogne sur la
    mousse.

      EM. DURAND.

ACHEVER UN HOMME. Le sucer, ou le branler, ou le faire piner tellement,
dans la même soirée, qu’il tombe épuisé sur le flanc comme un
lapin.—Les anciens avaient le même verbe; ils disaient, soit: _peragere
viros_; soit: _exhaurire crebro concubitu_.

    Tu l’as éreinté, ton homme; encore un coup, et tu l’achèveras.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

ACTE. Coup tiré avec une femme,—par allusion sans doute à la chemise
qu’on lève et qu’on abaisse, comme le rideau d’un théâtre, avant et
après chaque acte. Plus il y a d’actes, plus le vaudeville amuse la
femme—qui se garde bien de siffler.

    Quand nous en arriverons à l’acte, je te prouverai, carogne, que
    les petits en ont plus gros que les grands.

      EM. DURAND.

ACTÉONISER. Tromper son mari.

    Une marchande qui dès le lendemain de ses noces a actéonisé son
    mari.

      (_Les Caquets de l’accouchée._)

ACTEUR (L’). L’homme qui joue le rôle d’amoureux dans la comédie à deux
personnages dont l’auteur a désiré garder l’anonyme, et qui porte pour
titre: _La Fouterie_.

    Lui, un acteur! dit la dame, qui savait à quoi s’en tenir sur le
    jeu secret du sire. C’est un cabotin vulgaire, plutôt, qui s’est
    usé en jouant avec des drôlesses.

      LÉON SERMET.

    _A peine fut cette scène achevée,
    Que l’autre acteur par sa prompte arrivée,
    Jeta la dame en quelque étonnement._

      LA FONTAINE.

ACTION (L’). Le jeu de la pine et du con,—qui est l’action par
excellence.

    Arrivons tout de suite à l’action, veux-tu?

      LA POPELINIÈRE.

    _Et puis l’action ordinaire
    Est si sale après la façon._

      THÉOPHILE.

ACTION FRÉQUENTE (L’). La fouterie, qui est la chose que l’on fait le
plus souvent quand on est jeune, vigoureux et bien membré.

    Il concède indulgence plénière à tous les religieux de l’ordre
    de nature, de corps véreux que la débilité de l’âge ou l’action
    fréquente causera.

      MILILOT.

ACTION HONTEUSE (L’). La fouterie, dont rougissent le plus en public
les gens qui la font le plus sans vergogne en particulier.

    L’œil pour regarder l’action honteuse avec une chaleur vive et
    représenter à la personne aimée l’image du plaisir de son âme...

      MILILOT.

ADMINISTRER UNE DOUCHE—Faire pleuvoir le sperme dans le cul brûlant de
la femme,—cette adorable folle dont nous sommes tous fous.

    _Le dieu des jardins en ce lieu
    Une heureuse douche administre._

      _(Le Cabinet satyrique.)_

    Je lui administrai une douche qui l’inonda et lui fit crier comme
    à Panurge: Je _naye_, je _naye_, je _naye_!

      Baron WODEL.

ADROITE EN AMOUR (Être). Se dit d’une femme ou d’une fille qui connaît
sur le bout du doigt et de la langue l’art de faire jouir les hommes.

        _Adroite en amour,
      Elle y sait plus d’un tour.
        C’est une aisance!
        Une indécence!
    L’on croit voir une femme de cour!_

      COLLÉ.

AFFAIRE. L’acte vénérien, le membre viril de l’homme, ou le con de la
femme.

    Le grand cordelier ayant achevé son affaire.

      (_Moyen de parvenir._)

    _Macette, on ne voit point en l’amoureuse affaire
    Femme qui vous surpasse en traits d’agilité._

      (_Cabinet satyrique._)

    _Pense que peut en cela faire
    Qui se plaît à l’affaire._

      JODELLE.

    Elle disait qu’il n’y avait si grand plaisir en cette affaire que
    quand elle était à demi forcée et abattue.

      BRANTÔME.

    _Dites-vous que l’amour parfait
    Consiste en l’amoureuse affaire._

      THÉOPHILE.

    _Le jeune homme puceau l’appelle son affaire._

      PROTAT.

    _Mon cher ami, j’ai l’habitude
    De me couvrir, en me baignant,
    D’un sac qui me cache et me serre
    Des pieds jusques à l’estomac...
    —Parbleu! c’est prudent, dit Voltaire,
    Et votre affaire est dans le sac._

      C. FOURNIER.

    Que voulez-vous que je vous donne pour me permettre d’arracher un
    poil de votre affaire?

      D’OUVILLE.

AFFAIRE AVEC QUOI L’HOMME PISSE (L’). La pine,—un mot que n’osent pas
avoir à la bouche les femmes qui ont le plus au cul la chose qu’il
représente.

    N’en as-tu pas vu quelqu’un qui pissât, et cette affaire avec
    quoi il pisse?

      MILILOT.

AFFAIRE DE CŒUR. Coucherie,—_cœur_ étant mis là pour _cunnus_.

    Vous êtes en affaire? me cria-t-il à travers la porte, pendant
    que j’accolais ma drôlesse et la suppéditais avec énergie.—Oui,
    répondis-je en précipitant mes coups, je suis en affaire... de
    cœur.

      J. LE VALLOIS.

AFFAIRES (Avoir ses). Avoir ses menstrues, qui sont toute une affaire,
en effet.

    _Ce n’est pas le jour des affaires
    Qu’il paraît le plus affairé._

      EUGÈNE VACHETTE.

AFFILER LE BANDAGE. Bander,—_arrigere_.

    Ainsi que des amants temporels pigeonnaient la mignotise d’amour,
    affilant le bandage.

      (_Moyen de parvenir._)

AFFRIANDER UN HOMME. Le tenter du gaillard péché de luxure en lui
montrant un mollet bien tourné, une gorge bien ferme, des fesses bien
blanches, etc.

    Serais-je étonnée de te voir un caprice pour ces princesses-là
    (des fesses)? Va, va, mon cher, elles en ont affriandé bien
    d’autres.

      A. DE NERCIAT.

AFFRONT (Faire un). Débander juste au moment où il faut bander le plus
roide,—seule impertinence que les femmes ne pardonnent pas.

    _Tournez en ridicule
    Ceux qui n’avancent pas
    Plus d’un pas,
    Ou qui font
    Un affront
    Au second._

      COLLÉ.

AGACER LE SOUS-PRÉFET. Se masturber.—L’expression est tout à fait
moderne, et fréquemment employée, quoique d’une étymologie difficile.

AGENT. Celui qui agit: le doigt, le vit ou le fouteur. Ce mot s’emploie
aussi pour les sodomites; le nom d’agent appartient à celui qui encule
par opposition au mot _patient_, donné à celui qui se fait enculer.

    Mais en un mot, si Monrose, agent de plein gré, ne devint pas
    patient avec autant de résignation que le père, c’est que...

      (_Félicia._)

AGIR. Faire l’acte vénérien,—celui qui exige la plus grande dépense
d’activité: _Res, non verba!_

    Les poètes chantent la femme, les goujats la baisent; les uns
    agissent pendant que les autres pensent: les goujats sont plus
    heureux que les poètes.

      Baron WODEL.

AGNÈS.—Jeune fille embarrassée de son pucelage; fausse ingénue qui
affecte de croire que les enfants se font par l’oreille, bien que son
petit cousin lui ait appris par quel autre endroit ils s’improvisent.

    Je n’aime pas ces Agnès-là, je leur préfère des garces
    franchement déclarées.

      LIREUX.

AGRÉMENTS NATURELS. Le membre viril.

    Il arrive de province ce matin, et la fatigue du voyage fait un
    peu de tort à ses agréments naturels.

      (_Les Aphrodites._)

AIDE-MARI. Amant,—qui aide en effet l’époux dans sa besogne conjugale,
mais à son insu, bien entendu.

    Il est assez égal que les enfants qu’elle pourra donner à son
    époux soient de lui ou du plus fécond des aide-mari qu’elle
    favorise.

      A. DE NERCIAT.

AIGRETTE CONJUGALE. Au figuré: ornement de tête de MM. les cocus; les
cornes que leur font porter mesdames leurs épouses.

    X... a couché avec madame Z...? Encore un fleuron à ajouter à
    l’aigrette conjugale de son mari.

      (_Diable au corps._)

AIGUILLE. Le membre viril, avec lequel on _pique_ les femmes,—qui en
enflent pendant neuf mois.

    _Mariette est femme très honnête,
    Et si ce n’est un jour de fête,
    Elle a toujours l’aiguille en main._

      THÉOPHILE.

    Un vieil homme est comme une vieille horloge, plus elle va avant,
    plus l’aiguille se raccourcit.

      TABARIN.

AIGUILLON. Le membre viril, avec lequel on pique les femmes pour les
réveiller quand elles sont endormies.

    _Et profitant d’un moment de faiblesse,
    Il lui glissa son fringant aiguillon._

      PIRON.

AIGUILLONNER. Travailler du bout de la langue sur un vit, ou sur un
clitoris.

    ... Dès lors, il a le nez sur la céleste mappemonde, et sa langue
    amoureuse aiguillonne le brûlant bijou.

      (_Aphrodites._)

AIMANT. Ce qui attire l’homme à la femme, et _vice versa_.

    Quand mes baisers passionnés lui coupent la parole, quand mes
    téméraires mains et le reste ont mis le feu partout... nos
    aimants se joignent, s’attirent, s’unifient... L’univers est
    oublié!...

      MONROSE.

AIMER. Synonyme élégant et pudique de _foutre_. Quand un homme dit
à une femme: «Je vous aime,» il veut lui dire et elle comprend
parfaitement qu’il lui dit: «Je bande comme un carme, j’ai un
litre de sperme dans les couilles, et je brûle de l’envie de te le
décharger dans le con.» Il n’y a que les poètes, les impuissants et
les mélancoliques qui aient osé jusqu’ici donner à ce verbe éminemment
actif un sens passif—et ridicule.

          _... La fille entretenue
    Dit: Aimons!!!..._

      PROTAT.

AIMER ÇA. Avoir un goût fort vif pour les choses de la fouterie et pour
la fouterie elle-même.

    _Monsieur, tout ce qu’il vous plaira.
            J’aime assez ça,
            J’aime bien ça._

      COLLÉ.

AIMER LA FEMME. Avoir le tempérament amoureux, aimer à aimer—quelque
femme que ce soit.

    Que voulez-vous, mon père? j’aime la femme et je le lui prouve le
    plus souvent que je peux.

      J. DU BOYS.

AIMER LA MARÉE. Aimer à gamahucher une femme, se dit par allusion à
l’odeur _sui generis_ qu’exhale son vagin.—L’expression date seulement
du XVIIIe siècle, et elle vient de l’académicien Saint-Aulaire, le même
qui avait fait sur la duchesse du Maine le fameux quatrain où il est
déjà question de Téthys. Il serait dommage de priver la postérité de ce
second quatrain, qui méritait de devenir aussi fameux que le premier:

    _De l’écume des mers, dit-on,
    Naquit la belle Cythérée:
    C’est depuis ce temps que le con
    Sent toujours un peu la marée._

AIMER LE COTILLON. Aimer la femme—surtout quand elle est déshabillée.

    Vous aimez trop le cotillon, mon cher, il vous en cuira.

      E. DURAND.

AIMER LE GOUDRON. Aimer à enculer, soit les femmes, soit les hommes,—ce
qui embrène la queue.

    _Pour Jupiter, façon vraiment divine,
    Le con lui pue, il aime le goudron._

      (_Chanson anonyme moderne._)

AIMER L’HOMME. Avoir du goût pour la pine, s’en servir le plus souvent
possible; jouer franchement des fesses lorsqu’on est sous l’homme.

    Les femmes qui aiment l’homme sont assez rares, aujourd’hui que
    les femmes aiment si volontiers la femme et que les tribades ont
    remplacé les jouisseuses.

      A. FRANÇOIS.

AIMEUSE. Petite dame—galante,—qui fait profession d’aimer.—Synonymes:
putain, lorette, cocotte, grue, catin, vache, etc., etc.

    _Les Juifs avaient leurs Madeleines;
    Les fils d’Homère leurs Phrynés.
    Délaçons pour tous les baleines
    De nos corsets capitonnés.
    Rousses, blondes, brunes ou noires,
    Sous tous les poils, sous tous les teints...,
    Qu’il pourrait raconter d’histoires,
    Le cercle de nos yeux éteints!
        Folâtres ou rêveuses,
              Nous charmons;
        Nous sommes les aimeuses:
                Aimons!_

      EUG. IMBERT.

AIR COCHON (Avoir un). Avoir un visage provoquant, qui appelle l’homme,
qui le convie à manquer de respect à la femme qui a ce visage; avoir
les yeux égrillards, la bouche voluptueuse, etc.

    Je vous ai un petit air cochon comme tout.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

AJUSTER UNE FEMME. La baiser,—ce qui est ajuster le membre viril dans
son vagin avec la raideur d’une flèche lancée d’une main sûre.

ALCIBIADISER. Agir en pédéraste passif, se laisser enculer—comme
Alcibiade par Socrate.

ALLER À CYTHÈRE. Ce que les délicats appellent _Ad summam voluptatem
pervenire_, et les voyous, _Aller au bonheur_,—le seul voyage que l’on
ne puisse faire seul, et que l’on fait toujours à cheval sur une belle
jument.

    _J’aime, dit Ros’, quand on m’mène à Cythère,
    Qu’on se promèn’ pendant plusieurs instants;
            Dès qu’on r’ssort, ça n’ m’amuse guère._

      DIDA.

ALLER À DAME. Baiser; coucher avec une femme.—Cette expression,
empruntée au jeu de dames, a été inventée par un _pion_ de
l’institution Sainte-Barbe.

ALLER À LA VISITE. Se dit des filles publiques qui, au jour fixé par
les règlements de police, doivent se rendre au Dispensaire pour subir
un examen de santé de la part de médecins _ad hoc_, qui les renvoient
si elles sont saines et les retiennent si elles sont malades.

    _C’est demain, ô mes sœurs, le jour de la visite._

      ALBERT GLATIGNY.

ALLER À PINADA.—Faire l’acte vénérien,—à _dada_—sur une _pine_.

ALLER AU BEURRE. Baiser une femme, dont le con ne tarde pas à devenir
ainsi une baratte.

    Zut! je veux aller au persil pour aller au beurre, moi, na!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

ALLER AU BONHEUR. Jouir en baisant, parvenir à la félicité
suprême.—Cette expression, une des plus justes de la langue érotique
moderne, est précisément celle qui se lisait comme enseigne sur les
bordels de Pompéï: _Hic habitat felicitas_.

    Tu as donc envie d’aller au bonheur, mon petit homme!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

ALLER AU CAFÉ. Gamahucher une femme. On dit aussi: _prendre sa
demi-tasse_ au café des Deux-Colonnes.

ALLER AU GRATIN. Baiser une femme publique,—à l’œil,—ce qui est une
gourmandise pour certains _travailleurs_. Allusion au gratin que laisse
un mets au fond de la casserole et qui trouve toujours un amateur—quand
_tout le monde_ est servi.

ALLER AU PERSIL. Se dit des femmes autorisées qui se promènent le soir
dans les rues, sur les trottoirs, et qui ne cessent de se promener que
lorsqu’un galant homme, un peu gris, les prie de se reposer—pour tirer
un coup avec lui, dans une chambre de bordel ou dans un arrière-cabinet
de marchand de vins.—_Voy._ ALLER AU BEURRE.

ALLER AU VICE. Aller au bordel.

ALLER CHEZ LE VOISIN. Enculer une femme; se tromper, volontairement ou
involontairement, d’endroit.

    Tiens... me voilà... Pas comme ça, donc! Tu va chez le voisin...
    Laisse-moi te conduire.

      H. MONNIER.

ALLER D’ATTAQUE (Y). Baiser avec énergie, sur l’herbe ou sur une
chaise, sous le ciel du lit ou sous le ciel de Dieu, sans se préoccuper
des passants et des enfants.

    La limace... là, bien blanche, avec ses creux et ses montagnes,
    ça m’met sens sus d’sous... Allons-y d’attaque!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

ALLER DE SON BEURRE. Jouir copieusement, lorsqu’on est sous l’homme,
sans craindre la vérole et les enfants, et décharger deux ou trois fois
sans qu’il ait déconné.

    Tu m’as fait crânement jouir, cochon! Voilà la première fois que
    j’y vas de mon beurre aussi franchement.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

ALLER DE SON VOYAGE. Les filles de bordel emploient cette expression
pour dire qu’elles ont joui avec un miché: «J’y ai été de mon voyage.»

ALLER DU CUL. Se trémousser dans la jouissance vénérienne, ou dans
l’attente de cette jouissance, qui est toujours précédée d’une foule de
friandises fort agréables.

    Il se trémoussa vers moi en se baissant, et moi vers lui en me
    haussant; les culs nous allaient à tous deux comme s’il eût eu
    déjà le vit au con.

      MILILOT.

ALLER ET RETOUR (Donner ou faire l’). Tirer deux coups avec une femme,
sans déconner.

    C’est un pauvre homme, dit-elle; il ne peut pas même faire
    l’aller et retour sans être sur les dents.

      A. FRANÇOIS.

ALLER L’AMBLE. Faire l’acte vénérien, soit parce que dans cette besogne
l’homme imite l’allure des chevaux qui vont l’amble, entre le trot
et le pas, entre fort et doucement, soit parce que pour aller l’amble
amoureux il faut être deux—_ambo_.

ALLER SE FAIRE COUPER LES CHEVEUX. Aller au bordel.—L’expression
date de l’établissement des bains de mer de Trouville, fréquentés
par la meilleure société parisienne. Trouville est pour ainsi dire
un faubourg du Havre, mais un faubourg sans bordels. Les messieurs
sans dames qui ont des besoins de cœur s’échappent, vont au Havre et
reviennent l’oreille basse, la queue entre les jambes, comme honteux de
leurs mauvais coups.—D’où venez-vous? leur demandent les dames.—J’ai
été me faire couper les cheveux, répond chaque coupable.—Les dames
trouvaient—trouvillaient, dirait Commerson;—qu’ils allaient bien
souvent se faire arranger—la chevelure.

ALLER TROP VITE À L’OFFRANDE ET FAIRE CHOIR LE CURÉ. Décharger au
moment où l’on va baiser une femme que l’on a désirée trop longtemps,
et débander immédiatement.

ALLONGER (S’). Bander,—dans l’argot des maquignons.

ALLUMELLE. Membre viril.

    _Plusieurs n’aimassent tout autant
    Pour chatouiller leur allumelle
    Le réservoir d’une pucelle._

      (_Heures de Paphos._)

ALLUMER (S’). Être en érection, soit devant une femme, soit devant une
photographie obscène.

    Il ne s’allume pas!... Je ne s’rais pourtant pas fâchée qu’i m’
    baise, car il a un rude membre.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

ALLUMER LA CHANDELLE. Mettre un homme en état de baiser, par des
attouchements habiles aux environs de son braquemard et sur son
braquemard lui-même.

ALLUMER LE FLAMBEAU D’AMOUR. Copuler.

    _J’ m’approch’ crân’ment et j’ lui propose
    D’allumer le flambeau d’ l’amour;
    Cédant au désir qui m’allèche.
    De mon feu n’ jaillit qu’un’ flammèche._

      F. DE CALONNE.

ALLUMER UN HOMME. Se dit des femmes légères—comme chausson—qui, par
leurs regards incendiaires, provoquent les hommes à la fouterie.

    Elle! elle n’allumerait pas même un homme en amadou.

      LEMERCIER.

ALLUMETTE. Le membre viril, avec lequel on met le feu à tant de jeunes
imaginations.

    N’approche pas de moi ton allumette: tu me brûlerais, et je n’y
    suis pas disposée.

      Baron WODEL.

    _Modeste appelle une allumette
    Ce que lui montre son amant._

      E. T. SIMON.

AMANT. Nom que l’on donne, non pas à l’homme qui aime une femme, mais à
celui qui la fout.

    _Un vieux monsieur millionnaire,
    Remplaçant le prince Charmant
    Rêvé par toute pensionnaire,
    De Manette eût été l’amant._

      ALFRED DELVAU.

AMANT DE CŒUR. Greluchon, maquereau, homme qui, s’il ne se fait pas
entretenir par une femme galante, consent cependant à la baiser quand
il sait parfaitement qu’elle est baisée par d’autres que lui: c’est,
pour ainsi dire, un domestique qui monte le cheval de son maître.—Il
y a cette différence entre l’_amant_ simple et l’_amant_ dit _de cœur_
que le premier est un fouteur qui souvent se ruine pour sa maîtresse,
et que le second est un fouteur pour lequel sa maîtresse se ruine
quelquefois—quand il la fout bien. Aussi devrait-on appeler ce dernier
l’_amant de cul_, le cœur n’ayant absolument rien à voir là-dedans.

AMARRIS. Vieux mot hors d’usage signifiant matrice, employé dans un
sens obscène pour désigner la nature de la femme.

    _Et madame qui perd l’attente
    Du bien que donnent les maris,
    Soupire de son amarris._

      J. GREVIN.

        _C’est ma maîtresse
    Qui a mal à son amatrix._

      (_Ancien Théâtre français._)

AMÂTINER (S’). Se prostituer à tous les hommes, comme une chienne
chaude à tous les mâtins.

AMI. Synonyme décent d’amant, qui est lui-même synonyme de fouteur.

    Les autres qui auront plus de hâte et prendront des amis par
    avance pour en essayer...

      MILILOT.

AMITIÉ. Dans tout vocabulaire érotique, _amitié_ est le synonyme
d’_amour_.—C’est tout un petit drame intime et bourgeois, qui se joue
à trois personnages: la femme, le mari et l’amant. S’il en survient
un quatrième, c’est l’_ami_ de l’_amant_, qui, presque toujours, est à
l’amant...

    _... Ce que l’amant est au mari._

      GAVARNI.

AMOUR. Sentiment de création moderne. Les anciens ne connaissaient
que la fouterie,—ce que Théophile Gautier, un poète, a si fort à tort
appelé un «sentiment ridicule accompagné de mouvements malpropres,»—et
il était donné à notre génération, épuisée par tant de masturbations
intellectuelles, d’inventer cette sinistre plaisanterie qui
dépeuplerait promptement la terre, si les Auvergnats n’étaient pas là.

    _L’amour est une affection
    Qui, par les yeux, dans le cœur entre,
    Et par forme de fluxion
    S’écoule par le bas du ventre._

      RÉGNIER.

    AMOUR, substantif des deux genres: échange de deux fantaisies;
    privilége pour toutes les folies que l’on peut faire; pour
    toutes les sottises que l’on peut dire.—On a de l’_amour_ pour
    les fleurs, pour les oiseaux, pour la danse, pour son amant,
    quelquefois même pour son mari: jadis on languissait, on brûlait,
    on mourait d’_amour_; aujourd’hui, on en parle, on en jase, on
    _le fait_, et le plus souvent on l’achète.

      E. JOUY.

    _De son vit couturé de chancreuses ornières,
    Pénétrer, chancelant, au fond d’un con baveux.
    Mettre en contact puant les canaux urinaires,
    De scrofules pourris, nous créer des neveux.
    De spermes combinés faire un hideux fromage;
    Au fond de la cuvette, humide carrefour,
    En atomes gluants voir le foutre qui nage...
                    Voilà l’amour!_

      PAUL SAUNIÈRE.

AMOUREUSE ENTREPRISE (L’). L’acte vénérien.

AMOUREUX DES ONZE MILLE VIERGES. Jeune homme timide qui toutes
les nuits couche, en imagination, avec toutes les femmes qu’il
a rencontrées dans la journée, et, en réalité, avec la veuve
Poignet,—qu’il a toujours sous la main.

    Je n’ai jamais sérieusement aimé qu’une femme, la mienne; et
    cependant, comme tous les jeunes gens, j’ai été amoureux des onze
    mille vierges.

      A. FRANÇOIS.

AMOUREUX LARCIN. La petite oie de la fouterie, la monnaie de la
jouissance,—baisers dérobés, fesses pincées, etc.

    _Dans ses amoureux larcins,
    Le papelard se rengorge;
    Quand sa main flân’ sur ma gorge,
    Il dit qu’il ador’ les saints._

      JULES POINCLOUD.

AMOUREUX TRANSI. Baiseur plus chaud en paroles qu’en action, et qu’à
cause de cela les femmes tiennent en maigre estime.

    Il arrive de là que ceux qui aiment le plus, comme ces amoureux
    transis, sont ceux qui chevauchent le moins.

      MILILOT.

AMOUR PHYSIQUE (L’). Le seul amour, le véritable amour, celui des
gens bien portants d’esprit et de corps,—enfin celui que prisent
sérieusement toutes les femmes, même celles qui lisent le plus de
romans.

    _En style énergique
    Mon amour physique
        S’explique._

      COLLÉ.

AMOUR PLATONIQUE. L’amour ridicule par excellence, l’amour des poètes,
des gens qui ont plus de cervelle que de queue, et qui aiment la femme
à distance respectueuse parce que leurs moyens ne leur permettent pas
de l’aimer plus près.

          _Je fais grand cas
    De l’amour pur et platonique,
        Mais je n’en use pas._

      COLLÉ.

AMOUR SOCRATIQUE. La pédérastie, que Socrate pratiquait si volontiers à
l’endroit—je veux dire à l’envers d’Alcibiade.

AMUSER UN HOMME. Le faire jouir par tous les moyens connus et inconnus.

    _Dans mon bordel il vient souvent beaucoup de vieux,
    Ce sont ceux-là, d’ailleurs, qui nous payent le mieux:
    Sais-tu par quels moyens, petite, on les amuse,
    Et de quelle façon à leur égard on use?_

      LOUIS PROTAT.

AMUSER (S’). Se branler.

AMUSETTE (Faire l’). Se peloter mutuellement en attendant le moment
de baiser, ou après avoir baisé; plus spécialement, se branler avec
l’extrémité d’un membre viril, quand on est femme.

    Lorsque nous avions couru quelques postes et que j’avais quelque
    peine à remonter sur ma bête, elle, qui n’était ni fatiguée ni
    rassasiée, s’emparait avec autorité de ma lavette et faisait
    l’amusette.

      A. FRANÇOIS.

ANANDRYNE. Femme qui n’aime pas les hommes, ou au moins leur préfère
les femmes pour se livrer au libertinage et à la fouterie. Sapho était
anandryne; elle avait un long clitoris et s’en servait comme un homme
de son vit avec les femmes. Horace appelait Sapho _mascula_, femme
mâle, femme hommesse, comme le dit Mirabeau dans son _Erotika Biblion_.
Les Vestales à Rome, les Gymnopédistes à Sparte, instituées par
Lycurgue, étaient anandrynes.

ANCHOIS. La verge d’un petit garçon, et même la queue d’un homme
lorsqu’elle a des dimensions trop grêles,—par allusion à la gracilité
de ce poisson.

    Approche ton anchois, ton mignon... là... bien... tu y es... Le
    sens-tu frétiller?

      LÉON SERMET.

ANDOUILLE. Le membre viril, dont les femmes sont si friandes,—elles qui
aiment tant les cochonneries!

    _De tout le gibier, Fanchon,
    N’aime rien que le cochon:
    Surtout devant une andouille,
    Qu’aux carmes l’on choisira,
    Elle s’agenouille, nouille,
    Elle s’agenouillera._

      COLLÉ.

ANDOUILLE DES CARMES (L’). Le membre viril.

ANDRINS. Culistes, hommes qui ne font aucun cas des charmes féminins et
ne fêtent que des Ganymèdes.

    Les andrins sont les jacobins de la galanterie; les janicoles en
    sont les monarchiens démocrates, et les francs sectateurs du beau
    sexe sont les royalistes de Cythère.

      (_Diable au corps._)

ANDROGYNE. Pédéraste, qui réunit en lui les deux sexes puisqu’il sert
de maîtresse aux hommes et d’amant aux femmes,—comme ce grand libertin
de Jules-César, qui était le mari de toutes les femmes et la femme de
tous les maris.

ANDROGYNE (Faire l’). Baiser une femme, ce qui est proprement réunir
les deux sexes en un seul.

ANGLAIS. Noble étranger, fils de la perfide Albion ou de la rêveuse
Allemagne, qui consent à protéger de ses guinées une femme faible—de
vertu—pendant toute la durée de son séjour à Paris.

    Amélie ne te recevra pas, Polyte: elle est avec son Anglais.

      WATRIPON.

ANGLAIS (Avoir ses). Avoir ses menstrues, à cause de la couleur rouge
de cet écoulement, qui est aussi la couleur de l’uniforme anglais.

    _Puis de son corps couvrant ma mère,
    Dans le sang des Anglais baigné,
    Que de coups a tirés mon père
    Dans la montagne où je suis né._

      (_Chanson anonyme moderne._)

ANGLAIS ONT DÉBARQUÉ (Les). Les menstrues ont fait leur apparition.

    Il n’y a pas moyen ce soir, mon chéri: les Anglais ont débarqué.

      LYNOL.

ANGORA. Petit nom d’amitié que les filles donnent à leur con, à cause
de son épaisse fourrure.

    Flatte mon angora, cher ange, baise-le de tes lèvres: nous allons
    jouir.

      J. LE VALLOIS.

ANNEAU D’HANS CARVEL (L’). Le con de la femme—dans lequel tout honnête
homme doit mettre le doigt quand il n’y peut plus mettre la pine.

    Une femme aimable est un anneau qui circule dans la société, et
    que chacun peut mettre à son doigt.

      SOPHIE ARNOULD.

    _Chantons l’anneau du mariage,
    Bijou charmant, bijou béni;
    C’est un meuble utile au ménage,
    Par lui seul un couple est uni.
    Avant quinze ans, jeune fillette
    Veut que l’on pense à son trousseau,
    Et qu’on lui mette, mette, mette,
    Mette le doigt dans cet anneau._

      BÉRANGER.

ANUS (L’). Le trou du cul.

    _Déferle ton entrecuisse,
              Que j’ contemple
              Le saint temple
              De Vénus,
              Et ton anus._

      G. DE LA LANDELLE.

APHRODISIAQUES. Remèdes propres à tonifier, à roidir—momentanément—le
membre qui a cessé d’être viril, par suite de maladies ou d’excès
vénériens. Les stimulants les plus généralement employés sont les
truffes, le musc, le phosphore, le safran et les cantharides.

    _Puis, ce sont encor des parfums
    Aphrodisiaques en diable._

      ALFRED DELVAU.

APOTHICAIRE. Pédéraste, ou sodomite; homme qui se trompe volontairement
de côté quand il est au lit avec une femme et qui l’encule au lieu de
la baiser.

    _Jean, ce frotteur invaincu,
    Au soir, dans une taverne,
    Frottait Lise à la moderne,
    C’est-à-dire par le cul.
    Elle, qui veut qu’on l’enfile,
    Selon sa nécessité,
    Disait d’un cœur irrité
    Qu’un clystère est inutile
    A qui crève de santé._

      (_Le Cabinet satyrique._)

APÔTRE DE L’ANUS. Pédéraste, ou seulement sodomite,—homme qui se plaît
à envoyer (ἀποστελλω) son sperme dans le vagin breneux d’un autre
homme, de préférence au vagin naturel de la femme.

    _Ah! dans toute la chrétienté,
    Il faut que la société
      Envoie des missionnaires,
    De saints apôtres de l’anus,
    Qui, tirant les vits des ornières,
    Prêchent l’Évangile des culs._

      COLLÉ.

APPAS. Les beautés d’une femme qui excitent le désir de l’homme,—mais
principalement ses tétons.

    _Ah! Marton, malgré tes appas,
    Non, non, je n’y survivrai pas._

      BÉRANGER.

APPÉTIT (Avoir.) Se sentir des démangeaisons amoureuses, être en
disposition de baiser.

    Te sens-tu en appétit ce soir?—Un appétit énorme!—Alors, allons à
    la _Patte de chat_.

      LEMERCIER.

APPLIQUER LA PEAU D’UN GARÇON (S’). S’introduire le membre viril dans
le vagin.

    C’est un grand soulagement d’être aimée, et je trouve, pour
    moi, que je m’en trouve mieux de la moitié depuis que je me suis
    appliqué la peau d’un garçon dessus.

      MILILOT.

APPLIQUER UN HOMME SUR L’ESTOMAC (S’). Se laisser enfiler comme une
perle par lui, la perle sur le dos, et l’homme sur la perle.

    Et fût-il coiffeur ou laquais, d’aussi huppées que vous se
    l’appliqueront sur l’estomac sans lui demander ses preuves.

      A. DE NERCIAT.

APPRIVOISER UNE FILLE. La dépuceler,—ce qui la rend naturellement moins
sauvage.

    _Malgré les grands parents, malgré les fortes grilles,
    Mon cher, je connais l’art d’apprivoiser les filles._

      LÉON SERMET.

APRÈS LA PANSE, VIENT LA DANSE. Vieux proverbe: Après la mangeaille, la
fouterie.

    _Pour se mettre en humeur, il faut emplir la panse;
    Sans Cérès et Bacchus, Vénus est sans pouvoir;
    Un ventre bien guédé est plus prompt au devoir:
    Après la panse, aussi, ce dit-on, vient la danse._

      (_Proverbes d’amour._)

ARAIGNÉE. Faire patte d’araignée. Action de prendre les couilles et le
vit de l’homme de manière à chatouiller le tout à la fois en allant de
la tête du vit au périnée et au trou du cul, de haut en bas, à droite
et à gauche et retour, en y joignant des coups de langue au filet
du vit décalotté, le tout jusqu’à jouissance complète.—_Voir_ PATTE
D’ARAIGNÉE.

ARBALÈTE. Le membre viril, probablement par jeu de mots, parce qu’on
bande,—à moins qu’on ne dise bander que parce qu’on appelle la pine une
arbalète destinée à blesser la femme au ventre.

    Bandez votre arbalète, mon doux ami, et visez-moi dans le noir.

      E. DURAND.

ARDILLON. Le membre viril, soit parce qu’il pique, soit parce qu’il
brûle.

    Au lieu de sentir lever son ardillon, il se sentait plus froid
    qu’à l’ordinaire.

      D’OUVILLE.

    Je sens ton ardillon... Ah! je le sens... Chien! chien! tu me
    brûles...

      Baron WODEL.

ARGUMENT. Pousser un argument naturel et irrésistible; c’est-à-dire une
déclaration d’amour, sous la forme d’un bon vit—dans un bon con, qui ne
trouve rien à redire à cela.

    _Sans brusquer une fillette,
    Moi j’attends patiemment
    Qu’elle soit bien en goguette
    Pour pousser mon argument._

      E. C. PITON.

ARISTOFFE (L’). Maladie honteuse, dans l’argot des filles et de leurs
souteneurs.—Le mot viendrait-il de l’italien _arista_, épine? ou du
grec ἄρίστος, la meilleure—des maladies—ou la maladie des _aristos_?

    J’en ai eu quatorze depuis celle-là, et de toutes couleurs, car
    quoi qu’en disent les malins, les aristoffes se suivent et ne se
    ressemblent pas.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

ARME DE L’HOMME (L’). Son outil à génération, avec lequel il blesse
souvent les femmes,—heureuses d’être ainsi blessées.

    _A ces mots me relevant,
    Plus dispos qu’auparavant,
    Je me saisis de mon arme._

      (_La France galante._)

    Elle me rappelait le tambour de ma compagnie à astiquer et
    fourbir ainsi mon arme.

      LEMERCIER.

ARRACHER SON COPEAU. C’est le _to leacher_ des Anglais, qu’il ne
faudrait pas croire spécial aux menuisiers,—parce qu’il n’y a pas que
les menuisiers qui sachent se servir du rabot que la nature a placé au
ventre de tous les hommes.

ARRACHER SON PAVÉ. Faire l’acte vénérien,—à cause de l’effort que cela
exige sans doute.

    Oui, c’est ainsi toutes les fois que j’arrache mon pavé avec une
    demoiselle.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

ARRANGÉE (Être). Être baisée.

    _Ah! monsieur, je suis saccagée!
    Vous n’en viendrez jamais à bout!
    La comtesse était arrangée,
    Et criait encor d’un ton doux:
              Arrangez-vous._

      COLLÉ.

ARRANGER UNE FEMME, OU UN HOMME. La bien baiser, ou le bien branler.

    Tu dois bien arranger une femme, hein?

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _Qu’il soit vioc ou non,
    Arrange-le tout d’ même._

      DUMOULIN.

ARRIÈRE-BOUTIQUE. Le cul, qui est situé sur le derrière, et dans lequel
le membre aime à se réfugier quand il est resté quelque temps dans la
boutique, qui est sur le devant.

    A l’instant cette demoiselle, ouvrant son arrière-boutique,
    laissa aller un vent.

      D’OUVILLE.

ARRIVER À SES FINS. Finir par baiser une femme pour laquelle on
bandait,—ce qui est la fin de tout roman d’amour.

    Là! tu en es arrivé à tes fins, petit cochon!

      WATRIPON.

ARROSER. Éjaculer dans la nature de la femme—un charmant petit jardin
dont nous sommes les heureux jardiniers. Pluie ou sperme, quand cela
tombe à propos, cela féconde.

    Pourquoi ne voudraient-elles pas être arrosées?

      CYRANO DE BERGERAC.

ARROSER LE BOUTON. Décharger son sperme dans le vagin d’une femme, sur
le bouton de son clitoris.

    _Son directeur, dit-on,
    Craignant qu’on lui ravisse
    Sa Rose, sa Clarisse,
    Lui arros’ le bouton._

      JOACHIM DUFLOT.

ARTHUR. Nom poli qu’on donne à l’amant de cœur d’une femme galante.
C’est le _chevalier à la mode_ de Dancourt.

    Toute lorette, inévitablement, a son Arthur, comme toute fille
    publique son maquereau, comme toute pomme pourrie son ver.

      Baron WODEL.

ARTICLE (Faire l’). Se dit des maquerelles plantées le soir sur le
seuil des bordels, qui essaient d’y faire entrer les passants en
leur dépeignant rapidement, avec des couleurs un peu fortes mais
saisissantes, les beautés diverses et les talents particuliers de leurs
pensionnaires.

    Tu resteras sur le seuil du bazar et tu feras l’article pour nos
    demoiselles.

      LEMERCIER.

ARTICLE (Être fort sur l’). Être toujours prêt à foutre,—porté sur sa
pine comme un gourmand l’est sur sa bouche.

    _Et sur l’article, ah! que j’étais solide;
    Dis-moi, Marton, dis-moi, t’en souviens-tu?_

      (_Chanson anonyme moderne._)

    La marquise est froide sur l’article.

      LOUVET.

ARTILLERIE DE CUPIDON OU DE VÉNUS. Les parfums, les aphrodisiaques en
général—et surtout en particulier.

ASPERGE. Le membre viril—dont les femmes sont si friandes, et
qu’elles sucent volontiers, avec la sauce blanche qui les accommode
ordinairement.

ASPERGÈS. Le membre viril avec lequel, en effet, nous aspergeons de
foutre le con des femmes.—On dit mieux: _Goupillon_.

    _C’est bien dit; car, comme j’estime,
    L’aspergès d’un moine sans doute
    Est si bon, qu’il n’en jette goutte
    Qu’elle ne soit bénie deux fois._

      (_Ancien Théâtre français._)

ASSAILLIR UNE FEMME. La baiser; monter, la queue en main, à l’assaut de
son vagin.

    _Jean, cette nuit, comme m’a dit ma mère,
    Doit m’assaillir._

      GAUTIER-GARGUILLE.

    Après que ce premier assaut fut donné, la belle recouvra la
    parole.

      CH. SOREL.

    _Mais Trichet du premier assaut
    Se contenta. Chétive était la dose
    Au gré d’Alix._

      VADÉ.

ASSEOIR SUR LE BOUCHON (S’). S’asseoir sur une pine, de façon à être
baisée, soit en grenouille par devant, soit en levrette par derrière.

    Viens t’asseoir sur le bouchon, garce, et si tu ne jouis pas,
    c’est que tu ne le voudras pas.

      V. CAILLAUD.

ASTICOT. Le membre viril, qui grouille dans la nature de la femme comme
un ver blanc dans la viande.

    Tu écorches mon asticot, salope!

      LEMERCIER.

ASTIQUER. Faire l’amour,—dans l’argot des filles et des maquereaux,
l’_astic_ pour eux étant une épée, et l’épée piquant.

ASTIQUER (S’). Se masturber, soit seul, soit à deux.

    _Deux gendarmes, un beau dimanche,
    S’astiquaient le long d’un sentier;
    L’un branlait une pine blanche
    Et l’autre un vit de cordelier._

      (_Parnasse satyrique XIXe siècle._)

ASTIQUER LA BAGUETTE. Branler un homme,—le ventre de la femme servant
de tambour à cette baguette-là, que nous savons tous manier aussi bien
que les tapins de profession.

    Celle-ci, d’un tambour astiquait la baguette.

      LOUIS PROTAT.

ATELIER. La nature de la femme,—où se fabrique l’Humanité.

    Quand on entre à l’atelier, il faut avoir son outil en bon état
    afin de besogner convenablement, et toi, tu ne bandes seulement
    pas!

      A. MANVOY.

        _Quoi, c’est là tout le stratagème?
    Dit un valet, voyant le drôle à l’atelier._

      PIRON.

ATTRAPER QUELQUE CHOSE. Gagner la chaude-pisse ou la vérole dans un
coït malsain, avec une coureuse ou avec une honnête femme.

    Que ces drôlesses-là sont souvent de bons greniers à
    chaudes-pisses! ce qu’on appelle de véritables attrape-michés.

      Comte DE CAYLUS.

    Si j’attrape quéque chose, au moins j’ l’aurai pas volé.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

AUMÔNE AMOUREUSE. L’acte vénérien,—la femme étant censée donner et
l’homme recevoir, quoique, en réalité, l’un donne autant que l’autre.

    Belle dame, faites-moi l’aumône amoureuse, je vous en supplie, je
    bande trop!—J’en suis fâchée, mon cher, mais j’ai mes pauvres.

      SEIGNEURGENS.

AUTEL. La nature de la femme, où nous venons, prêtres fervents,
officier chaque jour, culotte bas et pine en main.

    _Et dévotement sur l’autel,
    Je pose mes lèvres tremblantes:
    De ma langue, en flammes ardentes,
    S’élancent..._

      A. FRANÇOIS.

    _A l’autel de la volupté
    Soudain s’approche une inconnue
    Du morpion silencieux._

      B. DE MAURICE.

    Si tous les autels de Venus étaient aussi dégoûtants.

      (_Les Maris à la mode._)

AUTEL DE PLUME (L’). Le lit, sur lequel l’homme et la femme officient
avec une ferveur dont le Dieu—de Lampsaque—doit être content.

    _Avez-vous pu l’en croire à son serment?
    Ceux que l’on fait sur un autel de plume
    Sont aussitôt emportés par le vent._

      COLLÉ.

AUVERGNATE. Qui appartient au troisième sexe—puisqu’elle n’est pas
homme et ne veut pas être femme.

    Consommateurs des deux sexes, hommes et femmes, pas d’Auvergnats,
    tout au plus quelques Auvergnates très élégantes, _fleurs du mal_
    qui se respirent entre elles.

      ALFRED DELVAU.

AVALER LA PILULE. Avaler le sperme qui s’échappe du membre de l’homme
que l’on suce.

AVALER LE POISSON SANS SAUCE. Être baisée par un homme qui ne décharge
point, ou que l’on empêche de décharger.

    _Ah! combien l’apparence est fausse!
    Au chaponneau point de cresson,
    Et mon amphitryon sans sauce
    Me fit avaler le poisson._

      MARCILLAC.

AVALER LES ENFANTS DES AUTRES. Gamahucher (V. ce mot) une femme qui
vient d’être baisée par un autre homme et qui n’a pas eu le temps de se
laver.

    Au lavabo, tout de suite! je ne tiens pas à avaler les enfants
    des autres.

      J. LE VALLOIS.

AVANCES. Privautés que laisse prendre à un homme, et que parfois même
prend, avec lui, la femme à qui le cul démange.

    J’ai un caprice, il ne sait le deviner; je le lui explique aux
    trois quarts; il ne comprend rien, et mon butor me quitte après
    mes avances humiliantes.

      A. DE NERCIAT.

    _Un monsieur qu’était dans l’aisance,
    Désirant lui faire quelqu’avance,
    S’approch’ d’elle une bourse en main._

      PERCHELOT.

AVANTAGES. Gorge plantureuse, poitrine à la mode de Caen.

    C’est trop petit ici: la société y sera comme les avantages de
    madame dans son corset.

      AUGUSTE VILLEMOT.

AVANT-SCÈNE. La gorge des femmes, parce qu’elle avance plus que
le reste du corps en dehors de la perpendiculaire, et que c’est la
première chose que l’on remarque.

    Ce ne sont pas les avant-scène qui lui manquent, mâtin!

      BARTHET.

AVEC (L’). La nature de la femme, avec laquelle (_cum_, _con_) l’homme
jouit quand il a répudié la veuve Poignet.

    Allons, cher ange, montre-moi ton avec, je te montrerai le mien
    et nous les marierons ensemble.

      A. FRANÇOIS.

AVENTURES (Avoir eu des). Avoir eu des amants si l’on est femme, ou des
maîtresses si l’on est homme.

    Cette femme avait eu déjà bien des aventures.

      CHAMPFLEURY.

    _Il vint, et les tendres ébats
    Agitant draps et couverture,
    Le psautier descendant plus bas,
    Se trouve au fort de l’aventure._

      PIRON.

AVENTURIÈRE. Gil-Blas femelle, fille ou femme qui a eu une
_foultritude_ d’aventures amoureuses—ou plutôt galantes.

AVITAILLÉ. Mot grossier hors d’usage signifiant un homme pourvu de
membre viril.

    Duvigny était bien avitaillé et grand abasteur de bois.

      TALLEMANT DES RÉAUX.

AVOIR. Avoir eu, foutre ou avoir foutu avec une femme ou une fille que
l’on désirait.

    Eh bien! ma mie, tu vois comme je t’aime, je laisse ma prébende
    pour t’avoir.

      (_Moyen de parvenir._)

    Fais donc que j’aie cette fille, et je te rendrai riche.

      P. DE LARIVEY.

AVOIR À SA BONNE. Avoir de l’amour pour...

        _Surtout, p’tit cochon,
        N’ fais pas l’ paillasson:
    Je sais qu’ t’as Clarisse à la bonne;
        Mais dis-lui d’ ma part
        Qu’ell’ craign’ le pétard..._

      A. DUMOULIN.

AVOIR COMMERCE. Faire l’acte vénérien.

    _Jean, tu m’accusais l’autre jour
    D’avoir dit à certaine dame
    Qu’Anne, avant que d’être ta femme,
    Avait eu commerce d’amour._

      LA MONNOYE.

    A-t-elle eu commerce avec le chevalier de Lorraine? qu’on la
    brûle.

      (_La France galante._)

AVOIR COMPAGNIE D’HOMME. Faire l’amour avec un homme.

    _A moins enfin qu’elle n’ait à souhait
                Compagnie d’homme._

      LA FONTAINE.

AVOIR DE L’AGRÉMENT. Jouir avec une femme, soit en la baisant, soit en
se faisant branler par elle.

    Tu vas avoir de l’agrément, mon chéri, je t’en réponds!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

AVOIR DES BONTÉS. Employé dans un sens obscène pour accorder ses
faveurs à un homme.

    Tu as eu des bontés pour lui, ça prouve ton bon cœur.

      VOISENON.

    Une femme sensible se décide difficilement à laisser pendre un
    homme pour qui elle a eu des bontés.

      PIGAULT-LEBRUN.

    Ayez des bontés pour moi, et mademoiselle Hortense est mariée.

      H. DE BALZAC.

AVOIR DES SENS. Être ardent en amour; jouir sous l’homme quand on est
femme, jouir avec la femme lorsqu’on est homme.

    _Et d’ailleurs, Marotte a des sens
              Récompensants
              Les insolents
          Qui montrent des talents._

      COLLÉ.

AVOIR DU CHIEN. Se dit d’une femme qui a des grâces provoquantes, qui
ne baise pas comme la première venue.

    Il faut être sincère, même avec des drôlesses de cette espèce:
    Julia a du chien, beaucoup de chien.

      LYNOL.

AVOIR DU MAL. Baiser beaucoup,—dans l’argot des filles de bordel.

    Ce qu’ nous avons d’ bon ici, c’est d’êt’ ben nourries. Si on a
    du mal, on n’ meurt pas d’ faim, comme dans des maisons où j’ai
    été.

      HENRY MONNIER.

AVOIR ENCORE (L’). Sous entendu: _Son pucelage_.

    Ça me rappellera... le temps où je l’avais encore.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

AVOIR EU QUELQUE CHOSE AVEC UNE FEMME. Avoir couché avec elle, une ou
plusieurs fois; avoir été son amant.

    Tu me feras peut-être accroire que tu n’as rien eu avec
    Henriette?

      GAVARNI.

AVOIR LA COURTE HALEINE. Être petit baiseur, se contenter de tirer un
coup ou deux et dormir après.

    _Vous avez la courte haleine;
    Parler d’amour une fois,
    C’est me donner la migraine._

      COLLÉ.

AVOIR LA MAIN OCCUPÉE. Se branler d’une main en lisant de l’autre un
roman libertin; ou pincer le cul à sa voisine en trinquant avec son
voisin.

        _Souvent entre deux draps
        Rêvant à ses appas,
    Et d’une voix entrecoupée,
    Je me dis, la main occupée,
        Ah! comme on tirait
        Chez ell’ du vin clairet!_

      E. DE PRADEL.

AVOIR LA QUEUE VERTE. Être frais et dispos pour le combat amoureux,
être vaillant au lit.

AVOIR LA VACHE ET LE VEAU. Épouser une fille enceinte des œuvres d’un
autre.

AVOIR L’EAU À LA BOUCHE. Avoir appétit de femme lorsqu’on est un homme,
ou d’homme lorsqu’on est femme, soit en voyant baiser les autres, soit
en lisant des livres de fouterie.

AVOIR LES TALONS COURTS. Se laisser volontiers renverser sur le dos par
un homme; bander facilement pour les porte-queue.

    Elle a les talons si courts, qu’il ne faut la pousser guère fort
    pour la faire cheoir.

      (_Les Caquets de l’accouchée._)

AVOIR LE VENTRE PLEIN. Être enceinte.

    Je crois, ma chère, que j’ai le ventre plein: cet imbécile
    d’Hippolyte n’aura pas mouché la chandelle.

      E. JULLIEN.

AVOIR MAL AUX CUISSES. Façon chaste de dire qu’on a beaucoup besogné
avec sa voisine, ou avec toute autre femme, car c’est surtout à cet
endroit du corps que se fait sentir la fatigue vénérienne.—On dit
aussi, dans le même sens: _avoir les cuisses coupées_, ou encore,
_avoir les jambes brisées_.

AVOIR PERDU SA FLEUR. Se dit d’une jeune fille qui a eu un _fruit_.

AVOIR QUELQUE CHOSE AVEC UNE FEMME OU AVEC UN HOMME. Être son amant ou
sa maîtresse; ou s’être donné rendez-vous pour coucher ensemble.

AVOIR QUELQU’UN. Avoir un entreteneur, un miché, quand on est fille;
avoir une maîtresse, être le maquereau d’une fille, quand on est
homme—sans préjugés.

    J’ai pas d’amant... veux-tu me l’êt’?...—Non.—T’as
    quéqu’un!...—Oui?...—N’en parlons plus.

      HENRY MONNIER.

    Voilà ce qu’une femme qui se sent poursuivie devrait se dire
    à elle-même, à tous les moments du jour: Un tel me suit, il me
    cherche, je le trouve partout; donc il veut m’avoir et me mettre
    sur sa liste.

      LA POPELINIÈRE.

    _Une duchesse à l’œil noir
    L’an passé voulut m’avoir._

      BÉRANGER.

AVOIR RÔTI LE BALAI. Avoir eu de nombreux amants, savoir ce que la
pine en vaut l’aune, avoir fait une vie de chienne,—par allusion aux
sorcières qui chevauchaient le balai pour aller au sabbat et qui le
rôtissaient à la chaleur de leur cul.

    C’est une fille qui a rôti le balai.

      LEMERCIER.

AVOIR SEPT POUCES MOINS LA TÊTE (En). Posséder un membre d’une longueur
plus qu’estimable, et bien fait pour plaire aux femmes,—le sexe le plus
goulu.

            _.... La belle Urinette
        Au corps content, mais pas de peu,
    Car il lui faut sept pouces, moins la tête,
            Pour qu’elle ait un beau jeu._

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

AVOIR SON PLAISIR. Employé dans un sens obscène pour faire l’acte
vénérien:

    _Et sachez bien que je mourusse
      Si mon plaisir de lui n’eusse_

      (_Anciens Fabliaux._)

    _Mais Marguerite eut de moi son plaisir._

      MAROY.

    Polyxène, sans être vue de personne, tira le prêtre en sa maison
    pour en avoir son plaisir.

      P. DE LARIVEY.

AVOIR TOUJOURS L’ANNEAU OU LA BAGUE AU DOIGT. Passer sa vie à branler
les femmes, le con étant pris pour un anneau—depuis celui de la femme
d’Hans Carvel.

AVOIR UN ARLEQUIN DANS LA SOUPENTE. C’est-à-dire, dans le ventre. Être
enceinte d’on ne sait qui,—de plusieurs amants,—de toutes les couleurs.

AVOIR UN BON DOIGTÉ. Savoir peloter habilement les couilles d’un homme;
faire à merveille la _patte d’araignée_.

AVOIR UN CHEVEU. Avoir un caprice pour une femme, ou pour un homme.

    Elle a un cheveu pour lui.

      CHARLES MONSELET.

AVOIR UNE CRANE GIBERNE. Se dit d’une femme qui a de belles fesses, une
Parisienne callipyge,—naturellement ou artificiellement.

    Elle a une crâne giberne, ton adorée, faut lui rendre justice:
    tout est-il à elle, dis?

      CHARLES MONSELET.

AVOIR UN FRUIT. Se dit d’une jeune fille qui s’est laissé séduire et
qui a lieu de s’en repentir—neuf mois après.

AVOIR UN POLICHINELLE DANS LE TIROIR. Se dit d’une femme enceinte.

AVOIR VU LE LOUP. Se dit d’une fille qui n’est plus vierge, qui connaît
depuis plus ou moins de temps les mystères du pantalon de l’homme—d’où
elle a vu sortir, la tête en feu, le poil hérissé, son braquemard
enragé.

    Toujours est-il que le loup, qui rôdait par là depuis quelque
    temps, sous la blouse bleue et le pantalon de velours épinglé
    d’un grand gars de notre village, sortit sournoisement du bois
    des châtaigniers, se montra tout à coup à l’ombre de la haie
    d’aubépines, et—qu’elle vit le loup.

      ALFRED DELVAU.

AZE (L’) TE FOUTE. Vieux dicton qui signifie: Va te faire foutre—par un
âne.

    _Ainsi les dieux ont esleu
    Tels oiseaux qui leur ont pleu.
    Priape, qui ne voit goutte,
    Haussant son rouge museau,
    A taston, pour son oiseau
    Print un aze qui vous foute._

      MOTIN.

    _Lors, dit Catin: N’entends-tu pas?
    Quoi? répond l’autre.—L’aze, écoute...
    —Si l’aze pète: dit Colas,
    Parsanguié! que l’aze te foute!_

      PIRON.




B


BABINES (Les). Les grandes lèvres de la nature de la femme.

    Les deux babines un peu retroussées et colorées d’un rouge
    attrayant qui passe un peu au dehors entre les cuisses.

      MILILOT.

BADIGEONNER UNE FEMME. La baiser,—en employant le blaireau et la
peinture à la colle que l’on sait.

    Je veux qu’on me paye, moi! je veux qu’on me badigeonne, moi! et
    que l’on me donne des gants.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

BADINAGE (que l’on peut prononcer à l’allemande: _patinage_.) Ce n’est
pas autre chose que la préface de la fouterie elle-même:

    Cessez ce badinage, Henri, ou je sonne pour appeler mes gens, et
    vous faire jeter à la porte.

      PONSON.

    Rions, plaisantons, badinons, mais n’allons pas plus loin.

      HENRI MONNIER.

    On fut obligé de la marier plus tôt qu’on ne pensait, parce qu’en
    badinant avec son accordé, elle devint grosse.

      TALLEMANT DES RÉAUX.

    _Nanon surtout, et c’était grand dommage,
    N’avait encor tâté du badinage._

      GRÉCOURT.

    _Il se servit de l’heure du berger,
    Et commençait l’amoureux badinage._

      LA FONTAINE.

    _De notre amoureux badinage
    Ne gardez pas le témoignage,
    Vous me feriez trop de jaloux._

      PARNY.

BAGASSE. Vieux mot pour désigner une putain:

    ...La plus grande bagasse de la ville.

      BRANTÔME.

    O Dieu! que l’homme est malheureux qui épouse de telles chiennes
    et bagasses.

      TOURNEBU.

BAGATELLE (La). Le plaisir vénérien, la plus sérieuse des occupations
de l’espèce humaine.—L’expression appartient à l’argot des filles qui,
elles, n’attachent aucune importance à l’amour.

    _Si j’effleure, dit-elle,
    L’asphalte du trottoir,
    C’est pour la bagatelle:
    Entrez dans mon boudoir._

      A. MONTÉMONT.

BAGUE. On se sert quelquefois de ce mot pour désigner les parties
naturelles de la femme.

    _Il s’en alla chercher une place éloignée
    Pour enfiler la bague et rembourrer le bas
    De celle qu’il avait choisie pour ses ébats._

      THÉOPHILE.

    _Carvel, j’ai pitié de ton cas.
    Tiens cette bague et ne la lâches;
    Car tandis qu’au doigt tu l’auras,
    Ce que tu crains point ne sera._

      LA FONTAINE.

    ... Du chevalier s’est accusée, qui, comme l’autre, l’avait bien
    baguée.

      (_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

BAGUETTE. Le membre viril, avec lequel on mène les femmes qui ne sont
pas sages en frappant sur leur ventre comme sur un tambour.

    _Dans un coin ell’ tient les baguettes
    Des deux tambours du régiment_

      BÉRANGER.

BAHUT. La nature de la femme, dans laquelle l’homme serre—pour un
instant—sa pine, comme chose précieuse.

    _Dans son bahut je flottais bien au large._

      (_Chanson anonyme moderne._)

BAHUTER LA PINE (Se). Masturber, ou bander fortement.

    _Car nos coursiers, par l’odeur excités,
    Au grand galop se bahutaient la pine
    Et tour à tour inondaient les pavés._

      ANONYME.

BAISER. Verbe excessivement actif, que l’humanité passe son temps à
conjuguer depuis le premier jour du monde, et qu’Adam et Ève savaient
dans tous ses modes avant les conseils libertins du serpent. C’est le
_to leacher_ des Anglais, le _far l’atto venereo_ des Italiens et le
_basiare_ des latins.—Quant à son étymologie, elle est d’une clarté
éblouissante même pour un aveugle. Agnès la devinerait. _Baiser_,
verbe, vient de _Baiser_, substantif, car la conjonction d’en haut
précède toujours la conjonction d’en bas, et il est impossible à une
femme dont les petites lèvres ont été touchées par une bouche, de ne
pas laisser toucher ses grandes lèvres par une pine. De ceci vient
cela, dirait Hugo.

                  _...Et l’homme marié
    Baise tout simplement, quand il peut, sa moitié._

      PROTAT.

            _...Le galant, en effet,
    Crut que par là baiserait la commère._

      LA FONTAINE.

    _Parbleu, qu’un autre la baise.
    J’aime mieux baiser mes sœurs._

      COLLÉ.

    _Chaud de boisson, certain docteur en droit,
    Voulant un jour baiser sa chambrière,
    Fourbit très bien d’abord le bon endroit._

      PIRON.

BAISER À BLANC. Se branler,—ce qui est une façon de baiser sans femme,
quand on est homme, sans homme quand on est femme.

BAISER À LA FLORENTINE. Se dit de deux amants qui, en se donnant l’un
à l’autre des baisers sur la bouche, se lancent tour à tour de petits
coups de langue, pour s’émoustiller mutuellement et jouir en avancement
d’hoirie.

BAISER À LA PAPA. Bourgeoisement, patriarcalement, comme M. Joseph
Prudhomme baise madame Prudhomme, elle sur le dos, et lui sur elle.

BAISER À L’ŒIL. Ne rien payer pour jouir d’une femme galante, comme
font les greluchons.

    _Quand on est jeune on doit baiser à l’œil;
    A soixante ans la chose est chère et rare;
    Aux pauvres vieux l’amour devient avare._

      (_Chanson d’étudiants._)

BAISER À VIT SEC. Ne pas décharger dans la matrice de la femme, qui, à
cause des enfants ou seulement par goût particulier, préfère manger le
poisson sans la sauce.

    _Ainsi, femme qui dit que le vit sec est bon
    Voudrait ôter la sauce et le sel au jambon,
    Ce qu’il est de plus doux en toute la nature
    Et qui donne la vie à toute créature._

      MILILOT.

BAISER EN ÉPICIER. Faire l’amour purement et simplement, comme un
devoir, comme une presque corvée,—et non pas en levrette, non pas à la
paresseuse, non pas de cette façon ou de cette autre, inventée par les
savants et surtout par les savantes, mais à la mode patriarcale: la
femme dessous et l’homme dessus.

    _Quel moyen puis-je employer
    Pour plaire à mon Antoinette?
    Je la baise en épicier...
    Le bougre lui fait minette._

      GUSTAVE NADAUD.

BAISER EN PIGEON. Faire une langue, comme fut baisée—d’abord—la Vierge
Marie.

    Elle me baisa en pigeonne, la langue en bouche.

      BRANTÔME.

BAISER OU FOUTRE À COUILLONS RABATTUS, OU COMME UN DIEU. Avec
énergie, sans songer au mari que l’on cocufie ni aux enfants que l’on
procrée,—comme tous les hommes voudraient bien pouvoir foutre, et comme
toutes les femmes voudraient bien être foutues.

    Et maintenant, gonzesse, que je t’ai foutue à couillons rabattus,
    comme tu n’es pas foutue d’être foutue jamais de ta garce de
    vie.....

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _Les hommes, lorsqu’ils ont foutu
    A double couillon rabattu,
    Se lavent dans une terrine._

      DUMOULIN-DARCY.

    Madame Durut, sentant les approches du suprême bonheur, se livre
    au transport, et s’agitant à l’avenant, s’écrie: Foutre! c’est
    trop de plaisir! il fout comme un Dieu!

      A. DE NERCIAT.

BAISER OU FOUTRE À LA DRAGONNE OU EN MAÇON. Jouir d’une femme
immédiatement, monter sur elle brutalement, sans préliminaires d’aucune
sorte, ni caresses, ni langues, ni pelotage.

BAISER OU FOUTRE À LA PARESSEUSE. Se placer derrière une femme que l’on
veut baiser, couché sur le côté comme elle, entrecroiser mutuellement
les cuisses, insinuer doucement l’outil dans le trou qui l’attend, et
besogner sans effort.

    _Celui dont la pine est mollasse, filandreuse,
    Et lente à décharger, fout à la paresseuse._

      LOUIS PROTAT.

BAISER OU FOUTRE EN AISSELLE. Tirer un coup dans le pli formé par le
dessous du bras et de l’épaule.

    _En aisselle, en tétons, le Turc met son braqmard._

      LOUIS PROTAT.

BAISER OU FOUTRE EN CYGNE. Baiser une femme à la façon de Jupiter Léda,
à genoux et ses jambes sur les épaules.

BAISER OU FOUTRE EN LEVRETTE. Baiser une femme _in more_—du prince de
_Canino_.

    _En levrette est encore un moyen fort joli
    Quand on a sous son ventre un cul ferme et poli._

      LOUIS PROTAT.

BAISER OU FOUTRE EN TÉTONS. Décharger dans cette petite vallée formée
par les deux tétons et qu’on peut rendre aussi étroite qu’on veut en
les rapprochant avec les mains.

BAISER SUR LE POUCE. Tirer un coup précipitamment, là où l’on se
trouve, sur une chaise, sur un meuble, sur une botte de paille, etc.

    Je t’ai baisée sur le pouce, ça ne compte pas: nous
    recommencerons sur le lit, quand ton mari sera à son bureau.

      SEIGNEURGENS.

BAISEUR, BAISEUSE. Synonyme presque décent de _Fouteur_, _fouteuse_.

    _Je ne suis rien qu’un ivrogne,
    Quoiqu’on m’estime baiseur._

      (_Parnasse des Muses._)

    _Point d’éloges incomplets,
    S’écriera cette brunette,
    A moins de douze couplets,
    Au diable une chansonnette!
    Quoi! douze, ou rien? dit un sot.
    Oui, c’est l’humeur de Margot
    Nous t’en promettons treize:
    Viens, Margot, viens qu’on te baise._

      BÉRANGER.

BALADEUSE. Fille de mauvaise vie,—par allusion à la boutique roulante
des marchandes des quatre saisons.

    Elle t’a trahi sans te trahir. C’est une baladeuse, et voilà
    tout.

      GÉRARD DE NERVAL.

BALANCE DE BOUCHER. Fille publique,—parce qu’elle pèse toutes sortes
de viandes, des quéquettes de jouvenceaux, des courtes de maçons, des
pines d’Auvergnats et des vits de maquereaux.

BALANCER LE CHINOIS (Se). Jouer avec son membre pour jouir, le faire
dodeliner de la tête, comme un poussah, jusqu’à ce que, l’érection
arrivant, il se tienne roide comme la justice et pleure silencieusement
toutes les larmes de son œil unique.

BALANCER SA LARGUE. Se débarrasser de sa maîtresse,—dans l’argot des
filles et des maquereaux.

BALANCER UNE FEMME. La renvoyer comme Abraham Agar, soit parce qu’elle
devient gênante, soit parce qu’elle est trop libertine.

    Elle m’a traité de mufle.—Alors, il faut la balancer.

      CHARLES MONSELET.

BALANCER UN HOMME. Le quitter, soit parce qu’il ne vous donne pas assez
d’argent, soit parce qu’il vous ennuie.

    _Toujours d’avance exigeras
    Qu’il fasse tinter son argent;
    Sinon tu le balanceras...
    On ne vit pas de l’air du temps_

      (_Parnasse satyrique._)

BALANÇOIRES. Simagrées que fait une fille qui ne veut pas être baisée,
mais qui veut bien être payée; promesses de jouissances qu’elle fait au
miché racolé par elle.

    _Car je connais ces balançoires,
              Je suis roublard,
    Et j’ pourrais écrir’ les mémoires
              Du lupanar._

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

BALAYER SES ENFANTS. Enlever avec un balai ou avec un torchon les
gouttes de sperme qu’on a laissées tomber sur le parquet en se branlant
ou en baisant une femme sur une chaise.

BALCON (Faire le). Moyen ingénieux employé par les filles pour faire
savoir à leurs abonnés qu’elles sont visibles:—il leur suffit de mettre
au balcon une chaise sur laquelle sera déposée une chemise ou une jupe
commencée... puis de retirer le tout quand le client est entré.

    Je vous dis que vous faites la fenêtre; on vous a vue au
    _balcon_.

    —Ah! M. le commissaire, comme on vous a trompé: je ne vais jamais
    à ce _bal là_.

      J. CH.

BALLES. Les testicules, à cause de leur forme: c’est avec eux qu’on
fusille les femmes—à bout portant.

BALLON (Avoir du). Se dit d’une femme qui a des fesses énormes,
naturelles ou artificielles, comme en ont aujourd’hui, grâce à la
crinoline, les Parisiennes, élégantes Vénus hottentotes.

BALLOCHES. Les testicules.—Ce mot vient, soit du verbe

_ballocher_—qui, en argot, veut dire _tripoter_—soit du fruit du
Bélocier, qui portait autrefois le même nom, ou à peu près le même
nom, et qui présente en effet une certaine analogie avec la forme des
couilles.

    Un médisant dit que l’abbé auquel elle vouloit boire,—qui,
    à la vérité, avait en ses jeunes ans perdu ses deux témoins
    instrumentaires... en descendant d’un bellocier, c’est un prunier
    sauvage,—s’appelait monsieur de _Non Sunt_.

      (_Contes d’Eutrapel._)

BALLOTTES (Les). Les testicules, petites balles avec lesquelles les
femmes aiment à jouer et à jouir; quelquefois les tétons des femmes ou
le maniement de cul, tétons, etc.

    Elle lui met la main sur les ballottes qu’il a au-dessous de cet
    engin et les soulève mignardement en les passant et repassant
    doucement entre les doigts.

      MILILOT.

    Les deux tétons, jolies ballottes du plaisir.

      (_Moyen de parvenir._)

    Ils virent en leur présence ballotter leurs femmes sans y pouvoir
    apporter aucun remède.

      (_Les Caquets de l’accouchée._)

BANDER. Être en érection, avoir envie de baiser une femme lorsqu’on
est homme, ou un homme lorsqu’on est pédéraste. C’est l’_arrigere_
(relever, hausser, dresser) des Latins.

    _Qu’on le passe aux verges,
    Dit Vénus à part;
    Qu’il soit de ma bande
    Banni sans retour:
    Jamais il ne bande._

      (_Les Archers de l’Amour._)

    Y bande encore... est-y gentil!

      HENRY MONNIER.

    _Tout vis-à-vis,
    Je rends des vits
    Toujours bandants._

      COLLÉ.

—On a étendu la signification de ce mot, purement vénérienne, et on
s’en sert maintenant au propre et au figuré: au propre, comme il vient
d’être dit; au figuré, pour indiquer la violente envie qu’on a d’une
chose.

Ainsi Mirabeau, voulant peindre la pusillanimité du duc d’Orléans,
qui voulait et n’osait pas être criminel, dit: «Ce d’Orléans est un
Jean-Foutre qui toujours bande le crime et n’ose le décharger. _Ignavum
equidem fateor qui continuo erigit scelus et nunquam ejaculari ausus
est.»_

BANDER (Faire). Provoquer l’érection de l’homme par des discours
libertins ou par des attouchements autour des parties sexuelles.

    _L’air est plein d’odeurs spermatiques
    Qui font bander les plus usés,
    Et font sortir de leurs boutiques
    Les bourgeois les plus empesés._

      (_Parnasse satyrique._)

BANDE-À-L’AISE. Homme qui n’est que médiocrement porté par son
tempérament vers les choses de la fouterie, et qui bande plus
volontiers avec son cerveau qu’avec son membre—comme la plupart des
écrivains.

        _Qu’on me baise,
      Mon con, Nicaise,
    Se présente à toi...;
        Viens, bande-à-l’aise,
      Vite, mets-le-moi._

      PIRON.

    _Monsieur dit des bons mots souvent,
    Mais monsieur bande rarement;
    Monsieur a de l’esprit: j’en suis
        Bien aise, bien aise,
    Mais comme la peste, je fuis
        Un bande-à-l’aise!_

      COLLÉ.

BANDER COMME UN CARME. Bander très fort, comme savaient bander jadis
les carmes, chaux ou déchaux,—chauds surtout,—grâce à la continence
qu’ils étaient forcés d’observer.

BANDER DE LA GORGE. Se dit d’une femme dont les seins se durcissent et
se dressent sous l’impression du désir ou du plaisir.

BANDER SON ARC. Bander,—le membre viril étant pris pour flèche et la
nature de la femme pour cible.

    _Alors, bandant mon arc sous un autre balcon,
    Je ne daignerai plus, vers le but de ton con,
            Lancer la flèche de ma pine._

      EMMANUEL DES ESSARTS.

BANDOCHER. Avoir des velléités d’érection; n’être pas en train; bander
faiblement, difficilement.

    ... Elle recréait son impotente lubricité en lui chatouillant le
    scrotum et les testicules, ce qui le faisait bandocher.

      (_Anti-Justine_, p. 123.)

BAQUET. La nature de la femme dans laquelle l’homme décharge ses
ordures liquides:

    ... Dans le baquet desquelles il eût volontiers lavé son vit.

      (_Contes de la reine de Navarre._)

BARATTER. Baiser une femme, parce que, dans l’action amoureuse, la pine
de l’homme, en allant et en venant dans le con de la femme, où il a
déjà déchargé, a l’air de battre du lait dans une baratte et de faire
du beurre. Ce n’est pas du beurre qu’il fait, en barattant ainsi, c’est
du fromage.

BARBE DE LA FEMME (La). Les poils de sa motte,—qu’elle se garde bien de
couper et encore moins d’épiler, à l’exemple des femmes d’Orient:

    _Sur ta laine annelée et fine
    Que l’art toujours voulut raser;
    O douce barbe féminine!
    Reçois mon vers comme un baiser._

      TH. GAUTIER.

BARBEAU. Souteneur de filles; membre de la grande famille des
maquereaux—qui n’a rien de commun, que le nom, avec la grande famille
des scombéroïdes.

    _Pègr’ et barbeaux, aboulez au Sauvage,
    Et sans traquer livrez-vous au plaisir;
    On aurait tort de vouloir être sage,
    Puisqu’après tout, on sait qu’il faut roidir._

      A. DUMOULIN.

BARBILLON. Souteneur de filles; homme qui vend sa protection aux
putains.—Du moment qu’il a été convenu qu’on appellerait ces drôles-là
_maquereaux_, comme le maquereau est un poisson, on les a appelés aussi
d’autres noms de poissons: on les a même appelés _poissons_ purement et
simplement.

    _Quoi! pour aller danser, ma chère,
    Tu abandonnes le persil,
    Et de ton barbillon de père,
    Tu ne conserves aucun souci._

      A. DUMOULIN.

BARDACHE. Pédéraste actif ou passif, au choix—des autres.

    C’est là un cul de châtré ou de bardache, si jamais il y en a eu.

      LA POPELINIÈRE.

    _Le capitan était bardache.
    Godefroy, seigneur de Bouillon,
    L’encula dans une patache._

      B. DE MAURICE.

BAS (Le). La nature de la femme, à cause de sa situation.

    Gargamelle commença à se porter mal du bas.

      RABELAIS.

    Elle s’accointa de l’un des clercs, lequel par aventure lui
    mettait l’intelligence de ces mots en la tête par le bas.

      BONAVENTURE DESPERRIERS.

BASSIN. La nature de la femme, dans laquelle le membre viril nage trop
souvent.

    J’eusse voulu toujours fouiller dans votre bassin.

      TABARIN.

BATAILLE. Sous-entendu _amoureuse_. L’acte vénérien, d’où nous sortons
lassés, mais non rassasiés; vaincus faute de munitions, mais non
dégoûtés.—On dit aussi: _Jouer à la bataille_.

    La lance au poing il lui présente la bataille.

      (_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

    _Lors s’écrie en riant: Je vois en ce réduit
                        Un lit,
            Qui servira toute la nuit
            De champ à sanglante bataille._

      LA FONTAINE.

BATAILLE DE JÉSUITES, CINQ CONTRE UN (Faire la). Se masturber, les
jésuites ayant inventé le plaisir solitaire—après Onan.

BÂTER L’ÂNE. Faire l’acte vénérien.—L’expression date probablement du
conte de La Fontaine, le _Bât_,—imité de Béroalde de Verville.

BÂTI. Membré convenablement: se dit en parlant d’un homme qui a tout ce
qu’il faut pour faire jouir une femme.

    _La résistance est nulle, ou très légère;
    Tu vois pourtant comme je suis bâti._

      PARNY.

BÂTON. Le membre viril, à cause de ses fréquentes érections qui lui
donnent la dureté du bois—dont on fait les cocus. Les femmes s’appuient
si fort dessus qu’elles finissent par le casser.

    _Vous connaissez, j’en suis certaine,
    Derrière un petit bois touffu,
    Dans le département de l’Aisne,
    Le village de Confoutu.
    Par suite d’un ancien usage
    Qui remonte au premier humain,
    Tout homme y fait pèlerinage,
    La gourde et le bâton en main._

      EUGÈNE VACHETTE.

BÂTON (Faire). Bander.

    Le temps... où la première guenon venue qui me mettait la main
    dessus me f’sait faire bâton pendant quinze jours.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _J’crois ben qu’ la seul’ médecine
    Qui pourrait m’ guérir tout d’ bon
    Et m’empêcher d’fair’ bâton,
    Ce s’rait d’ fair’ sombrer ma pine,
    Capitain’, dans un pied d’ con._

      G. DE LA LANDELLE.

BÂTON À UN BOUT. Le membre viril,—le seul bâton qui n’ait qu’un bout,
en effet.

    C’est le bâton à un bout qui me pend entre les jambes.

      RABELAIS.

BÂTON DE SUCRE DE POMME (Le). Le membre viril,—à cause de sa forme,
de sa longueur et du goût sucré qu’il a en fondant de plaisir dans la
bouche de la femme qui le suce.

    _Fillettes, qui mourez d’ennui
    Et languissez dans la retraite,
    Pour mieux dormir toute la nuit,
    Il faut employer ma recette:
    Si vous désirez un amant,
    Si tout bas votre cœur le nomme,
    A vos maux il faut un calmant...
    Prenez bien vite, mon enfant,
    Un bâton de sucre de pomme._

      DUMOULIN-DARCY.

BÂTON PASTORAL. Le membre viril,—avec lequel nous conduisons des
troupeaux de femmes au bonheur.

    Le simple maniement volontaire d’une main blanche et délicate qui
    se promène autour de leur bâton pastoral, est suffisant pour leur
    expliquer tous les mouvements du cœur de leur dame.

      MILILOT.

    Il lui montre son bâton pastoral tout rougeâtre et enflé.

      NOEL DU FAIL.

BATTRE LE BEURRE. Introduire son engin dans un vagin un peu gras et l’y
agiter avec énergie comme dans une baratte.

    _D’un moule à merde il fait un moule à pine
    Et bat le beurre au milieu d’un étron._

      (_Parnasse satyrique XIXe siècle._)

BATTRE SA FLÈME. Courir le guilledou, aller dans les quartiers où la
femme donne le plus.

    Eh bien! puisque je suis en train de battre ma flème, je vais
    connaître cette maison.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

BATTRE SON QUART. Se dit des filles de bordel, qui descendent à tour de
rôle, pendant un quart d’heure ou une demi-heure, sur le trottoir, où
elles raccrochent les passants.

    Dorante, en se promenant devant la maison au grand numéro, croise
    Sylvia, qui bat son quart.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

BATTRE UN BAN AU MICHÉ. Le préparer à la jouissance suprême par des
attouchements habiles et souvent répétés.

    _Je sais attacher un ruban
    Selon la grosseur d’une pine;
    Au miché je sais battre un ban,
    Je sais tortiller de l’échine._

      (_Parnasse satyrique._)

BAUDE (La). La vérole,—dans l’argot des voleurs, qui se rapproche
plus qu’on ne croit du vieux langage, puisqu’on trouve dans
Eutrapel: «Je cuidai avoir le _baut_, c’est-à-dire avoir gagné le mal
padouan.»—_Baude_ ne serait-il pas une syncope de _ribaude_?

BAUDRUCHE. Pellicule de boyau de mouton, que l’on neutralise pour en
faire des _choses_ très utiles:—des capotes anglaises.

      V. MILLAN.

BAUME DE VIE (_ou de vit_). La semence de l’homme,—que donne le _vit_
et qui donne la _vie_.

    C’était pour me procurer mille morts délicieuses, qu’il ménageait
    avec art ce baume précieux qui donne la vie.

      (_Félicia._)

BAZAR. Bordel,—qui est en effet un endroit où l’on expose la femme
comme marchandise.

    Je suis la patronne de ce bazar, la mère de dix-huit petites
    dames.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

BEAU CORPS (Elle a un). Se dit de toute femme laide de visage, quand
on veut s’excuser d’avoir couché avec elle une fois ou d’y coucher tous
les jours.

BEAUTÉ VÉNALE. Femme qui fait métier et marchandise de ce qu’elle
devrait donner pour rien,—l’homme, après tout, ne faisant pas payer les
services de sa pine, qui valent bien ceux du con.

    _O vous, vénales beautés
    A l’humeur aventurière,
    Vainement vous présentez
    Le devant ou le derrière
          A l’abbé
        La Bédollière,
            L’abbé
      Qui sera flambé._

      EMILE DE LA BÉDOLLIÈRE.

BEAUTÉS OCCIDENTALES. Les fesses d’une femme, dont les tétons sont les
beautés orientales.

BEAUTÉS POSTÉRIEURES. Les fesses.

    Le grand camarade, tourmenté de ses désirs, se mettait
    préalablement au fait des beautés postérieures de la soubrette...
    et cherchait à s’établir en levrette, mais de petits coups de cul
    le dénichaient comme sans dessein.

      (_Mon noviciat._)

BÉBÉ. Nom d’amitié que les filles donnent depuis quelques années aux
hommes avec qui elles baisent,—maquereaux ou michés.

    Théodore, c’est mon bébé; M. Martin, c’est mon monsieur.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    _Un mot dont on nous favorise,
    Mot aux nourrices dérobé,
    C’est, aurait-on la barbe grise:
    —Comment ça va? Bonjour, bébé._

      FR. DE COURCY.

BÉCOT (Donner un). Baiser la tête d’un vit comme on baise le bec d’une
clarinette. Cette aimable action ne faisant aucun bruit, on peut aller
longtemps: d’abord _moderato_, puis _allegretto_, _vivace_..... chaque
pause vaut un soupir.

    _Et quand je lui donne un bécot,
        Comme il lève la tête,
              Jacquot!_

      AL. DALÈS.

BÉCOTTER. Donner des bécots.

            _Petit bossu
            Noir et tortu,
          Qui me bécottes
        Et fripes mes cottes;
    Petit bossu, noir et tortu,
    De me baiser, finiras-tu?_

      BÉRANGER.

BÉGUIN (Avoir un). Avoir envie de coucher avec un homme lorsqu’on est
femme, avec une femme lorsqu’on est homme.

    Ah! je ne sais pas quand il se passera, mais j’ai un fier béguin
    pour toi, va!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

BELINER. Faire l’acte vénérien, l’acte bestial par
excellence,—_belluinus_.

BELLE EN CUISSES. Galanterie que les gens du peuple adressent
volontiers à une femme—dont ils n’ont pas encore relevé la robe.

    J’ prendrais bien quéque chose, moi... Et toi, la belle en
    cuisses?

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

BELLE ENFANT. Nom que l’on donne à une jolie fille, tant qu’elle est en
âge de faire _l’enfant_, ou de faire _un enfant_.

        _Ma belle enfant!_

    Cette expression se trouve dans tous les drames possibles et
    impossibles, depuis la _Pie voleuse_, jusqu’à la _Grâce de
    Dieu_, etc., etc. Dans cette dernière pièce, elle s’adresse à
    mademoiselle Clarisse Miroy, qui a 46 ans et est grosse comme
    mademoiselle Georges:—_La belle enfant!_

BELLE SOUS LE LINGE (Être). Ne rien perdre de ses séductions en se
mettant nue devant un homme qui vous a trouvée belle habillée.

    Il y avait à côté de son nom: bonne créature, assez belle sous le
    linge, mais gauche et sans mouvement.

      LA POPELINIÈRE.

BELUTER. Faire l’acte copulatif, pendant lequel on remue
beaucoup,—_volutare_.

BÉNIR DES PIEDS. Se dit des spasmes amoureux, pendant lesquels l’homme
et la femme gigotent des jambes, comme s’ils voulaient envoyer leur
bénédiction _urbi et orbi_.

BÉNITIER. La nature de la femme, que nous emplissons de sperme
bénit—par elle.

    _Je crois bien que notre gros vicaire
    Aura mis le doigt au bénitier._

      BÉRANGER.

            _... Aussi, ma foi,
       Laissez-moi mettre un doigt
    Au bénitier de ma belle Lise._

      EMM. DELORME.

BÉQUILLE DU PÈRE BARNABA (La). Le membre viril de tous les hommes, sur
lequel s’appuient si volontiers toutes les femmes. Expression employée
dès l’époque de la régence dans de nombreuses chansons.

    _J’ai perdu ma béquille,
    S’écriait Barnaba;
    Quelle est l’honnête fille
    Qui la rapportera?_

      COLLÉ.

    _Marc une béquille avoit
    Faite en fourche, et de manière
    Qu’à la fois elle trouvoit
    L’œillet et la boutonnière._

      GRÉCOURT.

BERLINGOT. Le membre viril.

BESACE. Tétons flasques et pendants, comme une besace dont les toiles
se touchent; ou bien le ventre d’une fille enceinte.

      _Finalement, v’là Boniface
      Qui s’ présente et veut m’épouser:
      Comme il faut qu’ chacun port’ sa b’sace,
      Je m’ promets bien d’ l’utiliser.
    Un mal de cœur, suit’ d’un’ scène amoureuse,
    Rendit bientôt ma position chanceuse..._

      PH. VIONET.

BESOGNE. L’acte vénérien, que nous accomplissons sans douleur—mais non
sans fatigue. C’est ce que Fourier appelle le _travail attrayant_.

    Quand ils ont bien travaillé et qu’ils sont saouls de la besogne.

      TABARIN.

    _De le faire cent coups, voire à beau cul levé,
    Avec votre Brillant, qui besogne en crevé._

      TROTTEREL.

        _La belle en train de bien apprendre,
      Serrait Lucas, qui, las de besogner,
    Par un air abattu lui fit assez comprendre
        Qu’on ne peut toujours enseigner._

      VIDA.

BESTIALITÉ. Crime honteux que l’on commet avec une bête.

    «Rien ne fut plus commun au moyen-âge que ce crime que l’on
    punissait de mort quand il était patent et confirmé par le
    tribunal.—Les registres du Parlement sont remplis de ces
    malheureux qu’on brûlait avec leur chien, avec leur chèvre,
    avec leur vache, avec leur pourceau, avec leur oie!—On aurait
    volontiers pardonné à la bête plutôt qu’à l’homme; mais on
    la tuait de peur qu’elle ne vint à engendrer un monstrueux
    assemblage de la bête et de l’homme.»

      PIERRE DUFOUR.

    La lutte s’engage, les coups se portent, la bête devient l’égale
    de l’homme, Sainte est embestialisée... ensinginée.

      ALFRED DE MUSSET. (_Gamiani._)

BÊTE (La). La femme,—après l’homme.

    _Le plus sot animal, à mon avis, c’est l’homme._

      BOILEAU.

        _Si je veux croire les railleurs,
      Elle a fort peu de cheveux à la tête;
    Les sujets qu’on en dit ne sont pas des meilleurs;
    Ce n’est pas bien l’endroit par où j’ai vu la bête,
    Mais elle en a beaucoup ailleurs
    Où elle est souvent arrosée
    Par la plus douce des liqueurs._

      (_Le Zombi du grand Pérou._)

    _Ciel! poursuit-il, quand est-ce qu’on
    Pourra désabuser le monde
    De foutre ces bêtes à con
    Des animaux le plus immonde._

      COLLÉ.

BÊTE À DEUX DOS (Faire la). Faire l’acte vénérien, pendant lequel les
deux fouteurs, collés ensemble par le ventre, ont l’air de n’avoir que
des dos.—L’expression a de l’usage. Coquillart s’en est servi, Rabelais
après lui, et, après Rabelais, Shakespeare—dans la première scène
d’_Othello_:

    Your daughter and the Moor are now making _the beast with two
    backs_...

On s’en sert toujours avec avantage dans la conversation.

BÊTISES (Dire des). Tenir des propos gaillards, qui font rougir—et
godiller—les dames.

BÊTISES (Faire des). Patiner une femme, peloter un homme; baiser;
sodomiser.

    Sois bien sage et bien raisonnable, mais pas trop cochon; si nous
    voulons, nous ferons des bêtises.

      H. MONNIER.

    _Lors le prélat, relevant son étole,
    Après m’avoir caressé le menton,
    M’ fit des bêtis’s au pied du Capitole:
    J’ai, mes amis, toujours été cochon._

      (_Parnasse satyrique._)

BIBI. Jouvenceau, mignon qui sert aux plaisirs libertins des
vieillards—le _giton_ du Satyricon, le _Ganymède_ de Jupiter,
l’_officiosus_ des bains publics, à Rome;—ou mignon de dame.

BIBITE. Le membre viril—quand il n’est plus ou quand il n’est pas
encore assez viril.

    _Ta pine n’est plus qu’une humble bibite
    Indigne d’entrer dans mon entonnoir._

      ANONYME.

              ... _Il est appelé...
    La bibite au petit par la bonne d’enfant._

      LOUIS PROTAT.

BICHETTE. Le membre viril,—ou plutôt, pour lui restituer son véritable
sexe, la pine.—Cette expression, maintenant répandue à Paris,
appartient à Nadar, à qui l’on prête des conversations intimes avec
Mlle Bichette. Un couplet d’Alexandre Pothey la consacre:

    _Avis aux dam’s! qu’on se le dise!
    Nadar a l’ sac, et pour de bon!
    Le Monstre Vert, Frisette, Élise,
    Jusqu’à l’antique Pavillon,
    Pour célébrer ce jour de fête,
    S’en vont fair’ la cour à Bichette!
    D’être avalée elle a le trac!
              Nadar a l’ sac!_

BICHON. Jeune homme qui sert aux plaisirs d’un homme mûr. C’est le
giton moderne.—C’est aussi l’amant de cœur, le petit chien complaisant
des femmes qui aiment à se faire _bichonner_, c’est-à-dire, lécher le
cul.

BIDAULT. Vieux mot hors d’usage employé dans un sens obscène pour
désigner:

1º Le membre viril.

    Celle-là vouloit bien avoir de vous autre chose que le bidault.

      P. DE LARIVEY.

2º La nature de la femme.

    _Si j’avois vu votre bidault,
    Je serois guéri, ce me semble,
    Mais pour voir un peu s’il ressemble
    A celui de ma ménagère._

      (_Farces et Moralités._)

BIDET. 1º Cuvette de forme ovale, ordinairement enchâssée dans un
tabouret de même forme, au-dessus de laquelle la femme se place à
califourchon pour se laver—après le coït.—Ce meuble indispensable,
essentiel, était connu des Romains, qui se lavaient _post rem veneream,
et quasi religiose_. Sa forme était à peu près la même qu’aujourd’hui.

    _Des coups de Pincecul, quelques coups de bidet,
    Enlèveront bientôt, et la trace, et l’effet._

      LOUIS PROTAT.

    _Femme prudente se sauve,
    A dada sur son bidet._

      A. JACQUEMART.

2º Le membre viril, dada que les femmes enfourchent pour aller au
bonheur.

    _Il est d’une vigueur que rien ne peut abattre
            Que ce drôle était bien mon fait!
    Trois fois sans débrider il poussa son bidet._

      (_Les Plaisirs du cloître._)

      _A dada, à dada,
    A dada sur mon bidet._

      JACQUEMART.

    _Il la jeta d’abord sur sa couchette,
    Lui présenta son pétulant bidet._

      (_Le Cosmopolite._)

    _Chaque père en voyant cette jeune fillette,
    Sent son bidet tout prêt à rompre sa gourmette._

      PIRON.

BIEN SERVIR UN HOMME. Le faire bien jouir par des mouvements de croupe
habiles et par toutes les fioritures amoureuses connues des femmes
savantes.

    _Les dames de nos bourgeois,
    Et j’en eus vingt dans un mois,
    M’auraient mieux servi cent fois._

      BÉRANGER.

BIGARREAU ROUGE (Le). Le gland, lorsqu’il n’est plus recouvert par la
peau du prépuce et qu’il montre aux regards des jeunes filles sa tête
chauve, source de volupté pour elles.

    A force de se bander comme je dis, il y a une peau vers le haut
    qui se retire contre le ventre et découvre une tête qui est faite
    comme un gros bigarreau rouge.

      MILILOT.

BIJOU. La nature de la femme, pour l’homme; le membre viril, pour la
femme,—deux choses précieuses.

    _Qu’il soit pauvre, avare ou brutal,
    Un père au moins donne à sa fille
    Pour en jouir, soit bien, soit mal,
    Un petit bijou de famille._

      E. DEBRAUX.

        _Non, je l’avoue; aussi je te rends grâce,
    Lui dit-il, en tirant un vigoureux bijou._

      VADÉ.

    _Répondez-moi, tendres amis des dames,
    Si vous me manquiez du plus beau des bijoux,
    Par quels moyens, hélas! leur plairiez-vous?_

      E. T. SIMON.

BIJOU ARTIFICIEL. Phallus de cuir,—_vulgo_ godemiché.

    _J’ai des bijoux artificiels
        D’une forte structure
    Qui, dans les cons superficiels
        Remplacent la nature._

      (_Chansons anonymes modernes._)

    _Certain bijou, qui d’un sexe chéri
    Offre l’image et le trait favori,
    Sert de Zoé la langueur amoureuse._

      PARNY.

BISCOTTER UNE FEMME. La baiser, acte pendant lequel on se remue
fortement,—de l’italien _scuotere_, étymologie tirée par les poils.

    Il aimait mieux dépuceler cent filles que biscotter une veuve.

      RABELAIS.

    _Lucrèce fait bien de la sotte
    Et ne veut pas qu’on la biscotte._

      THÉOPHILE.

    C’est celui à qui l’on biscotte la femme.

      NOEL DU FAIL.

BISSAC. La nature de la femme, qu’elle tend si fréquemment à l’homme,
pour qu’il l’emplisse—de sperme.

    _Le texte dit que foullando,
    En foulant et fesant zic, zac,
    Le galant se trouve au bissac._

      (_Ancien Théâtre français._)

      _Après cinq ou six bons mots
    Fait entrer Genfrey au bissac._

      (_Farces et Moralités._)

BISTOQUER. Vieux mot hors d’usage, signifiant se servir du bistoquet,
espèce de queue de billard, employé dans un sens obscène pour faire
l’acte vénérien.

    _Notre mignon lui répondit
    Que deux fois l’avait bistoquée._

      (_Recueil de poésies françaises._)

    _Mais au moins, dites-moi, l’a-t-il point bistoquée?_

      P. DE LARIVEY.

BISTOQUETTE. La pine.

    _Savez-vous, bons citadins,
    Ce que le dieu des jardins
    A bien plus gros que la tête?
            Turlurette,
        C’est la bistoquette._

      LOUIS FESTEAU.

BLAGUES À TABAC. Se dit des tétons qui ne se tiennent pas assez.

    _Ceux qui disent que les tétons
    Flottent au vent comme des vagues,
    Suzanne, sont des polissons:
    On voit bien que ce sont des blagues._

      ANONYME.

BLANCHISSEUSE DE TUYAUX DE PIPE. Fille ou femme galante qui, d’une
_pipe_ en terre rouge, fait en un tour de cul ou de main une _pipe_ en
écume.

BLONDE. Maîtresse,—quelle que soit la couleur de ses cheveux ou de son
poil.

        _Puissé-je...
    Cramper dans le cul
        De ma blonde!_

      EMILE DEBRAUX.

BLONDIN. Séducteur, quelle que soit la couleur de ses cheveux.

          _L’autr’ jour, en rentrant chez moi,
          J’ trouv’ la clé dans la serrure...
    J’entre et j’ vois ma femm’ près d’un grand blondin,
    Tout autre aurait pris la mouche soudain..._

      J. E. AUBRY.

    _De certain blondin la binette
    Me faisait mazurker le cœur._

      S. TOSTAIN.

BLOUSE. La nature de la femme, qui, au jeu de billard amoureux, reçoit
les deux billes de l’homme—avec la queue.

    _Que je voudrais avoir aussitôt un écu,
    Voire deux, voire trois, dans ma pauvre fouillouse,
    Comme on a mis de coups dedans votre belouse._

      TROTTEREL.

BOBOSSE. Entreteneur, miché sérieux.

    _Mais parlez-moi d’ ces vieux bobosses
    Qui sans façon vous font présent
    D’une guimbarde et de deux rosses:
            C’est du nanan._

      ÉMILE DEBRAUX.

BOC, BOCAN, BOUCAN ou BOCARD. Bordel,—dans l’argot militaire ou
populaire.—Voir aussi BOXON et BOUSIN.

    _Le meilleur bocan du Marais
    Devient presque une solitude._

      CYRANO DE BERGERAC.

    _Chez la grosse Cateau, vas-tu donc au bocan?_

      LA FONTAINE.

BOIRE AU GOULOT. Sucer un homme.

    _Mais, grossier comme un matelot,
    Par le rustre je fus forcée
    De boire à même le goulot._

      MARCILLAC.

BOIRE DANS LE MÊME VERRE. Baiser à plusieurs la même femme,—qui
heureusement a le soin de se rincer après que chacun de ses amants a
bu.

BOIRE SEUL. Se masturber, ce qui est jouir en égoïste, sans trinquer
avec un vagin.

    V’là que j’bande... Ah! n’ craignez rien... J’ n’ai jamais eu c’
    défaut-là... Un Français ne... boit... jamais seul...

      TISSERAND.

BOIRE UN COUP. Gamahucher une femme après l’avoir baisée, pour se
préparer au second coup. La femme ne s’étant pas lavée, on est obligé
d’ingurgiter le résultat de la première émission. Ce qui est _rentrer
dans son bien_... avec intérêts. Voici à ce sujet une anecdote qui
explique la chose:

    M. Z., couché avec une actrice de la Comédie-Française,
    Mademoiselle X, avait déjà, courant la poste, fait une course...
    féconde. La fantaisie lui vint de gamahucher. Il invita donc
    la dame à passer au lavabo. Celle-ci, craignant le froid, ou ne
    tenant au sacrifice que pour plaire au sacrificateur, ne daigna
    pas se déranger, et, parodiant un vieux proverbe, elle s’écria en
    riant:

    «Ah! bah!... quand le _coup_ est _tiré_, il faut _le boire_!»

BOÎTE. Sous-entendu: à jouissance, ou bien encore, boîte à pines. Fille
publique.

BONDON. Employé dans un sens obscène pour désigner le membre viril.

    A peine sont-elles aussi grandes qu’un tonneau qu’elles veulent
    avoir le bondon.

      TABARIN.

    _C’est mon tonneau, j’en porte le bondon._

      VOLTAIRE.

BONHEUR. ALLER AU BONHEUR. Employé dans un sens obscène pour désigner
l’acte vénérien.

    Il ne répondit aux reproches qu’on lui faisait qu’en achevant son
    bonheur.

      DIDEROT.

BONNEAU. Homme serviable qui se charge—moyennant finance—d’aplanir les
difficultés que pourraient éprouver à se rencontrer une femme mariée et
son amant. Son obligeance va même jusqu’à procurer des amants à celles
et des maîtresses à ceux qui en désirent.

BONNE ENFANT (Être). C’est, pour une putain, se prêter à tous les
caprices libertins de l’homme qu’elle a raccroché.

    _Déboutonn’-toi, tu verras comme
    J’ s’rai bonne enfant: j’ t’amus’rai bien._

      HENRY MONNIER.

BONNES FORTUNES. Coups qu’un homme tire avec le sexe: autant de femmes,
autant de bonnes fortunes.

    Une jeune fille dira sans rougir, d’un jeune homme:—Il a eu tant
    de bonnes fortunes.—Mais elle se croirait déshonorée si elle
    disait de lui:—Il a foutu tant de femmes. Et pourtant, c’est
    exactement la même chose.

      A. FRANÇOIS.

    _Chacun rencontre sa chacune,
    Nul ne fut sans bonne fortune._

      VOITURE.

BONNET ou BONNET À POIL. La nature de la femme, que l’homme place sur
la tête de son priape à la grande satisfaction de celui-ci. Il y a des
bonnets pour toutes les têtes et des têtes pour tous les bonnets.

    _Ma Lisa, ma Lisa, tiens bien ton bonnet._

      E. DEBRAUX.

    _Tu vas me dire, je le gage,
    Que la chaleur de ton bonnet
    Fera transpirer son... visage_

      GUILLEMÉ.

    _Un bonnet à poil, je te jure,
    Aujourd’hui ferait son bonheur;
    Pour faire admirer sa tournure,
    Coiffe mon petit voltigeur._

      GUILLEMÉ.

      _Mon ourson ne servit plus guère;
      Car, comm’ disait notre aumônier:
          J’ connais c’ pays qu’on prône,
          Novi, Florence, Ancône;
        Mais l’Italien, peu guerrier,
    Rarement coiffe—un bonnet d’ guernadier._

      HENRI SIMON.

BONTÉS. Coups tirés avec un homme. Expression chaste, sens obscène.

    Vous êtes un ingrat: je regrette d’avoir eu des bontés pour vous,
    et de vous avoir ainsi donné le droit de me mépriser.

      J. DU BOYS.

BORDEL. Couvent de femmes qui ont fait vœu de lubricité. C’est le
_ganea_ (γάνος, joie) des Anciens, ordinairement situé loin de la
ville, et la _Borde_ (petite maison) des Modernes, située aussi dans la
campagne, loin des regards indiscrets.

    L’on envoie sa conscience au bordel, et l’on tient sa contenance
    en règle.

      P. CHARRON.

    _Misérable Philis, veux-tu vivre toujours
    Un pied dans le bordel, l’autre dans la taverne?_

      MAYNARD.

              _Cependant vengeons-nous
    Sur la grosse Cateau, qui tient bordel infâme._

      LA FONTAINE.

BORDEL AMBULANT. Fiacre, dont les stores baissés permettent aux
amoureux, qui l’ont pris à l’heure pour aller plus doucement, de faire
leurs petites affaires de cul.

BORDELIER ou BORDELIÈRE. Homme ou femme qui hante les bordels.

BOSSOIRS (Les). Les tétons, par allusion aux deux grosses pièces de
bois qui servent à suspendre et à hisser les ancres d’un navire et
qui font saillie au-dessus de l’éperon, à l’avant.—D’où cette facétie
libertine: «Les bossoirs (beaux soirs) font les belles nuits.»

    _Rembarque-moi ces bossoirs,
    Quoi qu’ tu fais d’ ces morceaux d’ tripe?_

      (_Parnasse satyrique._)

BOTTE FLORENTINE. Enculage d’un homme ou d’une femme,—par allusion
aux habitudes pédérastiques, vraies ou supposées, des habitants de
Florence, une façon de Sodome.

    Peut-être aussi le plus bizarre de tous les goûts pour une
    femme... fait-il qu’elle ne prend aucune précaution contre la
    botte florentine qui pourrait la menacer.

      (_Les Aphrodites._)

BOUCHE D’EN BAS (La). La nature de la femme,—si éloquente dans son
langage muet.

    D’autres femmes y a-t-il, qui ont la bouche de là si pâle, qu’on
    dirait qu’elles y ont la fièvre.

      BRANTÔME.

    _Pour récompenser mon mérite,
    Arrachant les dents bien à point,
    Permettez que je vous visite
    Votre bouche qui n’en a point._

      (_Cabinet satyrique._)

BOUCHE IMPURE (La). Le trou du cul,—qui parle plus souvent qu’on ne
voudrait, et dont le langage n’est en odeur de sainteté qu’auprès des
pédérastes.

    Déjà le comte, dans un moment de délire assaisonné des
    exclamations les plus passionnées, est allé jusqu’à déposer un
    baiser fixe et mouillant sur cette bouche impure de laquelle, en
    pareil cas, il serait disgracieux d’obtenir un soupir.

      ANDRÉA DE NERCIAT.

BOUCHÈRE EN CHAMBRE. Fille ou femme galante, qui pèse la
viande—masculine—avec la main.

BOUCHERIE. Bordel, où abondent les gros morceaux de viande,—humaine.

    Je vais connaître cette maison et savoir quelle viande il y a à
    son étal, à cette boucherie-là.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

BOUCHER LA SERRURE. Mastiquer le vagin de la femme à force de décharger
dedans, et le rendre impropre à la fécondation.

BOUCHER UN TROU, UNE BRÈCHE, UNE FENTE. Introduire le membre viril dans
le vagin d’une femme, sous prétexte d’en mastiquer les fissures.

    _Plus loin, j’ trouvons madam’ vot’ mère
    Sous not’ aumônier Goupillon;
    J’ dis: Vous bouchez un’ brèch’, not’ père,
    Par où pass’rait un bataillon._

      BÉRANGER.

BOUCHON. Le membre viril, que la nature a destiné à fermer
hermétiquement le goulot de la femme.

BOUDER. Joli mot, sotte chose, a dit Commerson.—Laisser voir, par
l’expression de son visage, qu’on a de l’humeur ou du ressentiment
contre quelqu’un.

    _On ne saurait bouder longtemps
    Quand on boude contre son ventre._

      (_Improvisateur français._)

    Tu sais que ta ci-devant femme, quant à ce qui est d’ça (foutre),
    n’aime à bouder ni contre son ventre, ni contre son bas-ventre.

      SOPHIE ARNOULD.

BOUDIN ou BOUDIN BLANC. Le membre viril,—dont toutes les femmes
voudraient bien avoir dix aunes dans le corps.

    Qu’est-ce que vous voulez faire du boudin de mon mari.
    N’avez-vous pas assez du vôtre?

      D’OUVILLE.

    Il se retourna vers moi et me fit voir comme un bout de boudin
    blanc qui était assez long, dont je m’émerveillai que je n’en
    avais point de pareil.

      MILILOT.

BOUDINER. Baiser.—Se dit aussi d’une femme qui se sert d’un boudin, au
lieu d’un membre viril, pour se faire jouir.

BOUDOIR. L’endroit réservé, discret, mystérieux, parfumé, où toute
femme qui sait vivre reçoit l’homme dont elle veut être aimée—à
couillons rabattus.

    Eh bien, Montade, n’est-il pas joli, mon boudoir!—Il le sera
    davantage quand nous l’aurons appelé par son vrai nom, foutoir.

      LA POPELINIÈRE.

BOUGEOIR (Le), ou la BOUGIE. Le membre viril—qu’on allume lorsqu’on va
se coucher avec les femmes.

    _J’ai beau te presser le bouton,
    De mon travail, le croirait-on?
        Tu restes spectatrice.
    Pour le coiffer d’un éteignoir,
    As-tu jamais pris mon bougeoir?
          Hé! zon, zon, zon,
          Prends-le moi, Suzon,
        Il faut que ça finisse._

      H. SIMON.

BOUGRE. Pédéraste,—en souvenir des hérétiques albigeois et bulgares
qui, en leur qualité d’ennemis, étaient chargés d’une foule d’iniquités
et de turpitudes par le peuple, alors ignorant—comme aujourd’hui.

    _Des soins divers, mais superflus,
    De Fiévés occupent la vie:
    Comme bougre il tache les culs,
    Comme écrivain il les essuie._

      ANONYME.

BOUGRERIE. Péché contre nature que commettent, non seulement les
pédérastes, mais même quelquefois les honnêtes gens avec les femmes.

    _Un peu de bougrerie
      Est dans la vie
    Quelquefois de saison._

      COLLÉ.

BOUGRESSE. Gourgandine, femme qui aime l’homme.

BOUILLON CHAUD. Sperme, au moment de son introduction dans le vagin de
la femme.

BOUILLON POINTU. Lavement spermatique; enculage.

    Dieu! qu’est-ce que je sens?—L’apothicaire poussant sa pointe:
    c’est le bouillon pointu.

      (Parodie de _Zaïre_.)

BOULETTES. Les testicules,—qu’on ne jette pas aux chiens, mais sur
lesquels se jettent ces chiennes enragées d’amour qu’on appelle les
femmes.

    Ceux-là que tu voulais dire qui ne déchargent point, sont les
    châtrés, à qui on a coupé les deux boulettes et qui ne sont bons
    à rien qu’à bander quelquefois.

      MILILOT.

BOURDON. Le membre viril,—sur lequel s’appuie si volontiers la femme
qui va en pèlerinage à Cythère.

    _La croix et le bourdon en main._

      B. DE MAURICE.

    Extasiée, fendue par l’énorme grosseur du vigoureux bourdon de
    mon dévirgineur, les cuisses ensanglantées, je restai quelque
    temps accablée par la fatigue et le plaisir.

      (_Mémoires de miss Fanny._)

BOURRIQUER. Baiser une femme comme l’âne saillit sa femelle, avec la
même impétuosité et la même absence de précautions—et de délicatesse.

    _... Aux champs, le paysan bourrique._

      LOUIS PROTAT.

BOURSAVIT. La nature de la femme, qui est en effet une bourse à
vits—ou, pour parler plus pudiquement, une bourse à glands.

    Elle avait corps féminin jusqu’aux boursavits.

      RABELAIS.

BOURSES. Les testicules, qui contiennent la véritable fortune de
l’homme—que peut cependant lui enlever cette banqueroute amoureuse
qu’on appelle la vérole.

              _... Un banquier, un agent
    De change, un financier, disent qu’ils ont des bourses._

      LOUIS PROTAT.

BOUSIN, BOUSINGOT. Bordel, petit bordel. D’où, par extension: _Faire du
bousin_, pour: Faire du bruit,—les bordels n’étant pas précisément des
Paraclets.

    _Un soir, dans la rue aux Fèves,
        Près d’un bousingot,
    Un’ putain me suc’ les lèvres,
        M’ fait l’offr’ du dodo._

      SCHANNE.

BOUT. Le membre viril, qui ressemble à un bout de quelque chose—de bien
agréable pour la femme.

    _Le pauvre monsieur Cabout,
            Dont le bout
      Est toujours petit et mou._

      TALLEMANT DES RÉAUX.

BOUTE-FEU, BOUTE-JOIE. Le membre viril, parce qu’il met à feu et à
flamme l’amadou féminin.

    Cependant, je ne laissais pas de redouter l’instant où mon
    nouvel enfileur m’incrusterait son formidable boute-joie, mais je
    m’armai de courage.

      (_Mon noviciat._)

BOUTIQUE. Employé dans un sens obscène pour désigner la nature de la
femme.

    Oh! ma mie, venez ici, et fermez la boutique, c’est aujourd’hui
    fête.

      (_Moyen de parvenir._)

    _J’avais pourtant encor bonne pratique,
    Et pour cela ne fermai la boutique._

      J. DU BELLAY.

    _Bien souvent à telle pratique
    Les femmes ouvrent leur boutique._

      (_Variétés historiques et littéraires._)

    Vertu de ma vie! c’était une belle boutique.

      TABARIN.

BOUTON. L’extrémité de chaque téton, qui est d’une sensibilité telle,
qu’en le pressant un peu des lèvres ou des doigts on en fait sortir un
flot de jouissance.

    _Ce beau sein sur ma bouche,
            Qu’il est pur!
    Ce bouton que je touche,
            Qu’il est dur!_

      GUSTAVE NADAUD.

BOUTON. L’extrémité du clitoris, qu’il suffit de toucher de la langue,
du doigt ou de la pine pour ouvrir à la femme la porte des félicités
divines.—Voir aussi SONNER LE BOUTON.

    Laisse mon bouton... mon tit bouton...

      HENRY MONNIER.

    _Tout s’ouvre: le bouton des roses,
    Et celui des femmes aussi._

      (_Parnasse satyrique._)

BOUTONNIÈRE. La nature de la femme, en opposition à l’anus, que MM. les
pédérastes appellent l’œillet.

BOXON. Bordel, probablement parce que, comme on y va gris, on s’y
boxe souvent,—et non comme l’avance Francisque Michel, sans preuves à
l’appui, parce qu’il y avait autrefois, à la porte de ces maisons-là,
comme à la porte des cabarets, un rameau de buis (en lat. _buxus_).

    _Y dit qu’ dans tous les boxons
    On le r’çoit en paillasson._

      DUMOULIN.

BOXONNER. Aller de bordel en bordel; fréquenter les filles publiques.
Se dit aussi pour: Baiser.

    _Du dieu Vulcain quand l’épouse mignonne,
    Va boxonner loin de son vieux sournois._

      (_Parnasse satyrique._)

BOXONNEUR. Coureur de bordels.

BOYAU. Le membre viril, qui semble sortir du ventre—et qui y rentre
quelquefois, au grand déplaisir de la femme.

            _Lorsque je bande,
            Je me demande
    Si j’ai dans le boyau pinal
    Tous les sabres de l’arsenal._

      (_Chanson moderne._)

    _Adieu! et jamais plus ne t’advienne entreprendre
    De faire le vaillant, toi qui ne saurais tendre.
    Adieu! contente-toi, et ne pouvant dresser,
    Que le boyau ridé te serve pour pisser._

      REMY BELLEAU.

BRAGUETTE. Le membre viril,—par corruption de _brayette_, fente de la
culotte par laquelle maître Jean Frappart met le nez à la fenêtre quand
il a trop chaud ou qu’il a envie d’éternuer.

    _De l’image de la braguette
    Qui entre, corps, oreille et teste
    Au précieux ventre des dames._

      (_Ancien Théâtre français._)

    _L’insecte prend le bon moment:
    Il mord si dru, qu’à sa braguette
    Le Saint-Père porte la main,
    Et, sur son auguste roupette,
    Du morpion bénit l’hymen._

      B. DE MAURICE.

BRAISE, BRAISER, ABOULER DE LA BRAISE, de l’argent, dans le langage des
filles, parce que ce métal brille comme charbon allumé—surtout lorsque
c’est de l’or,—et que c’est avec cela qu’on les _chauffe_.

BRANDON et BRANDILLOIRES. Le membre viril, et les testicules, qui
brandillent si voluptueusement sous une main de femme.

    Levant mes jupes, il me fit voir un superbe brandon..., qu’il fit
    agir avec toute l’impétuosité qu’un long jeûne de mer pouvait lui
    fournir.

      (_Mémoires de miss Fanny._)

BRANDOUILLER. Branler doucettement quelqu’un ou quelqu’une, pour le—ou
la—faire bander et l’exciter à jouir.

    _Qui n’invoque point le secours
    D’une main qui vous le brandouille._

      (_Satan et Eve_, 47.)

    _Le roi disait à la reine Victoire:
                Si tu voulais,
    Une heure ou deux, me brandouiller l’histoire,
                Je banderais..._

    _Plus d’une fois, une main sous ta cotte,
    Tandis que l’autre écartait ton fichu,
    Je caressais et brandouillais ta motte...
    Dis-moi, Marton, dis-moi, t’en souviens-tu?_

      (_Chansons anonymes modernes._)

BRANLER. Employer la masturbation pour faire jouir les hommes quand on
est femme, ou les femmes quand on est homme.

    Prends-le donc, petite coquine... Là... à poignée!... Branle!
    branle! pour le remettre en train.

      LA POPELINIÈRE.

              _... ... J’ai vu rarement
    Une putain sachant branler parfaitement._

      LOUIS PROTAT.

    _Un jour que madame dormait,
    Monsieur branlait sa chambrière._

      (_Cabinet satyrique._)

BRANLER (Se). Se servir de la main entière quand on est homme, et
seulement du doigt médium quand on est femme, pour arriver à jouir sans
collaboration.

    _On n’est jamais si bien branlé que par soi-même._

      GÉRARD DE NERVAL.

    _Maintenant je suis réduite, farouche,
    A me branler, moi! Que je te maudis!_

      (_Parnasse satyrique._)

BRANLER DU CUL, ou BRANLER LA CROUPIÈRE. Remuer des fesses, de façon à
faire jouir l’homme qui vous a payée pour cela.

    _Philis veut avoir un écu
    Pour branler une heure du cu_

      THÉOPHILE.

    _Cette jeune espicière
    Que vous cognoissez bien
    Pour branler la croupière
    A gagné tout son bien._

      (_Chansons folastres._)

BRANLEUR, ou BRANLEUSE. Paillard ou femme qui n’est pas assez belle ou
qui n’est plus assez jeune pour être baisée, ou qui redoute de l’être à
cause des enfants, et qui fait son métier de branler les hommes.

    _... On ne devient pas, il faut naître branleuse_

      LOUIS PROTAT.

BRANLOTTE. Action de branler ou de se faire branler.

    Colle-toi sur moi; faisons-nous une bonne branlotte.

      LA POPELINIÈRE.

BRANLOTTER LE PRÉPUCE. Oter et remettre le petit chapeau de chair qui
le protége et le rend si tendre au moindre contact.

    _Te souvient-il de ta sœur Luce
    Qui me branlottait le prépuce?_

      (_Parnasse satyrique._)

BRAQUEMARD. Le membre viril,—par allusion à l’épée courte et large dont
on se servait au moyen-âge: c’est avec le braquemard, en effet, qu’on
blesse les femmes au ventre.

    De tant de braquemarts enroidis qui habitent par les brayettes
    claustrales.

      RABELAIS.

    Mettant la main sous les draps, et trouvant son braquemard.

      (_Moyen de parvenir._)

    _Il est nommé. . . . . . . . . . .
    Jacques par le farceur, braqmard par l’étudiant._

      LOUIS PROTAT.

BRAQUEMARDER. Baiser une femme avec énergie et conviction.

BRAS. Le membre viril, qui nous sert à prendre les femmes par
le—sentiment.—On dit aussi un bras d’enfant pour donner une idée de la
longueur et de la grosseur de l’objet.

BRASIER. La nature de la femme, où règne une chaleur à faire fondre les
pines les plus solides.

    Tant plus mon mari me brûle en mon brasier.

      BRANTÔME.

BRÈCHE. La nature de la femme, par laquelle l’homme entre dans le
paradis.

    Et passant la main à la brèche.

      (_Moyen de parvenir._)

    _Madame, n’entendez plus rien,
    Laissez donner à votre brèche._

      THÉOPHILE.

BRICOLER UNE FEMME. La baiser, lui mettre la bricole masculine dans le
vagin.

    Se trouvant en lieu d’assignation où cinq ou six se trouvaient
    pour la bricoler.

      (_Moyen de parvenir._)

    _Et du tout pour avoir bricolé
    Avec une jeune guenon._

      (_Recueil de poésies françaises._)

    _Lorsque l’on est las de Catin,
        On embrasse Nicole,
    Qu’on abandonne le matin
        Pour Suzon, qu’on bricole._

      COLLÉ.

BRIGADIER DE L’AMOUR (Le). Le doigt médium,—à cause de l’assistance
qu’il prête aux amants dans les jeux libertins, puisque c’est avec lui
qu’on branle une femme.

    _Quand amour perd de sa flamme,
    Ce doigt la réveille en vous;
    Lorsque aussi près d’une dame
    Le dieu cueille un beau laurier
    Ce doigt est son brigadier._

      (_Chansons anonymes modernes._)

BRIMBALLER. Vieux mot hors d’usage signifiant _sonner les cloches_,
employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

    Seulement il ne voyoit sa femme brimballant.

      RABELAIS.

    _Et que sur le tombeau, où je reposerai,
    Neuf fois par neuf matins il brimballe des filles,
    Et de neuf coups de cul son vit je bénirai._

      THÉOPHILE.

BRIMBORIONS (Les). Les testicules,—qui ont l’air de pendre à la queue
de l’homme comme les pompons à la tête d’un mulet.

    _Peux-tu, me dire aussi tous les différents noms
    Que l’on donne parfois aux deux brimborions
    Qui sont pendus après?..._

      LOUIS PROTAT.

BROQUE, ou BROQUETTE. Le membre viril—avant qu’il soit
viril.—Monstrelet parle d’une statue d’enfant (le modèle de
_Mannekenpis_) qui «par sa broquette donnait eau rose.»

    Allons, mon petit ami, sors ta broquette pour que je la baise.

      J. LE VALLOIS.

    _Lorsque d’Adam en paradis
    Ève soulevait la breloque,
    Qu’importait à son clitoris
    Un nœud, une pine... une broque!_

      PAUL SAUNIÈRE.

    _Ici-bas, voilà notre état:
    A coup de cul il faut qu’on broque.
    Le plus pauvre sur son grabat
    Se démène à grands coups de broque;
    Rois, juges, soldats valeureux,
    Musulmans, païens, chacun broque;
    Et le Saint-Esprit amoureux
    Nous a faits chrétiens par la broque._

      PAUL SAUNIÈRE.

                        _... L’avenir m’inquiète...
    De Pincecul, hélas! l’exécrable broquette
    Peut n’être pas..._

      LOUIS PROTAT.

BRÛLER, ou BRÛLER UN CIERGE. Être très amoureux. Tirer un coup avec une
femme,—qui se charge de vous faire couler.

    _Vénus, à ta charmante loi
    Mon cœur n’est point rebelle:
    Je me sens presque malgré moi
    Brûler pour chaque belle._

      ARMAND GOUFFÉ.

BUISSON (Le). Les poils qui ornent le mont de Vénus et qui défendent
souvent l’entrée du vagin, quand ils sont mal peignés et mal lavés.

    _C’est là-d’ssus qu’ la vieill’ femm’ se r’jette:
    Son buisson est large et touffu;
    N’eût-on plus d’ cheveux sur la teste,
    Il faut avoir du poil au cul._

      AUGUSTE LEFRANC.

BURETTE (Petite). Le membre viril, qui contient l’huile essentielle de
l’amour, cette «bonne eau» (de vit) dont parle Brantôme en ses _Dames
galantes_, et «qui est si douce sans sucre.»

    _Va... ferme! que rien ne t’arrête...
    Fais-moi cadeau d’ ta p’tit’ burette_

      H. MONNIER.

    J’y vas d’ma burette tous les matins et tous les soirs.

      LEMERCIER.

BUT D’AMOUR, ou BUT DU DÉSIR, ou BUT MIGNON DE FOUTERIE (Le). La nature
de la femme, à laquelle tendent tous les membres suffisamment virils.

    Et lorsqu’il vit le but d’amour.

      (_Moyen de parvenir._)

    _Et quand ma main approche
    Du but de mon désir,
    J’attrape une taloche
    Qui fait toujours plaisir._

      COLLÉ.

    Et qu’en cela presque paraissait le but mignon de ficherie.

      (_Moyen de parvenir._)




C


ÇA (_cela_). _Ça_, c’est le vit; _ça_, c’est le con;—_ça_, c’est
tous les agréments de la fouterie qu’on n’ose nommer, parce qu’ils
s’appellent comme _ça_.—_Faire ça_, ou _cela_, c’est faire l’amour.
Faire _ci et ça_, c’est faire _ça_... et autre chose.

        _Quand je suis sur_ ça,
    _Mon plaisir ne se peut comprendre,
        Et, ma foi, sans_ ça,
    _Que pourrais-je faire de_ ça?
        _J’aime assez m’y reprendre,
    Pour arriver encore à_ ça.
        _Afin de mieux m’étendre
        Sur ce beau sujet-là,
          Ah! que j’aime_ ça!
    _Ce mot me plaît à la folie;
          Il semble déjà
    Que je suis à même de_ ça.

      (_Gaudriole de 1834._)

CABINET. La nature de la femme, où l’homme fait ses nécessités
amoureuses,—ce qui donne à ce cabinet une odeur _sui generis_ fort
agréable, quoique un peu violente.

    Le jardinier voyant et trouvant le cabinet aussi avantageusement
    ouvert, y logea petit à petit son ferrement.

      NOEL DU FAIL.

CADRAN. La nature de la femme, à laquelle le membre viril sert
d’aiguille pour marquer les heures minutules du bonheur.

    _Conduis vite l’aiguille au milieu du cadran._

      (_Théâtre italien._)

CAFÉ DES DEUX COLONNES. Prendre son café aux deux colonnes,
c’est-à-dire gamahucher une femme. Le con sert le café au lait; les
deux jambes sont là, pour _la forme_, et ne servent que d’enseigne:
_aux Deux Colonnes_.

CAGE. La nature de la femme,—dans laquelle se trémousse si agréablement
le petit oiseau à longue queue que les savants appellent _penis_ et les
ignorants, _pine_.

    _Des autres perroquets il diffère pourtant,
    Car eux fuient la cage, et lui, il l’aime tant,
    Qu’il n’y est jamais mis qu’il n’en pleure de joie._

      (_Cabinet satyrique._)

    _Elle le prit de sa main blanche,
    Et puis dans sa cage le mit_

      REGNARD.

    _Lisette avait dans un endroit
        Une cage secrète:
    Lucas l’entr’ouvrit, et tout droit
        D’abord l’oiseau s’y jette._

      COLLÉ.

CALCUL. Plaisir vénérien.

    Les deux amants étoient au plus fort de leur calcul.

      P. DE LARIVEY.

            _Je sais quelqu’un
    Qui rend encor le calcul
                  Nul._

      COLLÉ.

CALFEUTRER UNE FEMME. Boucher son trou avec une pine.

    Le garçon de boutique calfeutra aussi bien mon bas, que maître
    juré qui soit du métier de culetis.

      (_Variétés historiques et littéraires._)

CALLIBISTRI. Le membre viril, ou la nature de la femme.

    Montrant mon callibistri à tout le monde, qui n’était pas petit
    sans doute.

      RABELAIS.

    Je crois que les callibistris des femmes de ce pays sont à
    meilleur marché que les pierres.

      RABELAIS.

CAMELOTTES, le MONDE CAMELOTTE. Celui des femmes galantes d’une
catégorie très infime. Les fleuves ne peuvent pas remonter à leur
source; les mots y remontent volontiers, au contraire; par exemple
celui-ci. Il est de création moderne, quant au sens nouveau qu’on lui
a donné sans songer à l’étymologie: or, _camelotte_ vient de _camelus_,
qui veut dire _chameau_.

CAMPAGNES. Les aventures amoureuses d’une femme: autant d’amants,
autant de campagnes—sous de simples soldats comme sous tel ou tel
général, militaires ou bourgeois.—Le mot est pris quelquefois dans le
sens de: Années consacrées au service de l’homme, à propos duquel il y
a tant d’enrôlements volontaires.

    Madame Durut: «J’ai pourtant, comme tu sais, mes petits
    trente-six ans bien comptés, dont, grâce à Dieu, vingt
    campagnes.»

      ANDRÉA DE NERCIAT.

CANAL. Le membre viril, qui est en effet le canal du bonheur—pour les
femmes. Quel dommage qu’on soit forcé de le faire draguer si souvent
par les chirurgiens!

    _Par le_ canal _de son amant
    Le bien lui arrive en dormant._

      COLLÉ.

CANICHON. Con poilu et frisé comme un caniche.

    _Est-il bien méchant, ma tante,
          Vot’ p’tiot canichon?
    Non, que m’ répond ma parente,
          C’est un vrai bichon.
    N’ sens-tu pas sa bouch’ qu’est close?
          Entre ton doigt d’dans...
    —Tiens, que j’ dis, la drôl’ de chose,
          Vot’ quien n’a point d’ dents._

      LÉON CHARLY.

CANTHARIDE. Insecte qui, réduit en poudre, est un aphrodisiaque
énergique et dangereux qu’emploient les gens épuisés par les excès
vénériens pour en recommencer d’autres.

    _La cantharide est, à Cythère,
    En usage comme à Paris;
    Son effet est très salutaire,
    Surtout pour nous autres maris.
    Ce bonbon me change en Alcide!
    J’étais si faible auparavant...
    En avant de la cantharide!
    Oui, la cantharide en avant!_

      J. DU BOYS.

CAPOTE. Autrement dit, _redingote anglaise_. Préservatif en baudruche
ou en caoutchouc historié, dont on habille le membre viril, toutes les
fois qu’on le conduit au bonheur,—ce qui ne le préserve pas du tout de
la chaude-pisse ou de la vérole, d’après l’opinion du docteur Ricord,
autorité compétente en cette matière, qui a dit: «La capote est une
cuirasse contre le plaisir et une toile d’araignée contre la vérole.»
Les frères Millan, gros et petits, sont seuls intéressés à soutenir le
contraire.

    _Il fuyait me laissant une capote au cul._

      LOUIS PROTAT.

    _Les capotes mélancoliques
    Qui pendent chez le gros Millan,
    S’enflent d’elles-mêmes, lubriques,
    Et déchargent en se gonflant._

      (_Parnasse satyrique._)

CAPRICE. Amant ou maîtresse.

    Mon dernier caprice m’a cassé trois dents.

      GAVARNI.

CARABINE. Femme qui fréquente les élèves en médecine et se fait
carabiner par eux.

    ... _Son petit air mutin
    Plaît fort au quartier Latin.
    C’est Flora, la carabine,
    Dont la mine si lutine,
    Promet à chacun son tour
        Un beau jour d’amour._

      J. CHOUX.

CARABINER UNE FEMME. La baiser à la gendarme, la flûte entre les jambes.

    Et tandis que vous jouerez gros jeu avec la princesse, ne
    pourrai-je point carabiner avec la soubrette?

      (_Théâtre italien._)

CARACOLER. Baiser, ce qui est proprement faire des caracoles sur le
ventre d’une femme.

CARAMBOLER. Faire l’acte vénérien, parce que l’homme se sert de sa
queue pour jouer au billard amoureux, pour y faire des effets de queue,
pour mettre ses billes dans la blouse de la femme.

CARCAN À CRINOLINE. Nom que les voyous donnent aux drôlesses du
quartier Breda, qui font de l’embarras avec leurs crinolines à vaste
envergure sous lesquelles il y a souvent des maigreurs désastreuses.

    C’est pas un de ces carcans à crinoline.

      CHARLES MONSELET.

CARDINALES (Les). Les menstrues, qui teignent en rouge la chemise des
femmes.—On disait même autrefois: «Le cardinal est logé à la motte»,
pour signifier: «Cette femme a ses menstrues.»

    _La jeune fille un peu pâle et tout éplorée,
    A son amant chéri fit cet aveu fatal
    Qu’elle avait pour neuf mois perdu son cardinal._

      (_Tour du Bordel._)

CARESSER UN HOMME. Le peloter, lui passer une main adroite dans le
pantalon pour réveiller le membre qui y dort sur ses deux coussins, et
le faire ainsi gaudiller.—Caresser une femme, la baiser,—ce qui est,
pour elle, la caresse par excellence.

    _Chloé, d’où vient cette rigueur?
    Hier tu reçus mes caresses,
    J’accours aujourd’hui plein d’ardeur
    Et tu repousses mes tendresses._

      E. T. SIMON.

    _Afin, se disoit-il, que nous puissions, nous autres,
    Leurs femmes caresser, ainsi qu’ils font les nôtres._

      RÉGNIER.

    _J’avois un mari si habile,
    Qu’il me caressoit tous les jours._

      (_Parnasse satyrique._)

    La jeune demoiselle qui avait été si bien caressée, s’imaginait
    que cela devait durer toutes les nuits de la même façon.

      D’OUVILLE.

    Il les repoussa de la porte, la referma, et retourna caresser la
    belle.

      TALLEMANT DES RÉAUX.

    _Si vous vouliez madame caresser,
    Un peu plus loin vous pouviez aller rire._

      LA FONTAINE.

                _Que de caresses
                Que de tendresses,
    Pour réchauffer vos cœurs, vieux députés!_

      GUSTAVE NADAUD.

CARILLONNER. Baiser une femme, en frappant les parois de sa cloche avec
le battant priapesque.

    Et il carillonne à double carillon de couillons.

      RABELAIS.

    N’est-ce pas un sujet de rire, lorsqu’on est sur le point de
    carillonner à ma paroisse.

      D’OUVILLE.

CAROTTE. Le membre viril,—par allusion à sa forme et à sa couleur.

    Pourquoi la retires-tu, ta petite carotte? Je ne voulais pas te
    la manger.

      E. JULLIEN.

CARTE (Avoir sa, ou Être en). Être inscrite comme fille exerçant le
métier de putain, sur le registre _ad hoc_ ouvert à la préfecture de
police.

                  ... _Dès demain
    Je ferai demander ta carte à la police,
    Et tu pourras alors commencer ton service._

      LOUIS PROTAT.

CARTES TRANSPARENTES. Cartes à jouer qui, au premier abord, ressemblent
à d’innocentes cartes, mais qui, lorsqu’on les regarde avec attention,
entre le soleil et les yeux, sont autant de _compulsamenti_ à fouterie.

    Elle fait défiler devant ses yeux une foule de cartes
    transparentes, qui sont autant des outrages au bon goût qu’aux
    bonnes mœurs.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

CAS. Le membre viril aussi bien que la nature de la femme.

    _Un capucin, malade de luxure,
    Montroit son cas, de virus infecté..._

      PIRON.

    _Je croyois que Marthe dût être
    Bien parfaite en tout ce qu’elle a;
    Mais, à ce que je puis connoître,
    Je me trompe bien à cela,
    Car, bien parfaite, elle n’est pas
    Toujours en besogne à son cas._

      BERTHELOT.

    Qui a froid aux pieds, la roupie au nez, et le cas mol, s’il
    demande à le faire, est un fol.

      (_Moyen de parvenir._)

    _Mon cas, fier de mainte conquête,
    En Espagnol portoit la tête._

      RÉGNIER.

    Il avoit sa femme couchée près de lui, et qui lui tenoit son cas
    à pleine main.

      BRANTÔME.

    _Les tetons mignons de la belle,
    Et son petit cas, qui tant vaut._

      MAROT.

    Le cas d’une fille est fait de chair de ciron, il démange
    toujours; et celui des femmes est de terre de marais, on y
    enfonce jusqu’au ventre.

      BRANTÔME.

    La servante avait la réputation d’avoir le plus grand cas qui fût
    dans le pays.

      D’OUVILLE.

CASCADEUSE. Drôlesse du quartier Breda, qui se joue de l’amour et des
amoureux.

    Ne t’y fie pas: c’est une cascadeuse.

      CHARLES MONSELET.

CASQUER. Donner de l’argent à une femme galante quand on est miché,
à un maquereau quand on est femme galante. Casquer, c’est tendre son
casque; tendre son casque, c’est tendre la main: la fille d’amour tend
la main, et l’homme qui bande y met le salaire exigé, pour avoir le
droit d’y mettre sa queue.

    En ai-je t’y reçu de l’argent des menesses!... Oui, elles ont
    casqué, et dru!...

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

CASSE-NOISETTE. Habile contraction du sphincter du vagin qui retient
prisonnier le membre viril qui s’est engagé, la tête la première,
dans ces mystérieuses Thermopyles, et le force ainsi à combattre
vaillamment—et à jouir.

    L’art du casse-noisette remonte à la plus haute antiquité;
    quelques femmes modernes le pratiquent encore avec succès, avec
    moins de succès cependant que les Chinoises, qui sont conformées
    de façon à faire gaudiller le Chinois le plus écourté du Céleste
    Empire.

      A. FRANÇOIS.

    _Je possède l’art du casse-noisette,
    Qui ferait jouir un nœud de granit._

      ANONYME.

CASSER LE LIT. Baiser avec énergie, à tout casser, le sommier élastique
et le cul de la femme—plus élastique encore.

    _Sur le lit que j’ai payé
    Je ne sais ce qui se passe:
    A peine l’ai-je essayé,
    Que le bougre me le casse._

      GUSTAVE NADAUD.

CASSER UN ŒUF. Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

    Je ne vous ferai point de mal, je veux casser un œuf, qui est
    près de durcir dans votre ventre.

      (_Moyen de parvenir._)

CASTRAT. Se dit, non pas seulement des hommes qui ont perdu leurs
testicules naturellement, mais encore de ceux qui ne bandent plus à
force d’avoir bandé dans le cours de leur vie.

    _Dans ton théâtre, où règnent les castrats._

      JOACHIM DUFLOT.

    _Es-tu pédéraste ou castrat, voyons?
    Un pareil état m’excite et m’offense:
    Descends de mon lit, ou bien rouscaillons._

      ANONYME.

CATAU, ou CATHOS, ou CATIN. Fille ou femme légère—comme chausson.—Nom
de femme qui est devenu celui de toutes les femmes—galantes.

    _Je vous chanterai, dans mes hexamètres,
    Superbe catin dont je suis l’amant_

      (_Parnasse satyrique._)

    _Une catin, sans frapper à la porte,
    Des cordeliers jusqu’en la cour entra._

      MAROT.

    _Parmi les cataux du bon ton,
    Plus d’une, de haute lignée,
    A force d’être patinée
    Est flasque comme du coton._

      EMILE DEBRAUX.

    Retiens cette leçon, Philippine: quelque catin que soit une
    femme, il faut qu’elle sache se faire respecter, jusqu’à ce qu’il
    lui plaise de lever sa jupe.—Je pense de même...

      ANDRÉA DE NERCIAT.

          _... En tout, tant que vous êtes,
    Non, vous ne valez pas, ô mes femmes honnêtes,
          Un amour de catin._

      ALFRED DE MUSSET.

    _Des catins du grand monde
    J’ai tâté la vertu._

      ÉMILE DEBRAUX.

CATZE. Mot à la fois flamand et italien (_cazzo_), signifiant le membre
viril.

    _A ton catze prends la carrière,
    Pour t’enfoncer en la barrière
    De mon chose._

      THÉOPHILE.

CAUSER. Faire l’amour. C’est par antiphrase, sans doute, puisqu’on ne
parle guère lorsqu’on baise: on a trop à faire pour cela.

    Asseyons-nous sur ce canapé, mon ami, et... causons.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

    Il dit à Baron que, quoiqu’il fatiguât beaucoup à la comédie, il
    aimerait mieux être obligé d’y danser tous les jours, que d’être
    seulement une heure à causer avec la maréchale.

      (_La France galante._)

CAUSEUSE. Femme chaude du cul.

    Il n’en fut pas de même du Basque, qui trouvait que la maréchale
    était une causeuse inexorable.

      (_La France galante._)

CÉDER À UN HOMME. Se laisser baiser par lui,—c’est-à-dire par son
membre, qui sait mieux accoler que la bouche.

    _Victime d’une ruse indigne,
    La trop confiante Léda
    Croyait ne caresser qu’un cygne,
    Quand à Jupin elle céda._

      JULES RUEL.

CECI, ou CELA. Le membre viril—avec quoi on fait cela aux dames,—ou
bien la nature de la femme.

    _Parbleu, dit-il, prenez ceci,
    Il est d’assez bonne mesure._

      GRÉCOURT.

    Si vous mettez la main au devant d’une fillette, elle la
    repoussera bien vite et dira: Laissez cela.

      (_Moyen de parvenir._)

        _... Il est nommé Pine par la lorette;
    Un Chose, ou bien Cela, par une femme honnête._

      LOUIS PROTAT.

CENTRE. La nature de la femme, qui est en effet l’ombilic du monde;
tout part de là, et tout y est ramené.—On dit aussi, mais c’est une
superfétation: _Centre de délices_.

    D’un seul coup, Rose rejeta la couverture; il ne s’attendait pas
    à nous voir totalement nues, et nos mains placées au centre de la
    volupté.

      (_Rideau levé._)

    Celle des deux qui triomphait par ses gestes et sa débauche,
    voyait tout à coup sa rivale éperdue fondre sur elle, la
    culbuter, la couvrir de baisers, la manger de caresses, la
    dévorer jusqu’au centre le plus secret des plaisirs, se plaçant
    toujours de manière à recevoir les mêmes attaques.

      (_Gamiani._)

CÉRÉMONIE. L’acte le plus important de la vie, celui qui se fait avec
le plus de pompe—quand on a affaire à une bonne suceuse.

    J’en connais qui sont adonnées à la cérémonie—Qu’entends-tu
    par la cérémonie? interrompit-elle—C’est, Madame, repris-je, de
    donner le fouet ou de le recevoir.

      (_Mœurs du temps_, I, 159.)

    _Que bonne part de la cérémonie
    Ne fût déjà par le prêtre accomplie._

      LA FONTAINE.

CERNER LES YEUX (Se). Se masturber,—ce qui _culotte_ furieusement les
yeux, en effet.

    Voilà que j’bande... Ah! n’craignez rien, j’n’ai jamais eu
    c’défaut-là... Et puis... ça cerne les yeux.

      TISSERAND.

CERTAIN BOBO. La vérole, qui est un mal certain. Piron l’appelait un
_petit mal gaillard_.

    _Un jeune élève d’Esculape
    Me guérit de certain bobo...
    Un beau jour, il me dit: Ma chère,
    En moi, vos yeux ont excité
    Certain feu. Je le laissai faire,
    Pour m’assurer de ma santé._

      (_Gaudriole de 1834._)

CERVELAS. Nom que donnent au vit la plupart des cuisinières; aussi bien
que: _boudin_, _saucisson_, _andouille_, _bout de viande_, etc., selon
la forme, la longueur ou la grosseur de l’objet, qui est un produit de
la _cochonnerie_.

    _Oui, mon cher, à vot’ cervelas
      On a fait un’ rud’ brèche...
    Vous n’ me l’mettrez pas, Nicolas:
      Je n’aim’ que la viand’ fraîche._

      J. E. AUBRY.

CESSER DE L’ÊTRE. Ne plus être pucelle.

    Je le suis encore, m’a-t-elle dit en riant, je voudrais cesser de
    l’être par un joli homme comme toi.

      RÉTIF DE LA BRETONNE.

CHAHUTEUSE. Coureuse de bals publics, qui danse volontiers la chahut au
lit.

CHAIR. Le membre viril, que les femmes ne craignent pas de consommer
même en Carême,—parce que ce jeûne-là serait de tous le plus pénible et
le plus impossible.—D’où l’expression biblique d’_œuvre de chair_.

    _Bon, bon! sur ce ton-là, la petite friande,
    Il lui faut la chair vive après toute autre viande._

      J. DE SCHÉLANDRE.

CHALEUR (Être en). Avoir envie d’homme lorsqu’on est femme, de femme
lorsqu’on est homme,—et de chienne lorsqu’on est chien.

    _De sa fécondité la cause
    S’explique en y réfléchissant!...
    Il est clair pour l’observateur
    Qu’il doit toujours être en chaleur._

      LOUIS PROTAT.

CHALUMEAU. Le roseau percé d’un trou avec lequel l’homme joue les airs
variés de la polissonnerie dans le vagin de la femme.

    _Mais son doux chalumeau
    M’ayant d’amour éprise,
    Ce n’est rien de nouveau
    Si je fis la sottise._

      (_La Comédie des chansons._)

CHAMBRER. Sécurité que l’on prend en renfermant dans sa chambre l’homme
ou la femme qu’on destine à ses plaisirs amoureux, dans la crainte
qu’ils ne portent à d’autres une partie du tribut que l’on se réserve.

    Ailleurs, la comtesse, avec moins d’égards pour son estomac,
    chambre le joli Fessange.

      (_Les Aphrodites._)

    _Sachez, dit-il, que je chambre
    Certaine femme de chambre._

      GRÉCOURT.

CHAMEAU. Fille de mauvaises mœurs, nommée ainsi par antiphrase sans
doute, le chameau étant l’emblème de la sobriété et de la docilité, et
la gourgandine, l’emblème de l’indiscipline et de la gourmandise.

    _L’autre dit que sa gorge a l’air d’un mou de veau,
    Et toutes sont d’accord que ce n’est qu’un chameau._

      LOUIS PROTAT.

        _Suivre la folie
    Au sein des plaisirs et des ris,
        Oui, voilà la vie
        Des chameaux chéris
          A Paris._

      JUSTIN CABASSOL.

CHAMP. La nature de la femme, que Dieu a condamné l’homme à labourer et
à ensemencer, ce à quoi il ne manque pas.

    _Si pour cueillir tu veux donques semer,
    Trouve autre champ, et du mien te retire._

      MAROT.

    De manière que mon champ ne demeurât point en friche.

      CH. SOREL.

CHAMP DE BATAILLE. Le lit, sur lequel se tirent tant de coups et, tout
au contraire de l’autre, se fabriquent tant de créatures humaines.—On
employait autrefois ce mot pour: la nature de la femme.—L’expression
moderne est plus exacte.

    Il fallut abandonner le champ de bataille et céder Haria.

      DIDEROT.

    Quoiqu’il me parût fort dur de quitter le champ de bataille avant
    d’avoir remporté la victoire, il fallut m’y décider pourtant.

      LOUVET.

CHAMPIGNON (Le). Le membre viril,—à cause de sa forme, qui rappelle
celle des cryptogames dont les femmes sont si friandes, surtout quand
ce sont des champignons de _couche_.

    _Si son champignon
    Ressemble à son piton.
        Quel champignon,
          Gnon, gnon,
        Qu’il a, Gandon,
          Don, don!_

      ALEXANDRE POTHEY.

CHAMPIGNON. Végétation charnue et maligne qui vient sur le membre viril
par suite d’un contact suspect.

    _Elle n’eut jamais chaude-pisse,
    Ni vérole, ni champignon._

      H. RAISSON.

CHANCRE. Petit ulcère cancéreux qui se déclare ordinairement sur le
membre viril à la suite d’un contact malsain et qui, s’il n’est pas
soigné, finit par infecter l’économie.

    _Jamais du moins on ne m’a vu
    Foutre des chaudes-pisses;
    Pleins de chancres et de morpions._

      (_Parnasse satyrique._)

CHANDELIER. La nature de la femme, dans laquelle brûle la chandelle de
l’homme.

CHANDELLE. Le membre viril, qui fond—et coule trop souvent—au feu du
vagin de la femme.

    Voici maître curé qui vient pour allumer sa chandelle, ou pour
    mieux dire l’éteindre.

      (_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

    _De femmes qui montrent leurs seins,
    Leurs tétins, leurs poitrines froides,
    On doit présumer que tels saincts
    Ne demandent que chandelles roides._

      G. COQUILLART.

CHANTER L’INTROÏT. Introduire son membre dans le vagin d’une femme,—ce
qui est le commencement (_introitus_) de la jouissance.

    _Une catin s’offrant à l’accolade,
    A quarante ans, il dit son introït._

      PIRON.

CHAPEAU. La nature de la femme, dont se coiffe si volontiers la tête du
membre viril.

    _Que ta main s’est piqué les doigts
    Au chapeau de la mariée._

      BÉRANGER.

CHAPEAU DE GOUDRON (Avoir un). Enculer un homme ou une femme,—ce qui
couvre le membre viril d’un brai de vilaine couleur et de plus vilaine
odeur.

    _Dans l’ trou d’ ton cul faut que j’ m’affalle;
    Tach’ de ravaler ton étron,
    Pour que je n’ sorte pas d’ la cale
    Avec un chapeau de goudron._

      ALPHONSE KARR.

CHAPELLE. Le con—que l’homme ne voit pas sans ployer les genoux.

    Il tâcha de faire entrer son idole dans ma chapelle; à quoi je
    l’aidai en écartant les cuisses et en avançant le croupion autant
    qu’il me fut possible.

      (_Mémoires de miss Fanny._)

    _Tous les passants dedans cette chapelle
    Voulaient dévots apporter leur chandelle._

      (_La Chapelle d’amour._)

        _Le compagnon lui plut si fort,
    Qu’elle voulut en orner sa chapelle._

      PIRON.

CHAPON (Au figuré): Homme châtré ou impuissant.

    En termes de cuisine, l’on appelle chapon le croûton de pain
    frotté d’ail qui aromatise la salade.

    Un de nos confrères, célèbre par sa continence... forcée, dînait
    dimanche à la campagne.

    —Aimez-vous le chapon? lui demande la maîtresse de la maison.

    —Oh! non, je ne peux pas le sentir.

    —Parbleu! fit un convive, ça lui rappelle Boileau.

      EMILE BLONDET.

    _Pour ma part, moi j’en réponds,
    Bienheureux sont les chapons._

      BÉRANGER.

CHAPONNER UN HOMME. Le châtrer, lui couper les testicules,—comme le bon
chanoine Fulbert fit au libertin Abeilard.

    Je te chaponnerai, puis je t’arracherai les couilles rasibus.

      LOUIS PROTAT.

CHARADES. Jeu de société qui, comme tous les jeux innocents, ne
contribue pas peu à l’instruction des jeunes filles.

    On jouait aux charades chez la princesse M...—Une jeune dame
    proposa celle-ci:

    «Mon _premier_ est un instrument de plaisir.
    Mon _second_ sert dans les jeux de hasard,
    Et mon _tout_ est le nom d’un grand homme.»

    —Je le tiens! s’écria madame A... Et elle articula, presque
    timidement, ces deux syllabes: _Con-dé_.

    —C’est assez compris, dit l’auteur; mais il y a quelque chose de
    trop grand et quelque chose de trop petit.

    Une dernière dame hasarda: _Lamotte-Piquet_.

    —Il y a du bon, mais ce n’est pas encore cela. Voyons... personne
    ne dit plus mot?... Eh bien! le nom de mon homme, c’est...
    _Vagin-jeton_.

    La princesse en rit encore!


    Voici une anecdote qui concerne cette aimable femme:

    On lui avait recommandé un jeune auteur d’avenir. Celui-ci se
    présente au jour qu’elle avait fixé pour le recevoir.

    —Ah! c’est vous, dit-elle, Monsieur... Monsieur _Lévy_, je
    crois?...

    —Madame, je me nomme _Lépine_.

    —Oh! mon Dieu, reprend la princesse, c’est la même chose. Il
    me semblait bien aussi qu’il y avait un _vit_ ou une _pine_ au
    bout de votre _Lé_.—Asseyez-vous donc, je vous prie, et quand je
    connaîtrai _votre affaire_, je verrai ce que je puis pour vous.

      (_Historique._)

CHARMES. Les tétons, les fesses, etc., de la femme—qui charment en
effet nos yeux et notre imagination.

    Avec beaucoup de _charmes_, c’est-à-dire de beauté, on peut
    manquer de _charme_: on peut de même avoir beaucoup de _charme_
    avec très peu de beauté. Réunir _le_ et _les_, c’est la
    perfection à son comble.

      A. DE NERCIAT.

    _Et laisse voir ses charmes, dont la vue
    Est pour l’amant la dernière faveur._

      PARNY.

    _... Y vendre au poids de l’or toutes les voluptés,
    Et des charmes, souvent, qu’on n’a pas achetés._

      LOUIS PROTAT.

CHARNIÈRE. Le périnée,—c’est-à-dire, l’endroit qui sépare le con du
trou du cul.

    _Elle s’en est tant foutu,
    Qu’ell’ s’est rompu la charnière...
    Si bien que du con au cul,
    Ça n’fait plus qu’une gouttière:
    Bon, bon, de la Bretonnière._

      (_Vieille chanson._)

CHAT. Nom que les femmes donnent à la divine cicatrice qu’elles ont
au bas du ventre,—à cause de son épaisse fourrure, et aussi parfois
à cause des griffes avec lesquelles elle déchire la pine des honnêtes
gens qui s’y frottent.

    _Elle aime tous les rats,
    Et voudrait, la Lesbienne,
    Qu’à sa langue de chienne
    Elles livrent leurs chats._

      JOACHIM DUFLOT.

CHÂTRER. Rendre un homme inhabile à la génération, en lui coupant les
testicules.

    _Beau con, dont la beauté tient mon âme ravie,
    Qui les plus vieux châtrés pourrait faire dresser._

      THÉOPHILE.

CHAUD COMME BRAISE (Être). Se dit d’un homme qui bande toujours, pour
qui toutes les femmes sont égales devant sa pine.

    _Dans les gardes-françaises
    J’avais un amoureux,
    Fringant, chaud comme braise,
    Jeune, beau, vigoureux._

      J.-J. VADÉ.

    _Je suis étroit, chaud comme braise,
    Mon pucelage vaut le tien._

      (_Parnasse satyrique._)

CHAUD DE LA PINCE. Homme ardent aux plaisirs vénériens; bon fouteur.

    _C’était un chaud de la pince
    Qui peuplait dans chaqu’ province
    L’hospice d’s enfants trouvés._

      LOUIS FESTEAU.

CHAUDE-LANCE. Le faux-nez de la chaude-pisse.

    _Le soldat de Lobau,
    Dit-on, n’eut pas de chance,
    Car une chaude-lance
    Lui corda le boyau._

      JOACHIM DUFLOT.

CHAUDE-PISSE. Écoulement vénérien du canal de l’urètre,—une des épines
de cette rose qu’on appelle la femme.

            _... Sais-tu d’abord quel nom
    Donner à l’instrument par où le mâle pisse
    Et par lequel aussi lui vient la chaude-pisse?_

      LOUIS PROTAT.

CHAUDRON. La nature de la femme,—vase que la pine de l’homme se charge
de fourbir et de laver.

    Son mari n’était d’aventure assez roide fourbisseur d’un chaudron
    tel que le sien.

      (_Le Synode nocturne des tribades._)

CHAUFFER UNE FEMME, CHAUFFEUR. Homme qui bande pour une femme et qui
la serre de près, comme l’épervier la colombe, pour épier le moment
favorable où il pourra fondre dessus, la pine en avant.

    Loquemans, c’est l’officier, le chauffeur de la petite.

      H. MONNIER.

CHAUSSER UNE FEMME. Être le mâle qui lui convient, avoir le membre qui
s’adapte le mieux à son con.

    Je veux dire que tu es un crâne fouteur, que tu me chausses comme
    jamais, en effet, je n’ai été chaussée.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

CHAUSSON. Fille de la dernière catégorie, qui chausse tout le monde et
se fait chausser par tout le monde.

    Joséphine! elle a chaussé le cothurne à la salle de la
    Tour-d’Auvergne, chez Ricourt...—C’est pour cela que je l’appelle
    _chausson_... qu’elle est.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

CHEMIN DU PARADIS. La nature de la femme,—où l’on ne peut aller qu’un à
un, le bâton de chair à la main.

CHEMINÉE. La nature de la femme, que l’homme se charge de ramoner
souvent avec sa pine,—de peur d’incendie, car elle flambe toujours.

    _Ramonnez-moy ma cheminée,
    Ramonnez-la-moy hault et bas;
    Une dame, la matinée,
    Ramonnez-moy ma cheminée,
    Disoit, de chaleur forcenée:
    Mon amy, prenons nos esbas,
    Ramonnez-moy ma cheminée,
    Ramonnez-la-moy hault et bas._

      (_Fleur de poésie._)

CHEMINER AUTREMENT QUE DES PIEDS. Faire l’acte vénérien, dans lequel,
en effet, on fait beaucoup marcher la pine,—cette troisième jambe qui
se fatigue si vite.

    _Lycaste pourrait bien l’avoir fait cheminer
    Autrement que des pieds; ce sexe est si fragile
    Que, prenant bien son temps, vertement on l’enfile._

      TROTTEREL.

CHEVALIER DE LA ROSETTE. Pédéraste actif ou passif.

CHEVAUCHER. Monter sur une femme comme sur une cavale pleine d’ardeur,
et la conduire au bonheur à grands coups de cet éperon que nous avons
tous au bas du ventre.

    Il m’a dit que, lorsqu’il me pouvait tirer à l’écart, il était
    si animé à me chevaucher sur-le-champ, qu’il ne pouvait plus
    commander à son vit roide.

      MILILOT.

    Vous me promîtes que quand vous seriez mariée, je vous
    chevaucherois.

      (_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

    _Carmes chevauchent nos voisines,
    Mais cela ne m’est que du meins._

      F. VILLON.

    _Un médecin, toi sachant,
    Va ta femme chevauchant._

      TABOUROT, S. DES ACCORDS.

    _Les dévotes beautés qui vont baissant les yeux,
    Sont celles plus souvent qui chevauchent le mieux._

      PIRON.

CHEVAUCHER À L’ANTIQUE. Enculer une femme ou un homme,—ce qui est, en
somme, la plus logique manière de monter à cheval.

    _Jaquet, ignorant la pratique
    D’Hippocrate et de Gallien,
    Chevauchait un jour à l’antique
    Margot, que chacun connaît bien._

      THÉOPHILE.

CHEVAUCHEUR. Baiseur, homme monté sur une femme—qui galope vers la
jouissance.

    _Et rien alors n’est plus gai pour le chevaucheur
    Que de voir, dans un cadre ondoyant de blancheur,
    Le joyeux va-et-vient de l’énorme derrière._

      EMMANUEL DES ESSARTS.

CHEVILLE OUVRIÈRE ou CHEVILLE D’ADAM. Le membre viril avec lequel on
bouche le trou de toutes les Èves que l’on rencontre.

        _Que je voudrais bien être
        Femme d’un menuisier,
    Ils ne font rien que cheviller._

      GAUTIER-GARGUILLE.

CHIBRE. Un des mille noms du dieu de Lampsaque.—Le mot nous vient des
marins, qui appellent le nez _guibre_, surtout lorsqu’il est un peu
fort. D’où le proverbe: gros nez, gros—chibre.

    _J’y vois le brutal vent du Nord
    Qui son énorme chibre agite
    Pour enfiler dame Amphitrite._

      P. J.

    _Tu me disais alors que pour pouvoir te plaire,
    Une femme devait vous dire et savoir faire
    Toutes les saletés et toutes les horreurs;
    Que cela ranimait le chibre des fouteurs._

      LOUIS PROTAT.

CHIEN (Avoir du). Se dit en parlant d’une femme qui s’attife d’une
façon provocante, qui porte incontinent—à l’incontinence.

CHIENNER. Se livrer, avec une femme, à toutes sortes de polissonneries
cyniques, _caninæ nuptiæ_.

CHIFFE. Se dit d’un membre viril trop mou,—qui n’est plus ou qui n’est
pas encore assez viril.

    Ah! vous n’êtes pas un homme, vous êtes une chiffe!

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

CHIFFRE. Le prix d’un coucher avec une courtisane, ou avec une putain.

        A Mabille:

    LA DAME.—Finissez donc, monsieur! vous chiffonnez mon
    mouchoir!.....

    LE MONSIEUR.—Madame, c’est pour voir votre chiffre.

    LA DAME.—Mon _chiffre_, c’est cent francs.

      (_Nain jaune._)

CHINOIS. Le vit, toujours chauve—par la tête—et pour qui le con est le
_céleste empire_.

    On dit: se polir, ou se balancer le Chinois, pour se branler.

CHOSE (Le). Pseudonyme pudibond de la pine ou du con.

    Après, il me fait empoigner son chose, qu’il a roide, et
    quelquefois me prend à force de corps et me fait rouler sur lui.

      MILILOT.

    Mais votre chose est tout petit, comme l’on dit, que si vous
    l’apportez en quelque lieu, à peine si l’on se perçoit qu’il y
    est.

      (_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

    _Quand je l’eus lavé une pose,
    Soudain je vis dresser son chose._

      (_Farces et Moralités._)

    _Serait-il vrai, bouche de rose,
    Ce que m’a dit un imprudent:
    Que vous vous passez moins de chose
    Qu’un Espagnol de cure-dent?_

      THÉOPHILE.

    _O! ouy, ma foi, elle a un chose
    Qui ne bouge de la maison,
    Ainsi que fait celuy Lison,
    Ainsi fatelu et douillet._

      (_Ancien Théâtre français._)

      _Ton chose, me dis-tu,
    A si petite ouverture,
    Qu’un vit moindre qu’un fétu
    Y serait à la torture._

      (_Cabinet satyrique._)

CHOUART. Ancien mot hors d’usage employé dans un sens obscène pour
désigner le membre viril.

    Voici maître Jean Chouart qui demande logis.

      RABELAIS.

    Il tira son chouart vif et glorieux.

      (_Moyen de parvenir._)

    _Le sculpteur à la main savante,
    Par un chef-d’œuvre de son art,
    A surtout formé Jean Chouart._

      PIRON.

CIERGE. Le membre viril—qui brûle et se fond sur l’autel de la femme.
_Fondre_ est mis là, souvent, pour _couler_.

    Mais cela seulement fut suffisant pour l’en dégoûter, disant
    qu’elle avait vu la mèche qui était si déliée, qu’il n’y avait
    guère d’apparence que le cierge fût bien gros.

      D’OUVILLE.

    La femme, quelque putain qu’elle soit est la sainte à qui l’on
    doit le plus de cierges.

      LEMERCIER.

CIGARETTE. Le membre viril—que les femmes savent si bien rouler dans
leurs mains et porter à leur bouche par le gros bout.

    _Vous, luronnes, qui des dragons
        Porteriez l’épaulette,
    De cigares bien gros, bien longs,
        Avez-vous fait emplette?
    S’ils sont trop mous ou mal tournés,
        Prenez ma cigarette,
                Prenez,
        Prenez ma cigarette._

      J. LAGARDE.

CLAPIER. Grand con où peuvent se loger lapin et _la pine_.

    Je les ai furetés tous deux, ces clapiers-là, j’en connais peu
    d’aussi logeables.

      A. DE NERCIAT.

    _Mais au clapier de qui les bords
    Sont couverts de nouvelle mousse._

      (_Cabinet satyrique._)

CLÉ. Le membre viril—qui, sous le prétexte fripon d’ouvrir la serrure
féminine, la bouche en jetant des saletés dedans.

CLIQUETER UNE FEMME. La baiser, faire aller dans son vagin le membre
viril comme un cliquet de moulin,—avec moins de bruit cependant.

    Jamais fille de laboureur ne fut mieux cliquetée.

      SOREL.

CLITORIS. Le gland de la femme, qui, dans le prurit vénérien, bande
comme le membre de l’homme; d’où, chez les Grecs, l’expression de
κλὶτοριάζειν, pour _clitoridem attractare_, genre de masturbation
spéciale aux femmes.

      _... Mon clitoris, par tous étant fêté,
    Aurait pu faire au tien beaucoup de concurrence._

      LOUIS PROTAT.

CLITORISER (Se). Se branler entre femmes; se chatouiller le clitoris,
seule ou à deux, réciproquement.

    La nature le veut: c’est le seul moyen d’être sage au couvent,
    puisqu’on ne peut l’être sans se clitoriser ou se manuéliser.

      MERCIER DE COMPIÈGNE.

    Quelle vision! grand Dieu!... Ma mère sur le dos, les cuisses
    repliées vers sa poitrine et les jambes en l’air, d’une main
    tenant un livre et de l’autre... se chatouillant le clitoris avec
    la plus belle vivacité.

      (_Mon noviciat._)

CLOU. Le membre viril, avec lequel on fixe la femme sur le dos.

COCARDE. Blanche ou rouge... affaire d’opinion. C’est le foutre qu’on
lance, ou le sang que l’on fait répandre, au con d’une pucelle.

    _Heureux qui mettra la cocarde
    Au bonnet de Mimi-Pinson._

      ALFRED DE MUSSET.

COCHON (Être). Savoir bien besogner de l’outil que la nature a eu
l’obligeance de placer au bas du ventre de l’homme; baiser fort et
longtemps.

    _Ce n’est pas cela, mon cher, qui m’amuse
    Sois moins poète et beaucoup plus cochon._

      (_Parnasse satyrique._)

COCHON (Être). Se dit aussi des choses obscènes, des discours qui
provoquent l’érection,—des cochonneries en un mot.

    _Antoine, c’est un joli nom,
              Un peu cochon._

      ALEXANDRE POTHEY.

COCHONNE (Être). Connaître une foule de petits secrets pour arriver à
faire bander les pines les plus réfractaires et jouir les hommes les
plus indifférents.

COCHONNERIES. Exercices amoureux: gamahuchage, branlage, suçage,
postillon, feuille de rose, patte d’araignée,—en un mot, tout ce
qu’ignorent les femmes honnêtes et que savent si bien les femmes
galantes.—Le libertinage a emprunté beaucoup de termes à la charcuterie
(V. _langue fourrée_, _boudin_, _andouille_, _saucisse_, _vessie_,
etc.), et cela se comprend de reste, χοιρος signifiant à la fois
_cochon_ et _con_.

COCHONNERIES (Dire des). Avoir un langage de «haulte gresse,» appeler
les choses par leur nom, dire _pine_ au lieu de _machin_, _foutre_ au
lieu d’_aimer_, enfin raconter des prouesses concubitales.

COCODÈS. Imbécile élégant, ou singeant l’élégance, qui fréquente plus
volontiers avec les filles entretenues qu’avec les femmes honnêtes.

    Ce n’est pas un homme, c’est un cocodès.

      AURÉLIEN SCHOLL.

COCODÈTE ou DANDYE. Femme du monde qui imite la cocotte—dans sa mise—et
quelquefois la surpasse par l’excentricité.

COCOTTE. Fille de mœurs excessivement légères, qui se fait grimper par
l’homme aussi souvent que la poule par le coq.

    _Cocotte_, terme enfantin pour désigner une poule;—petit carré
    de papier plié de manière à présenter une ressemblance éloignée
    avec une poule.—Terme d’amitié donné à une petite fille: _ma
    cocotte_;—et quelquefois à une grande dame dans un sens un peu
    libre.

      LITTRÉ.

COCOTIER. Homme qui a la chaude-pisse, que les maquereaux et les
ouvriers appellent _la cocotte_.

    L’ai-je eue assez de fois, la cocotte! l’ai-je eue!... à ce point
    qu’on m’appelait le roi des cocotiers.

      LEMERCIER DE NEUVILLE.

COCOTTERIE. Monde galant,—côté des cocottes. Ce mot fait pendant au
mot: _Bicherie_.

    «V. Sardou engageait amicalement une dame à surveiller les
    toilettes de la jeune fille de la _Famille Benoiton_, plus
    excentriques qu’il ne convient à une honnête bourgeoise.

    —Bast! elle est si jeune et si innocente, ce n’est pas même de la
    coquetterie.

    —Non, répliqua Sardou, mais c’est presque de la cocotterie.»

      (_Figaro_, nº 1123)

COCU. Mari trompé par sa femme, comme Ménélas, comme Sganarelle et
Dandin, comme vous et moi,—comme des millions d’autres.

    _Tous les hommes le sont...
                               —Excepté Couillardin..._
    . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
    _Qu’appelle-t-on cocu? L’homme de qui la femme
    Livre non-seulement le corps, mais aussi l’âme,
    Partage le plaisir d’un amant chaleureux,
    Le couvre avec bonheur de baisers amoureux,
    Fait l’étroite pour lui, même quand elle est large,
    Et, manœuvrant du cul, jouit quand il décharge._

      L. PROTAT. (_Serrefesse._)

    _Un grant tas de bonnes commères
    Savent bien trouver les manières
    De faire leurs maris cocus._

      F. VILLON.

    _Apprenez qu’à Paris, ce n’est pas comme à Rome;
    Le cocu qui s’afflige y passe pour un sot,
    Et le cocu qui rit pour un fort honnête homme._

      LA FONTAINE.

    _Ce damoiseau, parlant par révérence,
    Me fait cocu, madame, avec toute licence._

      MOLIÈRE.

    _Je vais prier pour les cocus,
    Les catins et les philosophes._

      BÉRANGER.

COCUAGE. État du cocu, de l’homme dont la femme baise avec un autre.

    Cocuage est naturellement des apanages du mariage.

      RABELAIS.

    _Quel est l’époux exempt de cocuage?
    Il n’en est point, ou très-peu, je le gage._

      LA FONTAINE.

    Dans tous les temps et dans tous les pays du monde, le cocuage
    rapporte quelque chose.

      PIGAULT-LEBRUN.

COCU EN HERBE (Être). Avoir la mine d’un honnête homme prédestiné à
être un jour cocufié, s’il ne l’est pas déjà d’avance.

CŒUR. La nature de la femme,—un muscle creux comme l’autre.—Le mot est
de Boufflers et du XVIIIme siècle, où la sentimentalité était inconnue,
et où il était tout simple, alors, que les femmes eussent le cœur—où
les poules ont l’œuf.

    _Dans ce cœur tendre, aussitôt ce satyre
    Enfonce, enfonce un long... sujet de pleurs._

      BÉRANGER.

    Dès que cet enfant n’est pas de vous, ma belle nymphe, et qu’avec
    un cœur neuf, vous m’apportez en mariage des beautés immaculées,
    pourquoi rougirais-je?

      A. DE NERCIAT.

    _Un jour cet amant divin,
    Qui mettait l’amour au vin,
    Sur le revers d’une tonne
    Perça le cœur d’Érigone._

      COLLÉ.

COGNÉE. Le membre viril, avec lequel on fait du bois pour les maris.—On
l’a employée aussi pour la nature de la femme.

    _Ma cognée aujourd’hui fait d’étranges effets,
    Quand elle abat du bois, elle en fait venir d’autre._

      (_Cabinet satyrique._)

    _Afin que l’un dedans l’autre s’emmanche,
    Prends que sois manche, et tu seras coignée._

      RABELAIS.

COGNER UNE FEMME. La baiser à grands coups de queue sur le ventre,
comme les boucs se cognent entre eux.

    Une courtisane de Venise avait envie d’être cognée tout son saoul
    par deux Français de bonne mine.

      TALLEMANT DES RÉAUX.

COIFFER UN HOMME. Le tromper en faveur d’un autre, moins jeune et plus
laid, mais autre,—d’où la coiffure de cornes que l’on connaît.

    _Moyennant quoi le mari fut coiffé._

      PIRON.

    Cinq minutes plus tard, le duc de Popoli était coiffé de la façon
    de tout un régiment de hussards.

      PIGAULT-LEBRUN.

    _Mariez-vous, et, par votre compagne,
    Heureux coiffeur, ne soyez pas coiffé._

      ÉMILE DE LA BÉDOLLIÈRE.

COÏT. L’acte vénérien.

    «Union charnelle des deux sexes. C’est la volupté qui mène à la
    génération. (En langage familier, on dit BAISER (_voir ce mot._)
    Quand la femme s’est placée dans le lit conjugal, elle se met
    sur le dos et écarte les cuisses. Le mari la couvre alors de son
    corps et, aidé par la main de sa femme, introduit l’instrument
    de plaisir dans l’asile qui lui est destiné. Elle referme alors
    légèrement les cuisses, et enlace son mari de ses jambes. Il
    colle sa bouche sur la sienne, et commence avec les reins ce
    mouvement de va-et-vient qui produit le plaisir mutuel. La femme
    n’a plus alors qu’à se laisser aller à la volupté, et à répondre
    aux baisers qu’elle reçoit. Tantôt, nonchalante et paresseuse,
    elle laisse agir l’homme, sans faire d’autre mouvement que
    celui de deux bouches qui s’unissent; tantôt adoptant le rôle
    actif, elle fait onduler ses reins, en enfonçant dans le con,
    à chaque va-et-vient, la vigoureuse queue qu’elle tient entre
    ses cuisses. Ses lèvres roses pressent avidement celles de son
    époux. Sa langue s’enlace à la sienne; ses seins tout rouges de
    baisers aplatissent leur courbe gracieuse sur sa poitrine, tant
    ses bras le serrent avec force. Son petit pied le talonne comme
    pour l’aiguillonner. De temps en temps elle se pâme en poussant
    de petits cris de plaisir; ses reins souples interrompent leurs
    voluptueuses ondulations, et elle demeure quelques instants
    immobile, savourant les coups précipités du vit furieux, et les
    jets de la liqueur de feu dont il inonde le temple de l’Amour.

    «C’est ainsi que se produit le coït, la volupté la plus naturelle
    à l’espèce humaine, et qui est pour elle non-seulement un besoin,
    mais un devoir imposé par la Providence divine...

    «Ne vous livrez pas au coït, ni à toute autre volupté après avoir
    mangé: attendez que la digestion soit faite.»

      COMTESSE DE N***.

      (_Vade-mecum des femmes mariées._)

    _Ces jours à jamais effacés,
                J’y pense;
    Où sont nos coïts insensés,
                Passés?_

      (_Parnasse satyrique._)

COLLE. Le sperme, liquide visqueux qui sert de ciment romain pour
édifier des mariages—souvent peu édifiants.

    _Con qui va distillant une moiteuse colle._

      (_Cabinet satyrique._)

    _Mais c’ machin s’change en lavette,
    Grâce au pouvoir d’ la vertu,
    Et j’ m’en tire quitte et nette
    Avec un peu d’ colle au cul._

      (_Parnasse satyrique du_ XIXe _siècle._)

COLLER (Se). S’unir charnellement, au moyen de la «moiteuse colle» que
vous savez.—Cette expression, qui s’applique spécialement aux chiens,
lesquels, après le coït, se trouvent soudés mutuellement, cul à cul, à
la grande joie des polissons et au grand scandale des bégueules, cette
expression est passée dans le langage courant moderne pour désigner
l’union illicite d’un homme et d’une femme. Que de gens croyaient ne
s’être rencontrés que pour se quitter, qui sont restés collés toute
leur vie!

COLLER UNE DOUCE (Se). Se masturber,—ce qui est une bien douce chose
tout de même.

    _...J’ai beau tous les jours me coller une douce,
    Dans mes rêves ton con m’agace et me poursuit._

      LOUIS PROTAT.

COLOMBE DE VÉNUS (La). La motte de la femme, le duvet qui couronne son
os pubis.

    _Des déesses et des mortelles,
    Quand ils font voir les charmes nus,
    Les sculpteurs grecs plument les ailes
    De la colombe de Vénus._

      THÉOPHILE GAUTIER.

COLONNE. Le membre viril, que nous sommes bien plus fiers de regarder
ou de montrer à une femme que d’être Français.

COMBAT AMOUREUX. L’acte copulatif, qui est une lutte courtoise où
personne n’est blessé,—quoiqu’on échange de nombreux coups.

    _Même, pour l’attirer au combat amoureux,
    L’allait injuriant, l’appelant rustre, gueux._

      MILILOT.

    Nous continuâmes deux ou trois fois, en sorte que les yeux nous
    pétillaient d’ardeur et ne respiraient que le combat naturel.

      MILILOT.

    _Fut de bon poil, ardente et belle
    Et propre à l’amoureux combat._

      LA FONTAINE.

          _Sa rivale, tout au contraire,
          A dans les combats amoureux
          Les mouvements si paresseux,
    Qu’au sein du plaisir même Eglé vous désespère._

      MÉRARD SAINT-JUST.

    _J’aime dedans un bois à trouver d’aventure
    Dessus une bergère un berger culetant,
    Qui l’attaque si bien et l’escarmouche tant,
    Qu’ils meurent à la fin au combat de nature._

      THÉOPHILE.

    _Je viens des bords de la Garonne
        Prostituer ma personne
      A ton lubrique combat._

      (_Cabinet satyrique._)

    Bien volontiers ma femme viendra au combat vénérien.

      RABELAIS.

    _J’ai si bien combattu, serré flanc contre flanc,
    Qu’il ne m’en est resté une goutte de sang._

      RÉGNIER.

    _Je suis un bon soldat d’amour
        Qui ne fais poinct retraitte;
    Je sçay combattre nuict et jour
        Au champ de la brayette._

      (_Chansons folastres._)

COMBLER LES VŒUX D’UN HOMME. Lui ouvrir ses cuisses quand on est femme,
afin qu’il introduise son engin dans le vôtre.

    _Sophie, à ce moment fatal,
    Comble les vœux de mon rival._

      BÉRANGER.

COMMENCER UN ROMAN PAR LA QUEUE. Baiser d’abord la femme pour laquelle
on bande et, après, lui faire la cour comme si on ne l’avait pas encore
possédée.

COMMERCE AMOUREUX. L’acte vénérien, qui, plus que jamais, est
aujourd’hui un commerce—mais un peu équivoque, puisque la femme vend ce
que la nature lui a donné pour être donné.

COMMUNIER SOUS LES DEUX ESPÈCES. Se dit d’une femme qui se laisse à la
fois foutre et enculer par les hommes.

COMPAGNON. Le membre viril, qui naît avec l’homme et meurt avec lui.

    _Mignonne, jour et nuit je suis importuné
    D’un petit compagnon qui quand et moi fut né._

      THÉOPHILE.

    _Le compagnon, étant de taille énorme,
        Foula comme il faut le castor._

      PIRON.

COMPLAISANCES POUR UN HOMME (Avoir des). Faire la libertine avec lui;
le mettre en état de faire une excursion à Cythère.

    _Et pour prix de mes complaisances,
    La vérole tu m’as foutu._

      ALPHONSE KARR.

COMPLIMENT. L’acte copulatif.

    _Nous avons un grand homme,
    Arrivé depuis peu
            Dans ce lieu,
    Qui fait, quand on l’en somme,
    Six compliments par jour
            A l’amour._

      COLLÉ.

    _En amour, dans ma jeunesse,
    J’eus des succès étonnants;
    Je fis à mainte Lucrèce
    D’innombrables compliments._

      ÉMILE DEBRAUX.

CON (Le). Le petit vase dans lequel l’homme verse en pluie fine
et pénétrante une partie du produit de sa nourriture,—à sa grande
satisfaction et à celle du petit vase.—Les anciens connaissaient ce
mot: χοιρος disaient les Grecs; _cunnus_, disaient les Latins: _cweus_,
disaient les Celtes, qui disaient aussi _cona_ et _quena_, (d’où les
Anglais ont appelé leur reine _queen_); _kona_, disaient les Goths;
_koulma_, disent les Arabes; _emacuéma_, disent les Basques; _pota_,
disent les Italiens, etc., etc.

    Donne, que je te frotte le con. Il est étroit que c’est un
    charme.

      LA POPELINIÈRE.

    _Le con met tous les vits en rut;
    Le con du bonheur est la voie;
    Dans le con git toute la joie;
    Mais hors le con, point de salut._

      PIRON.

    _Il faut donc, pour ce vit, un grand con vermoulu,
    Un con démesuré, qui dévore, goulu,
    La tête et les couillons pour les mettre en curée,
    Un con toujours puant, comme vieille marée._

      RÉMY BELLEAU.

    La matrice d’une femme est du nombre des choses insatiables dont
    parle l’Écriture, et je ne sais s’il y a quelque chose au monde
    à quoi on puisse comparer son avidité:—car, ni l’enfer, ni le
    feu, ni la terre ne sont si dévorants que le sont les parties
    naturelles d’une femme lascive.

      VENETTE.

    C’était une jolie grêlée faite au tour, ayant un con tellement
    insatiable, que je fus obligé de lui mettre la bride sur le cou
    et de la laisser foutre avec qui elle voudrait...

      (_Anti-Justine._)

CON. Métaphoriquement, Imbécile. Les vers suivants commentent cette
acception particulière et impertinente:

    _Qu’ ça soit étroit, qu’ ça soit large,
    Qu’ ça soit gris, noir, blanc ou blond,
    Qu’ ça bande ou bien qu’ ça décharge,
    Rien n’a l’air bêt’ comme un con._

CON BAVEUX. Qui a des flueurs ou quelque chose de pis.

CON BIEN BOISÉ. Dont la motte est abondamment fournie de laine.

    _Mon con est boisé comme l’est Meudon,
    Afin de cacher l’autel du mystère
    Où l’on officie en toute saison._

      (_Parnasse satyrique._)

CONCLUSION. La fouterie même, qui est en effet la conclusion naturelle
de toutes les caresses que se font mutuellement des amants bien
épris,—ou simplement des gens qui ont envie de tirer un coup.

    Apprends donc qu’il y a cent mille délices en amour qui précèdent
    la conclusion.

      MILILOT.

    _Un homme de votre condition,
    Le prendre sur un aussi mauvais ton:
    Vous allez droit à la conclusion!_

      COLLÉ.

CONCON. Mot nouveau sur celui de _bonbon_, dit Collé, son inventeur. On
se flatte qu’il passera en faveur de sa douceur et de son indécence.

            _Mon vit mignon!
    Tu n’y perdras rien, mon garçon;
    Je te donnerai du concon
                Bien bon!_

CONCUBINE. Femme qui, sans être mariée, a commerce de chair avec un
homme, qui quelquefois est marié, lui.

    Monsieur H**, disait un jeune homme au savant professeur que nous
    venons de perdre, j’ai eu l’honneur de me présenter chez vous,
    et je n’y ai rencontré que votre bonne...—Ce n’est pas ma bonne,
    monsieur, interrompit le père H** d’un air terrible. Ce n’est pas
    ma bonne, c’est ma concubine!...

      J. LE VALLOIS.

CONCUBINER. Vivre maritalement avec quelqu’un.

    L’abbé de La Rivière, le favori de Gaston d’Orléans, entretenait
    ouvertement une demoiselle Legendre; il la gardait auprès de lui
    dans son château de Petit-Bourg et concubinait avec elle, sans
    seulement songer à sauver les apparences. «Elle est à cette heure
    comme sa ménagère», écrivait Tallemant vers 1660.

      (_Hist. de la prostitution._)

CONCUPISCENCE. Le fond d’inclination naturelle qui nous fait désirer,
hommes, de baiser toutes les femmes, femmes, d’être foutues par tous
les hommes.

    Le mariage était un nom d’honneur et de dignité, et non de
    folâtre et lascive concupiscence.

      MONTAIGNE.

    _L’âpre stérilité de votre jouissance
    Altère votre soif et raidit votre peau,
    Et le vent furibond de la concupiscence
    Fait claquer votre chair ainsi qu’un vieux drapeau._

      CHARLES BAUDELAIRE.

CON FAISANDÉ. Qui a reçu tant d’assauts, ou qui a eu tant de maladies,
qu’il porte en lui une odeur dont s’accommodent seuls les gens qui ne
sont pas dégoûtés.—On le dit aussi comme synonyme de _vieille fille_.

CONFESSER. Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

    _Ci gist le cordelier Midieux,
    Dont nos dames fondent en larmes,
    Parce qu’il les confessait mieux
    Qu’augustins, jacobins et carmes._

      CL. MAROT.

    _On vient pour voir le père Urbain.
    Il confesse encor sa dévote._

      (_Épigrammes._)

CONFITURES. Le sperme, dont sont très friandes les femmes.—Brantôme
parle quelque part, dans ses _Dames galantes_, d’un «amour bien lascif,
composé de confitures spermatiques.»

CONFRÈRE DE LA LUNE. Cocu,—par allusion aux cornes de la blonde Séléné.

CONFLIT. Bataille amoureuse, combat corps à corps et nu à nu.

    _Écrivant les beautés du lit
    Où se fit l’amoureux conflit._

      THÉOPHILE.

CON GLAIREUX. Gras, soit naturellement, soit par suite de maladies,
soit par malpropreté.

    _Hideux amas de tripes molles
    Où d’ennui bâille un con glaireux._

      (_Parnasse satyrique._)

CON GRAS. Mal nettoyé, encore enduit de beurre masculin, ou
naturellement adipeux,—de sorte que le membre qui s’y introduit est
tout étonné d’y faire flic-flac.

    _On ne se lave bien qu’au bordel! Des ingrats
    Peuvent seuls à ton con préférer un con gras._

      ALBERT GLATIGNY.

CONIFÈRE. Jeune fille ou jeune femme,—de _cunnus_, con, et _fero_, je
porte.

    Quand on se promène le soir dans la rue Saint-Denis, on voit
    trotter sur les pavés un tas de jolis petits conifères.

      A. FRANÇOIS.

CONIN. Jeune con, con impubère, con qui n’est pas encore dans la
circulation, n’ayant pas encore été frappé par le balancier de l’homme.

    Vous avez là le conin le plus joli du monde.

      LA POPELINIÈRE.

    _Ton conin, pauvre oiseau sans plume,
    M’ouvre un bec encor mal fendu._

      AUGUSTE LEFRANC.

CONISTE. Homme qui préfère le con au cul,—élevé qu’il a été à l’École
normale de Paris au lieu de l’avoir été à l’École anormale de Rome.

            _Si j’aime beaucoup mon vit, c’est que
            L’estime fonde cet amour.
            Voici le quatrième évêque
            Qu’il refuse en un même jour;
    Il est coniste, et vous pouvez m’en croire,
            Plus qu’un père de l’Oratoire._

      COLLÉ.

CONJONCTION. L’union naturelle de deux êtres d’un sexe différent.

    Qui est-ce qui a le plus de plaisir, de l’homme ou de la femme,
    dans la conjonction naturelle?

      MILILOT.

    Il prononça la validité du mariage, et renvoya les époux se
    conjoindre dans la maison paternelle.

      DIDEROT.

CONJUNGO. Le mariage, dans l’argot du populaire qui voit dans ce mot
une équivoque réjouissante (_jungo_, je joins, _con_, le con), au lieu
d’y voir la première phrase du prêtre qui lie deux époux pour la vie.

    _La fruitièr’ dit, r’luquant ma mine:
    Comment t’ trouv’s-tu du conjungo?_

      TOSTAIN.

CONNAISSANCE. Maîtresse, concubine.

    Ah! vous avez une connaissance, monsieur!

      DE LEUVEN.

CONNAÎTRE LES POSTURES. Avoir appris dans l’Arêtin, ou au bordel,
les divers mouvements et positions du corps les plus propres à
l’accomplissement de l’acte vénérien; être très versée dans l’art de
faire jouir les hommes.

CONNAÎTRE SON AFFAIRE. Se dit d’une femme rompue au métier d’amour
et connaissant, par conséquent, tous les moyens à employer pour faire
jouir les hommes.

    Elle est belle, ma Joséphine!... et elle connaît son affaire...

      TISSERAND.

C

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